Aix-en-Provence – Hôtel de Châteaurenard
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Année de l'opération :
2023Numéro d’opération :
15100Lieux :
France métropolitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Département des Bouches-du-Rhône, Aix-en-ProvenceNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ville d’Aix-en-Provence
Texte intégral
1Classé au titre des Monuments historiques depuis 1990, l’hôtel de Châteaurenard, au 19 rue Gaston-de-Saporta, est surtout connu pour conserver une cage d’escalier d’apparat peinte en 1654 par Jean Daret, célèbre décor en trompe-l’œil architectural agrémenté de statues antiques et d’allégories, réalisé à la demande de Jean-François d’Aymar d’Albi, baron de Châteaurenard et parlementaire aixois. Dans la perspective de l’exposition rétrospective consacrée au grand peintre du baroque provençal, d’importants travaux de restauration ont été engagés sur le décor et l’ensemble de la cage d’escalier afin d’accueillir un large public. Ces travaux ont été accompagnés d’un ravalement de la façade sud ouverte en cœur de parcelle et cadré d’un diagnostic du bâti durant l’été 2023.
2La façade, qui ne montrait alors aucun caractère architectural remarquable, a révélé de multiples percements et reprises, témoignages de réaménagements successifs pour lesquels au moins trois états de la construction ont pu être mis en évidence. Au milieu du xviie s., dans ses dispositions initiales, la façade se développe sur deux étages. Parementé en pierre de taille, le rez-de-chaussée surélevé est percé de la grande porte encadrée par trois hautes et étroites fenêtres. Dans les étages, ce sont quatre travées qui ont été mises en évidence, alignées sur les ouvertures du rez-de-chaussée. Un encadrement mouluré au plâtre, coloré en jaune et très partiellement conservé autour des ouvertures en partie haute de la façade, répond au décor sculpté en pierre de Bibémus des fenêtres du rez-de-chaussée. La partie ouest de la façade est traitée plus sommairement (fig. 1). Trois hauts jambages en pierre de taille, dans une maçonnerie de blocage, soulignent une différence de traitement, peut-être de fonction, dans le tiers ouest du rez-de-chaussée.
Fig. 1 – Au-dessus du premier niveau de fenêtres, différence de traitement entre les parties ouest et est de la façade, au second plan
Cliché : C. Auburtin (DAMVA).
3Au milieu du xviiie s., la propriété connaît d’importantes transformations. En façade de la rue Gaston-de-Saporta, les frontons des fenêtres et du balcon sur rue sont supprimés. En cœur de parcelle, les premières ouvertures de la façade sur cour sont colmatées (fig. 2), les travées de fenêtres sont déplacées et les ouvertures des premier et second étages sont élargies en lien avec la réfection des espaces intérieurs. Au niveau du palier supérieur de la cage d’escalier, la façade du premier étage est largement reconstruite et dotée de deux nouvelles fenêtres. La date de 1779 fournie par l’analyse dendrochronologique d’un linteau donne un terminus post quem à ces travaux.
4Au xixe s., l’hôtel particulier, devenu propriété de la ville, est profondément remanié suite au transfert en 1883 du bureau de bienfaisance et des services attenants (pharmacie, pompes funèbres). La façade est uniformisée par l’application d’une épaisse couche de ciment prompt venant recouvrir les anciennes ouvertures ainsi que l’ensemble des reliefs dégradés (fenêtres, portail, parement en pierre de taille) (fig. 3). La façade ainsi ragréée, selon des dispositions proches de l’actuelle, est alors seulement agrémentée d’un grand médaillon, rapporté des anciens locaux du bureau situés sur la place de la mairie et plaqué sur la façade au-dessus de la grande porte d’entrée.
Fig. 3 – Escalier extérieur en pierre de taille recouvert de ciment prompt
Cliché : C. Auburtin (DAMVA).
5De nouvelles ouvertures plus fonctionnelles sont créées sur l’ensemble des étages. À l’intérieur, les travaux apparaissent tout aussi conséquents, avec la création d’extensions du bâti au-dessus du rez-de-chaussée, au contact de la façade ouest, l’abaissement du niveau de plafond de certaines des pièces du rez-de-chaussée, l’aménagement de nouvelles circulations ainsi que divers agencements destinés à améliorer le confort thermique du bâtiment.
6Suite au classement de l’œuvre en 1911, face à la détérioration et à la menace d’effondrement des toiles supportant les décors de la cage d’escalier, une campagne de restauration, particulièrement invasive sur le décor d’origine, est réalisée dans les années 1925-1927, par l’entreprise Amédée Raineri.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Au-dessus du premier niveau de fenêtres, différence de traitement entre les parties ouest et est de la façade, au second plan |
| Crédits | Cliché : C. Auburtin (DAMVA). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185452/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,3M |
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| Titre | Fig. 2 – Ancienne ouverture colmatée |
| Crédits | Cliché : C. Auburtin (DAMVA). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185452/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,2M |
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| Titre | Fig. 3 – Escalier extérieur en pierre de taille recouvert de ciment prompt |
| Crédits | Cliché : C. Auburtin (DAMVA). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185452/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Claire Auburtin, « Aix-en-Provence – Hôtel de Châteaurenard » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 13 février 2025, consulté le 19 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/185452
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