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Année de l'opération :
1994Sujets :
habitat, château, bâtiment militaire, fossé défensif, douves, tour, canalisation, récipients, vaisselle, poterie, céramique moderne, accessoire vestimentaire, fixation de vêtement, épingle, reste d'origine biologique, ossement animalNature de l'opération :
opération de diagnosticTexte intégral
1L’opération archéologique entreprise durant l’été 1993 dans les anciennes douves du château médiéval s’est poursuivie à l’automne puis au printemps 1994. Ces deux nouveaux sondages ont été menés avec les mêmes objectifs : reconnaître l’emprise et les aménagements de ces fossés.
La tour des Archives
2Le premier sondage dans ce secteur (BF2) fut implanté au droit de la tour dite des Archives (l’une des trois grosses tours construites, à partir de 1371, grâce aux aides royales) et du segment de la courtine contigu. Contrairement à la première excavation pratiquée au droit de la tour Carrée en 1993, celle-ci concernait donc une partie plus récente du château. Il s’agissait de vérifier à cet endroit une similitude ou non de construction de l’escarpe ; de mettre en évidence des aménagements extérieurs liés aux fonctions de la tourelle annexe : garde-robe et latrines.
3Le décapage, pratiqué à la pelle mécanique, n’a pas permis de découvrir une escarpe maçonnée à cet endroit et c’est la partie supérieure de la fondation de la tour qui fut mise en évidence, privée du grand appareil de grès qui, selon les observations faites sur des parties mieux conservées, devait protéger le médiocre parement de meulière apparaissant en retrait des carreaux de grès encore en place. Compte tenu de la fragilité apparente de cette fondation et d’un aménagement encore lointain des douves, il a été jugé préférable de combler ce sondage après relevés et photos, pour poursuivre les investigations au droit de la courtine.
4À cet emplacement, sous un important comblement du xixe s., l’escarpe appareillée a été trouvée. Démantelée dans sa partie supérieure, elle présente le même aspect que celle mise au jour lors du sondage sur la partie ancienne de l’enceinte (BF1). L’interruption brusque de cette structure, à 7 m de la tour des Archives, a permis d’en observer, en coupe, l’aménagement. Les pierres meulières qui la constituent sont montées au mortier de chaux et faiblement inscrites dans le sable qui semble constituer le substrat géologique.
5Les niveaux médiévaux et post-médiévaux en place dans la douve sont peu importants. En effet, aucune ouverture, permettant de verser des déchets dans la douve, n’est aménagée dans la courtine, à cet endroit. Les restes de quelques récipients, probablement jetés depuis le chemin de ronde, ont cependant été retrouvés ainsi que d’assez nombreuses tuiles, dont certaines glaçurées. L’étude du mobilier, en cours, ne permet pas d’avancer de datation antérieure au xvie s., pour les céramiques les plus anciennes.
La tour dite de Poterne
6Au mois d’août 1994, les opérations ont été menées au droit de la tour dite de Poterne. Cette construction de datation incertaine, se situe au point de raccordement des plus anciennes courtines (xiiie s. ?) et des segments rectilignes, plus épais, généralement considérés comme plus récents (fin xive s.). La tour présente encore dans les maçonneries les traces d’une ouverture sur les douves, probablement un pont-levis. Afin de tenter d’éclaircir les fonctions de cette tour et l’époque de son édification, un sondage a été pratiqué, englobant l’angle sud-ouest de la tour et une partie de la courtine contiguë. Rapidement, sous l’habituel comblement du xixe s., sont apparus le mur d’escarpe et un grand caniveau de grès. Un écoulement conservé au bas de la courtine et une gargouille surplombant très exactement ce caniveau permettent de penser qu’il drainait vers le fossé les eaux usées provenant de l’intérieur du château ainsi que les eaux pluviales collectées sur le chemin de ronde. Plus au sud, le décapage permit la découverte d’une construction accolée à la courtine : deux murs de moellons de meulière délimitent un sol dallé de même pierre. En avant, une canalisation à ciel ouvert, constituée de carreaux de grès fortement jointoyés au mortier, conduisait les éléments liquides vers un collecteur de même appareil, se déversant dans le fossé. L’état d’avancement de la fouille ne permet pas d’établir avec certitude la fonction de cette construction (latrine, abattoir ?) dont les fondations pourraient s’articuler sur l’escarpe.
7Une grande quantité de mobilier a été exhumée de cette structure. Alors que le collecteur était obstrué, au moment de sa mise au jour, par un coquemar datable du xvie s., le dallage de meulière de nombreux restes d’une vaisselle attribuable au xviie s. et début du xviiie s., composée pour l’essentiel de coquemars, jattes, assiettes de faïence, d’abondants morceaux de bouteilles, flacons, verres à pied. Une grande quantité d’ossements animaux et quelques fragments d’étoffe (passementerie) les accompagnaient.
8Le dégagement des couches de comblement du fossé, non achevé à ce jour, a livré, lui aussi, un mobilier céramique et métallique abondant. De très nombreuses épingles ont été trouvées dans toutes les couches ; la céramique, datable des xvie et xviie s., présente une dominante de pâtes rouges à glaçure verte. Comme dans les précédents sondages, des tuiles brisées, présentant ou non une glaçure verte ou jaune, accompagnent le reste du mobilier.
9L’ensemble des sondages pratiqués à ce jour, exception faite de celui éphémèrement ouvert au droit de la tour des Archives, permet de dégager les éléments suivants : les douves du château présentent une unité d’aménagement sur les parties anciennes de l’enceinte comme sur les parties les plus récentes.
- Présence d’une escarpe appareillée, constituée de pierres meulières montées au mortier de chaux.
- Profondeur d’environ 7 m par rapport au niveau actuel du sol (il faut envisager 1 m de plus : travaux de nivellement des places entourant le château à la fin du xixe s.).
- Aménagement sommaire de la contrescarpe dans sa partie inférieure : les dalles de meulière constituant le substrat géologique à cet endroit ont été manifestement taillées.
10Les sondages pratiqués à des endroits de passage, mais aussi proches des deux caniveaux de grès mis au jour : porte charretière du premier sondage (BF1), porte de la tour de Poterne du quatrième sondage (BF4), ont livré un abondant mobilier céramique. Il s’agit essentiellement d’une vaisselle de préparation et de stockage, datable du xive s. pour le premier sondage. Un éventail de datation plus large est offert par la fouille en cours : les xvie, xviie, xviiie s. y sont représentés, la vaisselle de service ainsi que du verre sont mêlés à des récipients plus ordinaires.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan du château |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/171173/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 240k |
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| Titre | Fig. 2 – Le château |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/171173/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 977k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Mireille Gaxatte, « Blandy-les-Tours – Le château » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 décembre 2024, consulté le 16 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/171173
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