1Le site du chemin des Passons à d’Aubagne a fait l’objet d’une fouille archéologie préventive suite au diagnostic réalisé en 2022 (Gasnier et al. 2022 ; Gasnier M., Aubagne – Chemin des Passons, 2022). L’opération s’est déroulée de mars à septembre 2023. Elle s’inscrit en limite d’un secteur, le Camp de Sarlier, sur lequel les opérations de fouille réalisées ces dernières années ont révélé la présence d’occupations néolithiques, protohistoriques et antiques (Hamon et al. 2022 ; Dubesset D. et al., Aubagne – Chemin du Camp de Sarlier, Futur Sarlier 1, 2021 ; Dubesset D., Aubagne – Chemin du Camp Sarlier, Futur Sarlier 2, 2021 ; Dubesset D., Cipolloni É., Aubagne – 110 chemin du Camp de Sarlier, 2022 ; Dubesset D., Cipolloni É., Aubagne – 365 chemin du Camp de Sarlier, 2022).
2L’emprise se situe en limite de la plaine alluviale de l’Huveaune, sur le bas du versant de la colline des Passons, en rive gauche de la rivière de la Maïre. Le site a été recouvert à la fois par des dynamiques colluviales entretenues par l’érosion du versant et par des processus alluviaux nourris des apports conjugués de la rivière et de l’Huveaune. Les vestiges archéologiques les plus anciens sont ainsi apparus à une profondeur moyenne de 1,10 m sur le versant et à plus de 2,40 m dans la partie septentrionale en contact avec l’ancienne terrasse alluviale.
3455 structures archéologiques ont été mises en évidence, réparties sur une surface décapée de 7 371 m2 (fig. 1). Les vestiges sont apparus stratifiés au sein de trois niveaux sédimentaires particulièrement bien conservés en bas de la pente.
Fig. 1 – Plan général des vestiges
DAO : A. Flambeaux.
4Les premières installations humaines s’inscrivent dans un sol brun pédogénéisé situé au toit de limons beiges carbonatés formés au Pléistocène. Plusieurs types de vestiges ont été mis en évidence. Les petites structures empierrées sont particulièrement bien représentées sur le site. Elles correspondent à des structures de petit gabarit qui mesurent en moyenne 0,40 m de large sur 0,55 m de long, apparues sous la forme d’une concentration de pierres sans creusement apparent. Elles côtoient des structures de combustion de différentes formes (fig. 2). Outre les traditionnelles formes circulaires, on compte également la présence d’un foyer allongé de plus de 11 m de long sur 1,50 m de large. Des fosses et des fosses-silos sont par ailleurs représentées, le comblement de certaines a révélé la présence de sépultures. Les premiers éléments de datation issus de l’analyse du mobilier céramique tendent à identifier des occupations rattachées à différentes périodes, du Néolithique ancien, du Néolithique moyen et du Néolithique final.
Fig. 2 – Structure de combustion néolithique en cours de fouille
Cliché : F. Chateauneuf.
5Des installations de l’âge du Bronze sont apparues au sein d’un colluviosol brun, entre 0,30 à 0,40 m au-dessus du niveau néolithique. Plusieurs bâtiments ont été distingués. Ils sont matérialisés par des trous de poteau formant des plans de format elliptique ou quadrangulaire. Le plus grand mesure 17 m de long sur 5 m de large. Tous les trous de poteau possèdent des pierres et/ou des blocs de calage ajoutés dans les creusements pour maintenir les poteaux en place et renforcer leur assise. Les trous accueillant les poteaux mesurent en moyenne 0,40 à 0,50 m de diamètre et sont conservés sur 0,30 à 0,50 m de profondeur. Ils ont livré des fragments de vases en céramique non tournée datés de deux périodes : le Bronze ancien et le Bronze final.
60,30 à 0,40 m au-dessus, des installations datées du premier âge du Fer ont été mises en évidence. Elles se matérialisent entre autres par un alignement de cinq foyers rectangulaires à pierres chauffantes implantés dans la partie septentrionale de l’emprise. Ces foyers sont orientés sous deux axes : est-ouest et nord-sud. Des fosses et des fosses-silos de cette période se répartissent de manière lâche au sein de l’emprise.
7Suite à la découverte d’éclats et de nucléus retrouvés en position secondaire et datés du Mésolithique lors du diagnostic, un carroyage de 18 m2 a été mis en place lors de la fouille dans le secteur susceptible d’être le plus dense. L’intégralité du sédiment sur une épaisseur de 0,20 à 0,30 m a été prélevée et tamisée à l’eau. Cette étape a permis de retrouver plusieurs microlithes qui confirment l’identification de cette industrie comme appartenant au Sauveterrien daté entre 8500 et 8000 av. J.-C.