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HomeExcavations districtsAuvergne-Rhône-Alpes202369M – Métropole de LyonLyon (5e) – 10 rue Roger-Radisson

2023
69M – Métropole de Lyon

Lyon (5e) – 10 rue Roger-Radisson

Opération préventive de diagnostic (2023)
Archaeological project director: Cécile Ramponi

Index terms

Year of Investigation:

2023

Investigation code:

2214859, 2214862

Type of investigation:

test trench
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Editor's notes

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Ramponi C. 2023 : Lyon 5e, Métropole de Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes. 10 rue Roger Radisson, Rapport de diagnostic, Bron, Inrap.

Full text

1Le diagnostic archéologique réalisé dans l’enceinte de l’hôpital de Fourvière, au 10 rue Roger-Radisson dans le 5e arrondissement de Lyon, a révélé très peu de vestiges antiques, contrairement à ce que l’environnement connu laissait présager. Sur les quatre sondages ouverts, un seul a permis d’observer deux restes de murs et un niveau s’apparentant à l’effondrement d’élévations en terre (sondage 3). Par ailleurs, les investigations autour du bâtiment de « la ferme » ont été abandonnées, faute de place entre les réseaux et en raison de la proximité des arbres en zone boisée classée.

2Les deux premières tranchées de reconnaissance ont été réalisées à proximité de l’hôpital : la première, au sud, sur une place PMR et la seconde, à une dizaine de mètres à l’est de son entrée, sur une pelouse. Les deux tranchées suivantes sont situées dans un pré à l’ouest du bâtiment de « la ferme », et directement au nord de la vaste aire de stationnement au sud (fig. 1).

Fig. 1 – Plan général des tranchées avec les logs stratigraphiques et les aménagements ou anomalies retrouvés

Fig. 1 – Plan général des tranchées avec les logs stratigraphiques et les aménagements ou anomalies retrouvés

Échelle : 1/750.

Relevé topographique : J. Boudry ; SIG et DAO : C. Ramponi (Inrap).

3Le sondage 1 s’est arrêté après 0,70 m de profondeur sur une dalle en béton, probable niveau de circulation antérieur aux réaménagements du secteur à la fin des années 1990, ou à la fin des années 2000.

4Le sondage 2 n’a pas dépassé des niveaux de démolitions antiques brassés et mélangés à des apports et mobiliers contemporains. Ces derniers se poursuivent au-delà de 1,70 m de profondeur. Il est difficile de dire si des occupations anciennes sont conservées plus profondément. L’implantation des bâtiments de l’hôpital et la création des terrasses sur son côté est ne laissent pas deviner la topographie initiale de cette partie du vallon de la Chana. Il est probable que le sondage 2 se situe sur des remblais apportés pour la création de cette terrasse (US 6), puis de la voirie récente (US 5). La présence d’une salle « enterrée », 4 m en contrebas à l’est du sondage 2, et d’un conduit souterrain la reliant à l’hôpital indique à quel point ce secteur a été remanié, et pas uniquement par l’apport de remblais.

5Le sondage 3 (fig. 2) a permis la découverte de deux murs ou fondation de murs antiques, pas tout à fait perpendiculaires (Mur 9 et Mur 14), distants de presque 4 m. Ils sont lacunaires, car partiellement détruits par des creusements contemporains. Le Mur 9 est intégralement construit en blocs de gneiss sans liant, et le Mur 14 comporte des blocs de gneiss, de calcaire et des galets. On remarque par endroits, entre les pierres, la présence de traces de mortier pulvérulent. Un remblai de démolition antique, sous forme de sédiment lœssique de couleur ocre-jaune, contenant des galets et quelques blocs de gneiss (US 17), témoigne en outre d’élévations en terre. N’ayant pu fouiller ces niveaux en raison du passage de réseaux, dont une conduite de gaz, nous ne pouvons déterminer à quel état ils correspondent, par rapport à l’occupation connue du plateau de la Sarra, notamment celle du Verbe incarné. Toutefois, aucun artefact antique n’est antérieur à la fin du iie s. apr. J.-C., ni postérieur au iiie s. (étude de C. Bonnet, Inrap), ce qui laisse penser qu’il s’agit des derniers témoins de l’occupation du secteur et que des niveaux plus anciens pourraient être conservés en-dessous. Cette hypothèse est toutefois à modérer par la petite emprise conservée (au maximum 10 m2 dans le sondage), tandis que les parties est et ouest de la tranchée de diagnostic révèlent des perturbations contemporaines à des niveaux bien inférieurs. Ainsi, les murs apparaissent de 0,45 à 0,65 m sous le niveau de sol actuel tandis que les remblais contemporains à l’ouest et à l’est continuent au-delà de 1 m (US 18, à l’est) et au-delà de 1,30 m (US 19, à l’ouest). Il est intéressant de remarquer que le mobilier contemporain surmontant la démolition de mur en terre date de la fin du xixe et du début du xxe s. (étude d’A. Horry, Inrap). Ces remblais pourraient correspondre aux investigations du secteur par C. Germain de Montauzan, juste avant la Première Guerre mondiale. C’est en effet, avant-guerre, la personne qui a le plus exploré le secteur, avec P. Fabia, du Clos du Verbe incarné à l’esplanade de Fourvière.

