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Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Afan
Texte intégral
1Comme annoncé dans le bilan précédent, la coordination archéologique de Sénart, mise en place en octobre 1993, a fonctionné avec trois personnes : un coordinateur, un adjoint et une secrétaire. Les trois premiers mois, en plus du suivi des phases de diagnostic sur le terrain, la coordination a mis en place une base archéologique prévue pour de longues campagnes et des chantiers importants. L’installation de cette base au Pavillon royal à Nandy, une vaste demeure bourgeoise du milieu du xixe s., a permis à l’équipe de disposer de locaux suffisants pour les travaux de post-fouille.
2Mais, dès la fin du mois de février, il est apparu que le rythme d’urbanisation de la ville nouvelle allait baisser de manière conséquente. Bien évidemment cette baisse d’activité n’est pas sans conséquence sur les opérations archéologiques. Ainsi, d’une trentaine de contractuels recrutés pour les diagnostics, l’équipe archéologique est passée à quatre archéologues, tous recrutés sur les budgets de la coordination. Il fût décidé que l’ensemble des moyens mis en place ne serait utilisé que plus tard…
3Cependant, au mois d’avril s’ouvrait la phase d’évaluation du site protohistorique de Jatteau-Les Viviers (Moissy-Cramayel) par un décapage extensif de 10 ha. Les conditions climatiques désastreuses prévalantes à cette époque nécessitèrent la mise en place de voiries de circulation à l’intérieur de la zone décapée. À la mi-juillet l’opération d’évaluation était terminée et le rapport rendu. Parallèlement la coordination participait à un petit diagnostic linéaire lié aux travaux de raccordement de l’autoroute A5, en même temps qu’elle hébergeait l’équipe d’Isabelle Daveau qui opérait sur un grand échangeur de la même autoroute à Vert-Saint-Denis.
4C’est à cette période que les premières négociations portant sur les financements de l’archéologie à Sénart et par là même de l’avenir du projet démarraient. L’établissement public, en proie à des difficultés, obtint, au mois de septembre, un financement annuel du ministère de la Culture. Le projet archéologique de Sénart pouvait alors entamer sa deuxième année.
5Mais la phase de fouille du site de Jatteau ne put dans ces conditions démarrer qu’à la mi-octobre, gérée par une coordination réduite à sa plus simple expression (de trois postes en 1994, la coordination 1995 n’en garde qu’un). Une campagne de fouille de cinq mois en plein hiver nous attendait.
Classe Patrimoine (lycée Charles le Chauve, Roissy-en-Brie)
6Annoncée dès 1993, l’ouverture au public du projet de Sénart s’est focalisée sur les liens entretenus depuis peu avec le lycée Charles le Chauve de Roissy-en-Brie. Un accueil d’une trentaine d’élèves de première et terminale pendant l’été, la réalisation d’une série de conférences et la tenue d’une exposition avec animation (taille de silex, tables rondes…) dans les locaux du lycée ont été l’occasion de présenter l’archéologie à de jeunes gens curieux de leur patrimoine. Ce projet s’est concrétisé par la mise en place d’une classe patrimoine dès la rentrée 1994.
Problématique et démarche scientifique
7Dès février 1994, la problématique archéologique du projet était proposée par le biais d’un rapport remis au SRA. Celle-ci prévoit, en abordant le thème de l’appropriation de l’espace tant domestique qu’agraire, d’intégrer chaque site fouillé ou repéré dans une analyse globale du paysage historique de Sénart.
8Les besoins exprimés pour finaliser cette recherche, telles que les données paléoécologiques, l’analyse de la morphologie du paysage, la réalisation d’une cartographie géologique et pédologique précise du plateau ou encore des recherches historiques, n’ont qu’imparfaitement pu être satisfaits.
9Si l’analyse de la morphologie du paysage a pu voir le jour grâce au conséquent travail de Sandrine Robert, il n’a pas été possible, faute de moyens, de mettre en place la cellule paléoécologique. De même, si une carte géo-pédologique a pu être dressée, les recherches historiques restent encore à faire.
10L’établissement de la Carte archéologique de Sénart, commencée dès 1992 s’est poursuivi par la mise en place d’un fichier informatisé conforme aux normes Dracar où près de 200 indices sont aujourd’hui répertoriés. La cartographie de ces indices sur fonds au 1/25000 et 1/10000 a été complétée. Cette « carte » fera l’objet d’un rapport spécifique qui sortira au cours du mois de mars 1995.
11L’interruption des opérations pendant les quatre premiers mois de l’année a été mise à profit pour établir les bases d’un travail de synthèse sur les trois ans d’archéologie à Sénart. Depuis janvier 1992 une équipe d’archéologues a réalisé une série d’observations qu’il fallait pouvoir intégrer aux résultats des diagnostics de l’hiver 1993. Cette démarche de synthèse dont les grands principes ont été acquis dès le mois de mai suit les termes de la problématique. Au-delà de la mise en place de fichiers récapitulatifs de données, il devenait impératif d’entreprendre une étude globale qui pourrait servir de cadre aux analyses de sites. Les moyens étant relativement limités il est rapidement apparu qu’il valait mieux privilégier une approche historique que naturaliste pour la réalisation de ce cadre. Il a donc été choisi de réaliser une compilation cartographique afin de reconnaître la morphologie générale du paysage du plateau de Sénart.
12Au mois de juin les moyens étaient mis en place pour élaborer cette synthèse.
Conclusion
13Ainsi, la première année de coordination de Sénart a permis, par la mise en place de moyens propres, d’établir les bases d’un projet archéologique suivi en contexte préventif avec espoir de pluriannualité.
14L’harmonisation des rapports avec l’aménageur et financeur principal, l’EPA Sénart, l’élaboration d’une problématique adaptée aux données et moyens disponibles, le soutien attentif du SRA et l’établissement de contacts privilégiés avec le public font du projet de Sénart une entité propre. Mais ce cas reste une opération archéologique liée aux grands travaux par sa finalité fonctionnelle qui est de lever des hypothèques archéologiques en convention avec un aménageur unique. Cependant le principe d’un cofinancement État-aménageur permet, par la mise en place de la deuxième année de coordination (1995), de développer la problématique proposée et, partant, de donner une réelle dimension scientifique au projet. Il a été ainsi possible de dégager suffisamment de temps pour produire les premières synthèses au début de l’année 1995, opportunité matérielle qui manqua, par le passé, à certaines opérations similaires.
15Il faut noter que sept étudiants travaillent aujourd’hui sur des données issues du projet et que les premières maîtrises devraient être soutenues en 1995. Cette production devrait être accompagnée par d’autres publications (à noter la parution de l’article collectif sur le site paléolithique moyen d’Arvigny dans le bulletin de la SPF en décembre 1994) et la participation de membres du projet aux prochains colloques, journées et congrès de la fin 1995.
Pour citer cet article
Référence électronique
Jean-Christophe Bats, « Commune de Sénart » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 décembre 2024, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/172313
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