Clonas-sur-Varèze – Rue de la Convention
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Année de l'opération :
2023Numéro d’opération :
2214815Sujets :
sédiment, terre cuite, céramique commune, céramique non tournée, fosse, mur, poterie, céramique protohistorique, céramique de l'Age du bronze, céramique romaine, céramique gallo-romaine, terre cuite architecturale, sol, animal, mollusques, gastéropodesChronologie :
Protohistoire, âge du Bronze, Bronze ancien, Bronze moyen, Bronze final, âge du Fer, Premier âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, époque julio-claudienne, époque contemporaineNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Lurol J.-M. 2023 : Clonas-sur-Varèze, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes. Rue de la Convention, Rapport de diagnostic, Bron, Inrap.
Texte intégral
1Ce diagnostic, prescrit dans le centre du village de Clonas-sur-Varèze, a permis de réaliser une analyse stratigraphique relativement précise de ce secteur de la commune, de repérer des indices archéologiques représentés par des tessons de céramiques protohistoriques extraits en position secondaire dans des dépôts pseudo-alluviaux, et de mettre au jour les vestiges d’un bâtiment antique matérialisé par des murs et un sol en béton de tuileau.
Fig. 1 – Plan général de l’emprise du diagnostic avec la localisation des sondages et des vestiges
Échelle : 1/500.
Relevé topographique : N. Saadi ; DAO : J.-M. Lurol (Inrap).
2Dans plusieurs sondages (sondages 1, 3, 4, 5, 7 et 8), la base de la stratigraphie est représentée par la moraine du Pléistocène supérieur (Würm). Cette dernière présente un faciès soit de limon argilo-sableux jaunâtre, incluant des galets et des blocs polygéniques (US 3, sondage 1), soit de limon jaunâtre relativement chargé en graviers, galets et blocs polygéniques (US 17, sondages 3, 4, 5, 7 et 8). Ces deux US représentent probablement des nappes morainiques emboîtées ou superposées. Du haut vers le bas de la pente, leur surface est ainsi très irrégulière, ce qui a conditionné, au moins en partie, la géométrie des dépôts sédimentaires postérieurs (Holocène).
3Après un important hiatus chronologique et sédimentaire (relative stabilité morphologique et/ou érosion ?), se déroule une première phase de sédimentation colluviale (US 6, US 7), voire pseudo-alluviale (US 21). Ces dépôts ne sont pas présents dans tous les sondages et, là où ils ont été observés (sondages 1, 2, 6, 8 et 10), leur épaisseur est très variable. Elle atteint jusqu’à 1,20 m dans la partie nord-ouest du sondage 1 (US 6 et US 7 cumulées, log 2). Ils sont dénués d’indices d’anthropisation. Leur mise en place se situe distinctement avant la période romaine, voire peut-être dès le premier âge du Fer.
4Une deuxième phase de sédimentation pseudo-alluviale, qui a pu se mettre en place, au plus tôt, à partir du premier âge du Fer, a été mise en évidence dans les sondages 3, 6, 8 et 9. Dans la partie amont du site (sondage 6), cette nouvelle phase de sédimentation est caractérisée par des dépôts limono-argileux légèrement sableux, grisâtre clair, avec de nombreuses coquilles fragmentées de gastéropodes et quelques petites concrétions carbonatées (US 20). La présence de traces d’oxydation ferro-manganique souligne des battements de la nappe phréatique. Dans la partie plus aval (sondages 3, 8 et 9), il est question de dépôts limono-sablo-argileux brun-gris-jaunâtre, incluant de nombreuses petites concrétions carbonatées et quelques précipitations ferro-manganiques (US 16).
5De ces dépôts, particulièrement de l’US 20, ont été extraits des tessons de céramique non-tournée diachroniques, peu roulés, datés de la fin du Bronze ancien au Bronze moyen (entre le xviiie s. et le xve s. av. J.-C.), mais aussi de la fin du Bronze final (IIIb) au premier âge du Fer (entre 950 et 700 av. J.-C.). Ces tessons sont répartis de manière aléatoire dans toute l’épaisseur des couches. Aucune structure ne leur est associée. La présence de ces tessons atteste des occupations humaines à différentes périodes dans un environnement proche du site, ce qui, même en l’absence de structures associées, est inédit au niveau du centre-bourg de Clonas-sur-Varèze. Leur position secondaire indique également une probable phase d’érosion postérieure aux occupations du Bronze final/premier âge du Fer, et antérieure à la période romaine.
