Martin L. 2019 : Peynier, chemin de la Treille, Rapport de diagnostic, Inrap.
Peynier – La Corneirelle, chemin de la Treille
Entrées d’index
Année de l'opération :
2020Numéro d’opération :
13489, 13729Sujets :
habitat, habitat rural, villa, pars rustica, nécropole, monument funéraire, mausolée, sépulture, sépulture à inhumation, tombe sous tuile, fosse, bâtiment agricole, silo, foyer, stucture à pierres chauffées, installation hydraulique, puits, bassin (structure), canalisation, trou de poteau, mur, récipients, récipient de stockage, dolium, culot, parureChronologie :
Protohistoire, âge du Fer, Second âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Antiquité tardive, époque modernePlan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Le projet d’aménagement du quartier de La Corneirelle par la municipalité de Peynier, sur son territoire, a induit la réalisation d’une fouille archéologique sur une superficie d’environ 24 000 m2 suite aux découvertes du diagnostic archéologique (Martin 2019). Trois emprises de fouilles distinctes sont prescrites : une première emprise de 18 000 m2 s’étendant le long du ruisseau le Verdalaï a livré des vestiges datés de la Protohistoire, la deuxième emprise de 1 000 m2 située sur un promontoire surplombant la vallée est occupée par des structures funéraires, et enfin la dernière emprise, localisée de l’autre côté de ce point dominant, livre lors du diagnostic des éléments bâtis associés à des fonds de dolia, interprétés comme la pars rustica d’une villa antique.
La zone 1 : l’occupation protohistorique
2La zone 1 se situe au nord du site de Peynier La Corneirelle, le long du Verdalaï. Elle rassemble 55 structures qui se répartissent en deux concentrations séparées par un fossé naturel, la première au nord-est et la seconde au sud-ouest. La plupart des structures sont en creux et se répartissent en 30 fosses, 8 silos, 7 trous de poteau, 4 foyers, 1 puits, 1 tranchée et 1 structure indéterminée. Ces dernières sont datées du second âge du Fer et seuls deux murs, sûrement d’époque moderne, et un élément indéterminé sont bâtis.
3À première vue, le site ne semble pas avoir d’organisation. Cependant, on remarque que la plupart des silos se trouvent dans la partie sud-ouest de la zone, et à proximité de plusieurs éléments en lien avec le feu. Dans la partie nord-est, on constate que la majorité des structures est composée de fosses. La plupart d’entre elles, de possibles fosses à pierres chauffées, sont situées à proximité du puits. Plus au nord, il a été retrouvé des éléments liés à la métallurgie dans une petite fosse. La présence d’un culot de forge en position secondaire et les quelques battitures retrouvées alentour présument d’une activité ponctuelle et de petite envergure, telle que la réparation d’outils.
4La plupart du mobilier céramique se trouvait dans les niveaux d’abandon des silos et parfois, en plus petite quantité, dans ceux des fosses. Parmi les formes observées, il a été repéré une majorité d’éléments d’urnes et de dolia, la vaisselle de table étant, quant à elle, peu représentée.
5À travers ces premières observations, on constate que la présence de structures telles que les silos et les fosses à pierres chauffées, ainsi que d’éléments de métallurgie, possiblement liés à la réparation d’outils, montrent une activité plutôt tournée vers l’agriculture. Ceci est appuyé également par la céramique qui marque à la fois la présence de vases de stockage et l’absence de vaisselle de table. Ce qui est aussi marquant, c’est, plus généralement, l’absence de trace d’habitat.
6En conclusion, il semble que ce site protohistorique soit en lien avec une activité agricole et qu’il se situe à proximité d’un habitat dont on ne peut pas estimer, pour l’heure, l’emplacement.
La zone 2 : une villa antique
7La zone 2 concentre les vestiges d’une occupation antique placée entre le ier et le viie s. apr. J.-C. Quelques fosses circulaires empierrées localisées au sud-ouest de l’emprise peuvent être attribuées à l’occupation protohistorique (fig. 1).
8Au nord, la fouille livre l’aile sud d’une villa romaine composée de plusieurs pièces dont un grand chai contenant les dolia pour le stockage (fig. 2). Un bassin maçonné (fig. 3) est conservé dans l’une de ces pièces ; les autres aménagements, certainement liés à la fabrication du vin ou de l’huile, sont mal conservés. Cette aile devait limiter une cour centrale dont l’emprise est tronquée par la limite de fouille. Un puits taillé dans le substrat naturel a été fouillé sur une profondeur de 2,30 m.
9Une canalisation couverte longe la bâtisse pour se déverser dans un fossé situé à l’est, le long d’un chemin orienté nord-sud. Ce chemin s’interrompt au contact du bâtiment. Le terrain au sud de la villa est aménagé à l’aide de quatre murs de terrasses orientés sud-nord créant des terrasses vraisemblablement liées à une mise en culture. À l’ouest, de grandes fosses sont comblées par des éléments de démolition issus de la villa. Leurs creusements datés du début de l’occupation de la villa peuvent être interprétés comme des fosses d’extraction de matériaux.
