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AccueilRégionsÎle-de-France199491 – EssonneÉtiolles – Les Coudray

1994
91 – Essonne

Étiolles – Les Coudray

Diagnostic (1994)
Responsable d’opération : Yveline Legrand
Notice rédigée avec Paul Brunet

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1À moins de 500 m au nord du site magdalénien d’Étiolles, une parcelle bordant la Seine faisait l’objet d’une demande d’exploitation en carrière, déposée par les entreprises Morillon-Corvol et Guintoli.

2La démarche et la méthodologie suivies pour l’opération archéologique ont été motivées en particulier par l’éventualité d’une extension du gisement magdalénien à une profondeur pouvant atteindre plusieurs mètres.

3La découverte de structures archéologiques plus récentes n’était pas à négliger et a été contrôlée par un décapage de la terre végétale, préalable à la réalisation de tranchées profondes. Sept tranchées de 250 m de long, d’une largeur de 10 m, et séparées de 40 m permettaient d’avoir une bonne vision des structures archéologiques superficielles. Les tranchées profondes, limitées par la nappe phréatique à 3,50 m de profondeur, ont été creusées en aménageant des banquettes de 1 m au fur et à mesure du décapage.

4Le diagnostic de la parcelle (6,7 ha) a porté sur 2 ha pour les structures superficielles (30 %), 0,7 ha pour une profondeur de 1 m (10 %), 0,56 ha à 2 m (8 %) et 0,35 ha jusqu’à 3 m (5 %). Au terme de ce diagnostic, nous estimons que la méthode employée a permis une évaluation représentative des potentialités archéologiques de la parcelle concernée ; elle a montré que les sondages profonds ne sont pas incompatibles avec la découverte et la fouille des structures historiques ou protohistoriques.

5Quatre occupations humaines se sont succédées et ont laissé leurs empreintes plus ou moins profondément.

6Les structures superficielles :

  • un réseau parcellaire historique s’étend sur toute l’emprise. L’absence de matériel dans les fossés testés ne permet d’en comprendre ni la nature ni la datation ;
  • une urne de la fin de la première étape du Bronze final est restée isolée malgré l’extension du décapage ;
  • deux sépultures, distantes de 110 m, étaient représentées l’une par un individu aux membres inférieurs repliés, l’autre par un individu assis dont le corps était abondamment ocré. L’identification chronologique de ces inhumations (Néolithique ?) reste hypothétique du fait de l’absence de matériel accompagnant les corps. Par ailleurs, la disparité de la profondeur d’enfouissement (l’une se trouve immédiatement sous la terre végétale, l’autre à 1 m de profondeur) n’est probablement pas liée à une distinction chronologique mais à un dépôt différentiel des limons.

7Le niveau archéologique profond :

8Une occupation vraisemblablement mésolithique est présente à environ 2 m de profondeur, incluse dans une couche humifère repérée sur une surface de près de 2 000 m2. Le niveau archéologique a livré un matériel lithique assez abondant pour la faible surface étudiée (175 pièces sur 8 m2, particulièrement concentrées sur 4 m2). D’après l’analyse de ces artefacts lithiques (les chaînes opératoires étant incomplètes malgré des remontages), il est fort possible que cette concentration ne soit qu’une partie relativement isolée d’un ensemble plus important. Le débitage, représenté essentiellement par des déchets de taille, ne s’apparente pas au Tardiglaciaire postérieur au Magdalénien, ni au Mésolithique final. C’est par défaut que l’on suppose avoir affaire au Mésolithique. Cette impression pourrait être confirmée par les analyses paléoenvironnementales qui, bien que ne permettant pas de trancher franchement, apportent des éléments favorables : absence de phénomènes périglaciaires, présence de mollusques postérieurs au Tardiglaciaire mais non encore franchement holocènes, charbons de bois exclusivement composés de pin, espèce rare dans les niveaux néolithiques et postérieurs. (Études menées par A. Roblin-Jouve, P. Rodriguez et J.-M. Pernaud).

9Aucun vestige paléolithique n’a été mis au jour malgré la proximité du site magdalénien d’Étiolles. Les unités sédimentaires qui auraient pu contenir des niveaux paléolithiques sont en fait constituées par des dépôts fluviatiles, traduisant une compétence du fleuve très forte à forte. Soit le milieu ne se prêtait pas à une implantation humaine, soit les variations du fleuve ont érodé les éventuels dépôts anthropiques à l’endroit de la parcelle étudiée. Le risque se situe plutôt sur les anciennes berges des paléochenaux de la Seine, plus proches du versant, au nord-nord-est de la parcelle. Quelques lames magdaléniennes y avaient été découvertes lors de la construction de résidences.

10Le diagnostic d’Étiolles montre à l’évidence que les sondages doivent être suffisamment profonds pour cerner les périodes antérieures au Néolithique. La compréhension des formations alluvionnaires par une équipe pluridisciplinaire (environnement, archéologie) cernerait au mieux le potentiel archéologique actuellement délaissé. Les difficultés techniques et financières de ces études devraient à l’avenir être prises en compte, tant l’apport scientifique se révèle important en contexte fluviatile.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Yveline Legrand, Paul Brunet, « Étiolles – Les Coudray » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 décembre 2024, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/171853

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Auteurs

Yveline Legrand

Afan

Paul Brunet

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