Fig. 2 – Sondage 3, plans des murs antiques 9 et 14

Fig. 2 – Sondage 3, plans des murs antiques 9 et 14

Échelle : 1/20.

Dessin : S. Brouillaud ; clichés : Inrap ; SIG et DAO : C. Ramponi (Inrap).

6Le sondage 4, également situé dans un espace en herbe, à 7,5 m au sud du sondage 3, ne conserve en revanche aucun aménagement antique en place. Les terrassements menés jusqu’à 1,30 m de profondeur, et très ponctuellement à son extrémité ouest à 2 m sous le niveau de sol actuel, traversent des remblais contemporains (US 7) puis des remblais de démolition antique remaniés à l’époque contemporaine (US 8). Les profondeurs atteintes, au regard des niveaux antiques conservés dans le sondage 3, laissent penser que les niveaux antiques sont fortement, voire complètement, détruits dans ce petit secteur. Les remblais supérieurs (US 7) et la maçonnerie 16 peuvent s’expliquer par l’ouverture de l’accès en 1992, par la démolition de l’extrémité sud de « la ferme », puis par la création des places de stationnement au sud de l’emprise dans les années qui suivent. Les remblais inférieurs (US 8) sont d’une autre nature, et assez semblables à des déblais de fouilles.

7Si on se replace dans le contexte archéologique et d’après l’Atlas topographique de Lugdunum (Lenoble 2019), il y a de fortes probabilités pour que la trame urbaine antique et son réseau viaire dense s’étendent jusqu’à la parcelle en herbe sondée (sondages 3 et 4). Cette prolongation, même hypothétique, est confortée par la présence de riches vestiges fouillés dans l’enceinte de la ferme à l’est, et par la vingtaine de tronçons de murs mis au jour plus au nord, ainsi que des restes de voirie d’orientation nord-est – sud-ouest (Germain de Montauzan 1915). L’une de ces rues décumanes, située dans l’axe du sanctuaire et nommée rue du Capitole par Amable Audin, traverserait notre emprise en se superposant virtuellement et partiellement au sondage 3 (fig. 2).

8Si l’absence de vestiges dans les sondages 1 et 2, situés directement au sud et à l’est de l’hôpital dans des espaces déjà terrassés ou remblayés pour les besoins de la construction, n’est pas étonnante, les perturbations importantes et profondes observées dans les tranchées 3 et 4 sont plus inattendues. En effet, de ce qui est connu et compilé dans l’Atlas topographique de Lugdunum (Lenoble 2019), aucune fouille n’est rapportée sur la prairie, entre l’hôpital et « la ferme ». Comment cependant expliquer l’état du sous-sol ? La présomption d’explorations anciennes, non relatées et/ou non publiées, ou celle de la récupération de matériaux de construction telles que les dalles de voie, sont envisageables. Il faut tout de même pondérer cette vision alarmiste en rappelant les surfaces restreintes de nos tranchées (45 m2) face aux vastes espaces encore disponibles et « non explorés » du vallon de la Chana. De même, il ne faut pas oublier que, si nos investigations sont ponctuelles, les démolitions observées peuvent également l’être.

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Bibliography

Germain de Montauzan C. 1912 : Les fouilles de Fourvière en 1914-1915, Annales de l’université de Lyon A. Ney, nouvelle série, 28, Lyon, p. 42.

Lenoble M. 2019 : Atlas topographique de Lugdunum, I : Lyon-Fourvière, Dijon, Société archéologique de l’Est (coll. Suppl. à la Revue archéologique de l’Est, 47).

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List of illustrations

Title Fig. 1 – Plan général des tranchées avec les logs stratigraphiques et les aménagements ou anomalies retrouvés
Caption Échelle : 1/750.
Credits Relevé topographique : J. Boudry ; SIG et DAO : C. Ramponi (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/177893/img-1.jpg
File image/jpeg, 1.5M
Title Fig. 2 – Sondage 3, plans des murs antiques 9 et 14
Caption Échelle : 1/20.
Credits Dessin : S. Brouillaud ; clichés : Inrap ; SIG et DAO : C. Ramponi (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/177893/img-2.jpg
File image/jpeg, 1.8M
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References

Electronic reference

Cécile Ramponi, “Lyon (5e) – 10 rue Roger-Radisson” [Note of archaeological project], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [Online], Auvergne-Rhône-Alpes, Online since 13 January 2025, connection on 11 September 2026. URL: http://journals.openedition.org/adlfi/177893

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