10Deux grandes fosses remplies de mobilier céramique ; l’une à l’extrême ouest de l’emprise, l’autre dans l’espace de la cour intérieure de la bâtisse, marquent la réoccupation du site à l’époque tardo-antique.
La zone 3 : l’espace funéraire
11Dans l’emprise réduite d’environ 1 000 m2, le négatif d’une construction de plan quadrangulaire observé lors du diagnostic révèle les vestiges d’un monument construit en grand appareil. Un angle du monument est conservé en fondation, bâti à l’aide de blocs de grand appareil taillé, disposés à joints vifs, dont le lit d’attente offre une surface parfaitement horizontale. Les 10 blocs conservés en place constituent la seule assise haute de 0,60 m conservée. À chaque extrémité de la partie conservée, deux blocs de grand appareil sont observés brisés, dans le comblement de la tranchée de récupération.
12La position du monument, construit sur un promontoire à proximité de la villa antique, la technique de taille de blocs et le remploi de certains fragments de blocs de grand appareil dans l’aménagement des sépultures fouillées à proximité tendent à interpréter ces vestiges comme ceux d’un monument funéraire d’époque antique de type mausolée.
13Un petit ensemble funéraire composé de 17 sépultures à inhumation, dont la conservation est assez variable, a été mis au jour au sommet d’un promontoire rocheux à proximité immédiate des vestiges d’un bâtiment funéraire antique dont seuls quelques blocs de l’assise de fondation ont été retrouvés encore en place lors de la fouille. Exceptée une fosse réutilisée pour l’implantation successive de quatre sépultures, toutes les sépultures sont organisées sur un seul niveau d’inhumation. Datées des ve-viiie s., ces sépultures correspondent majoritairement à des inhumations en bâtière soit exclusivement composé de tegulae (fig. 4) soit de composition mixte avec l’utilisation conjointe de tegulae et de lauzes (fig. 5). Des coffrages de pierres ainsi qu’un coffrage de bois ont été également identifiés.
14La plupart de ces sépultures correspondent à des inhumations primaires individuelles, toutefois, près d’un tiers d’entre elles renferment également des ossements en position secondaire témoignant d’une réutilisation de ces structures au cours du temps. La population exhumée se compose de 17 individus, majoritairement des sujets adultes. Parmi les sujets immatures, une absence de très jeune immature ainsi que d’adolescent est constatée. Tous les individus ont été inhumés en décubitus dorsal suivant une orientation est-ouest, avec la tête à l’ouest.
15Sur la totalité des sépultures, seules trois d’entre elles ont livré du mobilier, il s’agit principalement d’objets de parure dont la chronologie s’échelonne de la fin du ve s. jusqu’au début du viie s.
16Le site de La Corneirelle livre une occupation longue de plusieurs siècles, avec le déplacement du site de bord de ruisseau vers un vallon protégé et certainement relié au réseau viaire d’époque antique.
17Les vestiges protohistoriques, malgré leur faible concentration, assurent d’une occupation dès le second âge du Fer. La villa est occupée à partir du milieu du ier s. avec l’installation d’un chai. On observe des modifications architecturales dans le bâtiment et la réduction de la superficie dédiée au stockage des denrées dans les dolia vers la fin du ier s. et le milieu du iie s. L’occupation du site entre le iie et le ve s. est marquée par la présence de mobilier. Au cours du vie s., le site est réoccupé avec les vestiges de fosses contenant du mobilier et le bouchage du puits avant son abandon au viie s.
18Les vestiges d’un monument interprété comme un mausolée peuvent être associés à l’occupation antique de la villa (du ier s. au ive s. apr. J.-C.), détruit au plus tard au ive ou ve s. À partir de cette période s’installe une petite nécropole composée de 17 tombes, remployant pour certaines des fragments de blocs ayant appartenus au mausolée.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan général de la zone antique |
| Crédits | DAO : C. Voyez (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/184378/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 227k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue générale du chai |
| Crédits | Cliché : C. Voyez (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/184378/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 880k |
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| Titre | Fig. 3 – Bassin maçonné |
| Crédits | Cliché : I. de Carvalho (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/184378/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
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| Titre | Fig. 4 – Tombe sous bâtière de tuiles |
| Crédits | Cliché : S. Parmentier (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/184378/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 885k |
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| Titre | Fig. 5 – Aménagement d’une sépulture avec des matériaux mixtes |
| Crédits | Cliché : S. Parmentier (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/184378/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Elsa Sagetat-Basseuil, « Peynier – La Corneirelle, chemin de la Treille » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 12 février 2025, consulté le 04 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/184378
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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