6Ensuite, sur les dépôts anciens précédemment cités (moraine, colluvions anciennes ou dépôts pseudo-alluviaux) et dans l’ensemble du site, un glacis colluvial se met en place au cours de la période historique (périodes romaine et/ou postérieures). Son épaisseur est variable, entre 0,60 m (sondages 4, 5 et 7) et 1,50 m (sondage 2). Ces colluvions sont essentiellement limoneuses, plus ou moins sableuses, avec des teintes brun-grisâtre à gris-brunâtre ou jaunâtre caractéristiques de couche anthropisées. Elles contiennent, en abondance variable, des artéfacts (terre cuite architecturale, mortier, microfragments de terre cuite…) et également des fragments de charbons de bois et des microfragments de coquilles de gastéropodes.
7Dans le sondage 2, au sein de ce glacis sédimentaire, et plus précisément dans l’US 9, ont été mis au jour des vestiges d’une occupation antique, matérialisée par des murs en galets, Mr.11, Mr.32 et Mr.34, et un sol maçonné en béton de tuileau, Sl.31. Dans le sondage 9, une base de mur en galets, Mr.26, a été également retrouvée dans l’US 14 qui appartient, elle-aussi, à cette même phase sédimentaire. Bien qu’elle soit isolée dans le sondage 9, cette base de mur peut être associée à l’ensemble des vestiges du sondage 2. Toutes ces découvertes apparaissent entre 0,80 et 1 m de profondeur sous le niveau du sol actuel. Elles attestent la présence d’un bâtiment et de son environnement proche. Leur état de conservation est relativement bon. Toutefois, dans le sondage 2, plusieurs fosses (Fs.12, Fs.29, Fs.30 et Fs.33), dont certaines comblées majoritairement par des galets, viennent recouper par endroits les murs et le sol.
Fig. 3 – Vestiges (murs, sol et fosses) mis au jour dans le sondage 2
DAO : J.-M. Lurol, P. Thiolas (Inrap).
8Les indices chronologiques associés à ces vestiges restent très discrets. Ils se résument à sept fragments de céramique, ramassés lors du nettoyage de ces derniers, et qui peuvent être attribués à l’époque tibérienne (14 à 37 apr. J.-C.), ce qui permet d’envisager, avec beaucoup de prudence bien entendu, une datation du début du Haut-Empire pour ce contexte d’occupation.
9Sur le plan de l’étendue spatiale, les vestiges de cette occupation antique sont reconnus matériellement uniquement dans les sondages 2 et 9. Aucun indice, excepté quelques fragments de terre cuite architecturale et de mortier épars, ne mérite d’être signalé dans les sondages de la moitié nord de l’emprise (sondages 3 à 8), ni dans l’angle sud-est (sondage 1). Même dans le sondage 10, ouvert quelques mètres au sud du sondage 2, dans lequel les éléments issus de démolition sont un peu plus nombreux dans les dépôts sédimentaires, aucune structure n’a été relevée.
10À l’est du sondage 2, la présence des bâtiments existants, destinés à être démolis et qui disposent d’un sous-sol semi-enterré, risque d’avoir impacté l’extension de cette occupation antique. Localisées à une distance d’environ une centaine de mètres au nord de l’emprise de la villa romaine de Licinius, il est possible que ces découvertes soient en relation avec ce vaste établissement.
11Sur le plan stratigraphique, les vestiges de l’occupation antique sont recouverts par la suite du glacis colluvial, US 8 dans le sondage 2 et US 13 dans le sondage 9. La mise en place de ces colluvions témoigne d’une dynamique sédimentaire accrue, potentiellement accentuée par les pratiques culturales, dès la période romaine puis au cours des périodes suivantes. Plusieurs fosses comblées presque exclusivement de galets hétérométriques sont installées (position de rejet ?) dans ces niveaux de colluvions. La plupart ne contiennent aucun indice chronologique, mais l’une d’entre elles a livré toutefois un mobilier céramique attribuable à la seconde moitié du xixe s.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan général de l’emprise du diagnostic avec la localisation des sondages et des vestiges |
| Légende | Échelle : 1/500. |
| Crédits | Relevé topographique : N. Saadi ; DAO : J.-M. Lurol (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/176529/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 815k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue d’ensemble du sol Sl.31, sondage 2 |
| Crédits | Cliché et DAO : J.-M. Lurol (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/176529/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 280k |
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| Titre | Fig. 3 – Vestiges (murs, sol et fosses) mis au jour dans le sondage 2 |
| Crédits | DAO : J.-M. Lurol, P. Thiolas (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/176529/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 706k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Jean-Marc Lurol, « Clonas-sur-Varèze – Rue de la Convention » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 13 janvier 2025, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/176529
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