Lurs – Notre-Dame-des-Anges
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Année de l'opération :
2020Numéro d’opération :
13330Lieux :
France métropolitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Département des Alpes-de-Haute-Provence, LursChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, époque moderneNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département des Alpes-de-Haute-Provence
Texte intégral
1Ce diagnostic d’archéologie préventive a été réalisé durant trois jours au mois de mars 2020. Il a été initié par le service régional de l’Archéologie suite à la demande de projet d’aménagement d’un réseau d’évacuation des eaux comprenant trois tranchées de réseaux, un sondage accueillant une cuve de rétention et un sondage destiné à l’épandage des eaux usées. L’opération de diagnostic a consisté à ouvrir ces tranchées et ces sondages sur des profondeurs variables. Pour les tranchées de réseaux, les profondeurs n’ont pas excédé 0,70 m, pour la cuve, la profondeur maximale atteinte est de 1,80 m, et pour l’épandage, elle est de 0,75 m.
2Les données archéologiques disponibles à ce jour sur la commune de Lurs attestent de la présence dans le secteur de Notre-Dame-des-Anges de la mansio d’Alaunium. Les résultats du diagnostic prescrit sur les parcelles B 1780 et 1800 jouxtant l’église vont également en ce sens. Des structures bâties antiques ou des fragments d’architecture ont déjà été vus en divers endroits du secteur. Ces diverses observations incitent à réfléchir sur l’importance de cette mansio et sur son étendue géographique. Des vestiges de l’époque moderne succèdent aux vestiges antiques (fig. 1). Ils pourraient dater de la fondation du couvent des Récollets adossé à l’église édifiée au xiiie s.
3Les vestiges modernes correspondent à deux maçonneries, une structure fossoyée relative à la fabrication de chaux et une canalisation. Sous ces vestiges ont pu être observés des murs antiques (Haut-Empire) (fig. 2) accompagnés de niveaux de démolitions (blocs, tuiles, enduits peints, mortier) et de mobilier archéologique (céramique, verre). Dans la démolition ont été mis au jour des blocs taillés de grand appareil en calcaire dur, un fragment de demi-fût de colonne et un bloc sculpté en calcaire tendre assez érodés. Les vestiges antiques correspondent à un édifice vraisemblablement important. Les imposants blocs taillés découverts partiellement dans l’une des coupes pourraient être associés à un escalier monumental (fig. 2). Cette zone de la plaine agricole actuelle pourrait alors coïncider avec le cœur de la mansio d’Alaunium, dédié aux édifices publics, temple, thermes.
4Les sondages ouverts lors de ce diagnostic ont révélé au sud des niveaux de safre altéré apparaissant à une faible profondeur. Ils sont entamés par quelques vestiges, la canalisation moderne et une fosse de plantation contemporaine. Au nord, les niveaux géologiques n’ont pas été atteints. Les vestiges antiques sont recouverts des vestiges modernes, eux-mêmes scellés par un remblai.
5Lors du diagnostic, un hiatus entre l’abandon des bâtiments antiques et l’implantation de l’église Notre-Dame-des-Anges a été mis en relief. Après abandon de la mansio vers le iiie s. et la construction de l’église au xiie s., il n’y a pas d’indices d’occupation. Des interrogations sur la pérennité de l’utilisation de la voie Domitienne se posent. Si les bâtiments de la station routière sont abandonnés, par quelles infrastructures sont-ils remplacés pour accueillir les voyageurs ? La période est certes moins sûre et de fait moins propice aux déplacements. La mansio a probablement subi une rétractation de son aire géographique, tout comme les agglomérations en Gaule romaine à partir du iiie s. Cependant, les résultats de ce diagnostic ne font pas état de ce phénomène.
6Les sondages réalisés n’ont pas non plus révélé de structures contemporaines à la fondation de Notre-Dame-des-Anges. Les deux maçonneries, la canalisation et la fosse à chaux datent de l’époque moderne et pourraient être contemporaines de la fondation du couvent des Récollets. Les murs pourraient appartenir à un plan de bâtiment du couvent antérieur au plan actuel. La structure tapissée de chaux pourrait correspondre à une phase de travaux liée au couvent ou à l’église.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan phasé |
| Légende | Échelle : 1/200. |
| Crédits | DAO : Y. Dedonder (SDA Alpes-de-Haute-Provence). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/182272/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 337k |
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| Titre | Fig. 2 – Cuve et maçonneries antiques |
| Crédits | Cliché : J. Sélèque (SDA Alpes-de-Haute-Provence). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/182272/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 892k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Jenny Sélèque, « Lurs – Notre-Dame-des-Anges » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 27 février 2025, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/182272
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