Jouy-le-Moutier – Église Notre-Dame
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Année de l'opération :
1993Sujets :
édifice religieux, église, sépulture, sépulture à inhumation, marqueur de tombe, stèle funéraire, trou de poteau, contenant funéraire, enveloppe souple, linceul, accessoire vestimentaire, fixation de vêtement, épingle, monnaie, monnaie médiévaleNature de l'opération :
fouille préventiveTexte intégral
1Avec un clocher attesté au xiie s. et un chœur et des bas-côtés datés du xiiie s., cette église est réaménagée au xvie s. Un projet de chauffage par le sol nécessitait la dépose du dallage et menaçait les 35 premiers centimètres sous le niveau de circulation, en direction de la travée est. L’équipe a bénéficié de l’aide bénévole du Laboratoire d’archéologie du Centre culturel François Villon à Enghien-Les-Bains.
2Dans les zones les plus complexes et riches d’informations, nous sommes descendus à 0,80-1 m. Deux sondages de 1,5 m ont été réalisés dans les travées nord et sud du chœur. Ceux-ci n’ont pas atteint le sol géologique. Nous avons renoncé à poursuivre ces sondages pour ne pas détruire des sépultures en place à cette profondeur.
3Des restes architecturaux, correspondant aux différentes étapes de construction de l’édifice actuel et aux édifices antérieurs, ont été mis au jour. Les sondages dans le chœur ont permis de constater que les élévations étaient conservées, par endroits, sur au moins 1,5 m.
4Ces vestiges permettent de restituer le plan d’une église romane en forme de croix latine à abside plate (?), datable de la fin du xie s. ou du tout début du xiie s.
5Il semblerait que la nef primitive était charpentée, si on considère sa grande largeur et l’importance des trois massifs de maçonnerie subsistant dans le bas-côté sud. Cependant, il faut préciser que dans la moitié est du bas-côté nord, on retrouve seulement deux pilastres légers, supports de voûtes, non symétriques par rapport aux massifs du bas-côté sud, et qu’aucun vestige n’a pu être mis en évidence dans l’autre moitié de ce bas-côté, dans la limite des 0,35 m fouillés.
6Dans la travée située sous le clocher, il a été mis au jour un mur orienté nord-sud appartenant probablement à un édifice préroman, et à proximité duquel gisait une stèle funéraire décorée sur les deux faces et attribuable au xe s. ou au xie s. Une seconde stèle, semblable, était en réemploi dans le soubassement du pilier ouest du clocher, dans cette même travée.
7Deux structures, ayant vraisemblablement servi de calage, ont été découvertes sous le clocher. Deux trous de poteau leur faisaient face. Cet ensemble pourrait avoir servi de base à un échafaudage.
8Nous avons dénombré 70 individus dans les réductions et en vrac, dans les remblais recouvrant les fosses d’inhumations, 18 individus en connexion ont été étudiés. 41 autres n’ont été que partiellement fouillés et non étudiés, faute de temps ou parce qu’ils n’étaient pas directement menacés. Parmi les 18 sépultures en place étudiées par Marc Delval, on compte 9 hommes, 3 femmes, 1 enfant et 5 indéterminés.
9Le matériel recueilli au cours de cette fouille est peu abondant. Outre les épingles de linceul et les tessons de céramique et de verre, douze monnaies ont été découvertes, dont une de Gautier Ier de Meaux (1045-1082) près de la stèle funéraire (détermination de M. Dhenin).
Pour citer cet article
Référence électronique
Hélène Schmitt, Jean-Louis Destable, « Jouy-le-Moutier – Église Notre-Dame » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 21 novembre 2024, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/170700
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