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AccueilRégionsÎle-de-France199395 – Val-d’OiseHerblay-sur-Seine – Zac Olympium

1993
95 – Val-d’Oise

Herblay-sur-Seine – Zac Olympium

Sauvetage urgent (1993)
Responsable d’opération : Alain Valais

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1Après la fouille des cinq sites du plateau, les opérations de terrains se sont concentrées cette année sur les bords de Seine. Alors que les gisements déjà explorés avaient révélé trois phases distinctes d’occupation néolithique, une « ferme indigène » de La Tène finale et enfin un habitat carolingien, les sites fouillés en 1993 en fond de vallée, ont fourni pour le premier des niveaux de La Tène ancienne et pour le second deux importantes phases d’habitat remontant au Hallstatt final et à l’époque mérovingienne.

Un site de La Tène ancienne

2Une série d’aménagements attribuables à La Tène ancienne a été mise au jour en bord de Seine (parcelle 441 du plan) L’emprise du site n’a pas été cernée et, pour des raisons de temps, seul le tiers est de la zone décapée a réellement été touillée (400 m2).

3En l’état actuel de l’étude, nous savons que l’occupation s’est implantée sur une zone en partie inondable. Dans un second temps, un important aménagement de terrasse a été construit pour stabiliser les apports de colluvionnement de pente et pour protéger la zone habitée des remontés d’eau (hausse du niveau de la Seine). De gros blocs de grès posés de chant qui parementent ce mur de soutènement ont pu être repérés sur plus de 40 m. Par ailleurs, des structures d’habitat ont été mises en évidence. Elles se résument à des calages de poteaux, des solins d’assez mauvaise facture et à une sole de foyer. Fortement exposée au ravinement, la terrasse a fourni relativement peu de vestiges.

4Un horizon scellant l’ensemble des structures étudiées a livré un important corpus céramique attribuable à La Tène ancienne et comparable au mobilier lié aux divers aménagements observés.

5Durant La Tène moyenne le site est apparu peu occupé, en revanche, à La Tène finale ou au début de l’époque gallo-romaine, un radier de cailloutis est mis en place au sud de la zone occupée à La Tène ancienne. Il s’agit sans doute d’un niveau d’assainissement ou peut-être d’un aménagement de voirie parallèle à la Seine. Celui-ci est ensuite recoupé par un autre mur de terrasse de même orientation datant peut-être du haut Moyen Âge.

Deux phases d’habitat sur le site de Gaillon-le-Bas

Le Hallstatt final

6Le second site fouillé se situe en contrebas de la seule combe existant entre Conflans-Sainte-Honorine et Herblay (parcelle 412 du plan). Cette vallée sèche intégrée dans un réseau de chemins anciens, permet d’accéder sans difficulté du plateau aux bords de Seine.

7Les niveaux protohistoriques ont été atteints à près de 3 m de la surface en raison d’apports de sablon colluvionnés extrêmement puissants. L’horizon archéologique atteint jusqu’à 1 m d’épaisseur et occupe au moins les 1 800 m2 décapés.

8L’intégralité des niveaux pourtant extrêmement bien conservés n’a pu être explorée. En effet, moins de la moitié des bâtiments sur les six ou sept que compte le site ont été fouillés dans un premier temps.

9Les constructions sont disposées sur des terrasses limitées par des murs de soutènement dont deux ont pu être suivis sur plus de 15 m de longueur.

10Les bâtiments, plusieurs fois remaniés, apparaissent comme assez peu ancrés au sol. On constate en effet la quasi absence de poteaux porteurs à la fois au niveau du faîtage et au niveau des murs goutterots. Ces derniers reposaient pour partie sur des solins de pierres. Les dimensions des bâtiments étudiés avoisinent les 40 m2 (7 x 6 m). Leurs sols de terre battue sont généralement bien conservés. Il en est de même pour les soles de foyer situées en position centrale. Ces structures domestiques sont parfois entourées de fours rectangulaires. Un au moins conserve sa sole et l’amorce de ses parois verticales. Leurs voûtes étaient renforcées de clayonnage, certains présentant des trous de piquets en périphérie.

11Si le mobilier métallique est resté extrêmement rare, la céramique en revanche s’est révélée abondante (1 000 vases environ). L’ensemble est homogène et montre deux grands types de production. Le premier est constitué de céramique grossière (vases généralement de grande taille) et le second de récipients de plus petit gabarit et de bien meilleure facture. En plus de très nombreuses traces de lissage, certains fragments sont peints et décorés de compositions géométriques (bandes, quadrillages…).

12Cet habitat remarquablement bien conservé est attribué au Hallstatt final. La fouille de celui-ci reprise par S. Marion (ENS) à la fin de 1993 devrait se terminer à Pâques 1994.

La phase mérovingienne

13Une importante phase de colluvionnement est venue sceller les niveaux hallstattiens. Les accumulations de sable se sont poursuivies pendant presqu’un millénaire sans qu’aucun évènement anthropique remarquable n’intervienne. Ce n’est qu’à la fin du Bas-Empire qu’un important habitat s’organise sur ce site protégé des crues de la Seine.

14Le gisement présente un état de conservation comparable à la phase hallstattienne précédemment décrite. Quatre bâtiments sur solin ont pu être fouillés. Les constructions présentent un niveau de sol plus ou moins bien conservé et les vestiges de leur foyer.

15Le bâtiment central, dont l’ultime phase mesure 7 m sur 4 m, présente cinq états qui couvrent environ deux siècles d’occupation. Chaque phase se caractérise par un niveau de sol et un niveau d’occupation. À côté de ces constructions relativement soignées, a été dégagée une douzaine de fonds de cabane pour la plupart à six poteaux.

Fig. 1 – Bâtiment sur solin avec sol associé, époque mérovingienne

Fig. 1 – Bâtiment sur solin avec sol associé, époque mérovingienne

Cliché : A. Valais (Afan).

16Le mobilier archéologique se compose principalement de céramique commune dont 80 fragments environ présentent des décors réalisés à la molette. Les motifs les plus précoces remontent à la fin du ve s. et les plus tardifs sont attribués au début du viie s. (datation R. Legoux).

17Pour le reste, il faut ajouter un lot homogène de tessons d’Argonne (70 fragments décorés à la molette). Ajoutons à ce rapide inventaire de nombreux objets en fer (fer de gaffe, une reille d’araire, etc.), des outils en os (fuseaux, fusaïole, broches de tisserand et poinçons) et quelques objets de parure (fibules, épingle, etc.)

18L’état de conservation remarquable de séquences stratigraphiques attribuables à une période encore mal connue (ve-viie s.) donnent au site d’Herblay un intérêt tout particulier.

19L’exigüité de son lieu d’implantation, isolé en grande partie des terres inondables, a abouti à une concentration de l’occupation. Avec ses bâtiments sur solins accompagnés de fonds de cabane, il pourrait bien être un des tout premiers témoignages bien conservés d’unité agricole créée à la fin du Bas-Empire et faisant le lien entre les villae gallo-romaines et les habitats du haut Moyen Âge.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Bâtiment sur solin avec sol associé, époque mérovingienne
Crédits Cliché : A. Valais (Afan).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/170695/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 876k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Alain Valais, « Herblay-sur-Seine – Zac Olympium » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 21 novembre 2024, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/170695

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Alain Valais

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