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AccueilRégionsProvence-Alpes-Côte d’Azur202005 – Hautes-AlpesMontclus – Tour pentagonale

2020
05 – Hautes-Alpes

Montclus – Tour pentagonale

Opération préventive de diagnostic (2020)
Responsable d’opération : Nathalie Nicolas-Girardot

Entrées d’index

Année de l'opération :

2020

Numéro d’opération :

13068

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

1Le diagnostic archéologique de la tour pentagonale de Montclus a été réalisé en deux étapes. Il a consisté, d’une part, en relevés photogrammétriques des parements intérieurs et extérieurs de la tour et, d’autre part, en sondages sédimentaires.

2Ce donjon aujourd’hui isolé se singularise par la régularité de sa mise en œuvre qui repose sur la qualité de la taille des moellons marno-calcaires et sur le choix des modules calibrés, avec des assises variant entre 8 et 19 cm. Le mur sud s’élève sur une hauteur de près de 6,20 m, avec une fondation apparaissant à 815 m d’altitude. La massivité de cette tour dotée d’un éperon tourné vers l’ouest est accentuée par ses murs totalement aveugles, dont l’épaisseur varie entre 1,40 et 2,00 m.

3La qualité de la fourrure des murs a contribué à leur bonne conservation malgré l’action répétée du gel/dégel sur les faces de parement, causant la dégradation de nombre de pierres en surface. Cette cohésion résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs : la qualité du mortier de chaux dont la recette est stable, la densité des éclats de pierre mobilisés et l’emploi quasi généralisé de moellons démaigris en queue.

4En élévation, les murs sud et nord-est présentaient des traces d’arrachement, témoignant d’une probable construction annexe bâtie sur la plateforme orientale.

5La tour est érigée à l’aide d’échafaudages indépendants de part et d’autre des parements, installés dans des trous de boulin borgnes, non rebouchés, qui rythment les parois : 12 à l’intérieur, et deux fois plus à l’extérieur (25). À l’extérieur, les platelages reposaient sur des orifices en biais dans les deux angles ouverts de la construction, c’est-à-dire sur les côtés portant l’éperon où la circulation des constructeurs était continue d’un mur à l’autre – murs nord et nord-est d’une part, murs sud et sud-ouest d’autre part.

6Les maçonneries mises au jour, arasées à un niveau proche (815,60 m), sont chaînées. Deux murs sont construits respectivement dans le prolongement du mur sud et du mur nord-est de la tour, bien que moins épais (1,45 m), contre 1,75 m maximum pour les élévations. Ils se poursuivent hors des limites des deux sondages (L : 3,10 m et 2,60 m) vers le sud-est et appartiennent à un bâtiment annexe construit simultanément avec le donjon, probablement un avant-corps.

7Dans le premier sondage, l’arasement du mur est accompagné de l’épierrement systématique de son parement sud (fig. 1). Une porte était vraisemblablement adossée au mur est de la tour, donnant accès à l’avant-corps. Elle se matérialise par un reliquat du parement de l’ébrasement et par un logement aménagé dans le mur sud pour accueillir une barre de fermeture.

Fig. 1 – Sondage 1, vue d’ensemble de la fourrure du mur MR2 (US 101)

Fig. 1 – Sondage 1, vue d’ensemble de la fourrure du mur MR2 (US 101)

Cliché : N. Nicolas-Girardot (Inrap).

8Dans les deux sondages, l’arasement des deux murs intervient lors d’une phase qui n’a pas pu être datée en l’absence de mobilier conservé dans les niveaux archéologiques. Il précède l’effondrement des angles sud-est et nord-est de la tour.

9Dans le dernier sondage, la chaîne d’angle de la pointe de l’éperon, détruite en élévation, est bien conservée en sous-sol, sur sept assises de moellons équarris aux hauteurs d’assises constantes rapportées à l’ensemble du parement de la tour, soit entre 9 et 18 cm.

10D’importants remblais provenant de l’effondrement des chaînes d’angle recouvrent les murs arasés dans les trois sondages : d’une puissance minimale de 1,25 m dans le premier sondage, il est moindre dans les deuxième et troisième sondages (0,80 m). Le substrat marneux a été atteint partout, à une altitude variant entre 814,93 m (sondage 1) et 815,86 m (sondage 2).

11Le plan de la tour de Montclus est original bien que déjà connu dans les Baronnies au xiiie s., d’après les publications de Marie-Pierre Estienne et de Michèle Bois. Les tours de Verclause et du château de Gouvernet (Drôme), malgré quelques variantes dans leur aménagement intérieur, partagent ce plan. À Verclause, des armatures en bois conservées dans le blocage des murs proviennent de chênes abattus en 1220. À Gouvernet, la tour à éperon est munie d’un avant-corps (6,60 × 3,40 m) qui en double la surface, avec des murs légèrement moins épais que le reste de l’éperon, comme à Montclus.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Sondage 1, vue d’ensemble de la fourrure du mur MR2 (US 101)
Crédits Cliché : N. Nicolas-Girardot (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/182708/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Nathalie Nicolas-Girardot, « Montclus – Tour pentagonale » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 04 février 2025, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/182708

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Auteur

Nathalie Nicolas-Girardot

Inrap

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Responsable d’opération

Nathalie Nicolas-Girardot

Inrap

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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