Marty F. 2022 : Istres – Rue Saint-Sulpice, sondage (2022), Archéologie de la France – Informations, Provence-Alpes-Côte d’Azur [notice archéologique].
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Année de l'opération :
2023Numéro d’opération :
15109Sujets :
édifice religieux, chapelle, sépulture, atelier, argile (atelier), atelier de potier, dépotoir, nécropole, installation hydraulique, drain, poterie, céramique moderneNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ville d’Istres
Texte intégral
1Le sondage entamé en 2022, dans le cadre de la création d’un drain contre le mur gouttereau nord de la chapelle Saint-Sulpice (Marty F., Istres – Rue Saint-Sulpice, 2022), a été étendu à l’ouest et à l’est, atteignant 16,3 m2, pour permettre la réalisation des travaux d’assainissement du monument.
2La phase la plus ancienne mise en évidence dans le sondage se rapporte à une nécropole stratigraphiquement datée de la seconde moitié du xiiie s. (fig. 1). Les cinq tombes repérées, mais non fouillées – car non menacées de destruction par les travaux de restauration de la chapelle –, sont toutes orientées. Creusées dans le substrat limono-sableux, elles comportent un coffrage quadrangulaire et une couverture de dalles en molasse locale, grossièrement équarries ou non. Les trois sépultures les plus complètes, longues de 0,75 à 0,99 m, sont vraisemblablement celles de jeunes enfants.
Fig. 1 – Vue depuis le sud de la nécropole médiévale recoupée par la tranchée d’installation du canal de drainage de la chapelle Saint-Sulpice
Cliché : F. Marty (PIPC).
3Une chapelle latérale du xvie ou du xviie s., dont les fondations n’ont pas été atteintes, est conservée sur neuf assises minimum. Ses murs sont à parement simple, d’environ 0,25 m d’épaisseur, constitués de moellons liés au mortier, parfaitement taillés, mais dont certains sont en saillie sur l’extérieur. Cette architecture est comparable à celle d’une lanterne des morts édifiée au sud-est de la chapelle. Des traces d’enduit hydraulique rose, recouvert sur les assises inférieures par un épais mortier gris, trahissent des travaux visant à résoudre des problèmes d’infiltrations d’eau.
4Au début du xviiie s., une tranchée, large de 0,63 à 1 m, est creusée le long de l’édifice pour installer un canal de drainage, perturbant en partie la nécropole médiévale. Le canal est formé de deux rangées parallèles de moellons de récupération délimitant un lit de ruissellement de 0,18 à 0,22 m de largeur. Une couverture, conservée aux extrémités ouest et est, emploie des dalles dont certaines sont sans doute issues de coffrages de sépultures.
5Après une période d’utilisation et d’entretien, la tranchée du canal est définitivement comblée avec un remblai de 0,55 à 1,30 m d’épaisseur. Celui-ci contient un abondant mobilier des années 1711-1720 provenant d’un atelier de potier nouvellement installé, constituant ainsi un dépotoir secondaire. La production céramique locale (près de 1 400 fragments pour 200 individus) est largement dominée, en volume, par les tuyaux tournés en terre cuite à glaçure interne. La vaisselle glaçurée à pâte calcaire (fig. 2) compte de nombreux tians que complète toute une série d’objets répondant aux besoins quotidiens de la population locale : assiettes, plats, écuelles, tasse, faisselle, pichets, cruches, orjols, pots de conserve, jarre, couvercles, pots de chambre, pots de fleur, tirelire.
6L’atelier proprement dit se situe à quelques mètres en amont, dans la parcelle 122 du cadastre napoléonien. Céris Mandine (1689-1755) l’implante en 1711. Il restera actif jusqu’au milieu du xviiie s. L’argile provient de la carrière de la Bayanne, située à environ 1,5 km au nord-ouest, où le potier achète en 1729 une ancienne tuilerie qu’il lui est interdit de réhabiliter. En l’état actuel des connaissances, la diffusion de la production ne semble pas dépasser le cadre local.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vue depuis le sud de la nécropole médiévale recoupée par la tranchée d’installation du canal de drainage de la chapelle Saint-Sulpice |
| Crédits | Cliché : F. Marty (PIPC). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185672/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,6M |
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| Titre | Fig. 2 – Pot de conserve et orjol de l’atelier de Céris Mandine |
| Crédits | Cliché : F. Marty (PIPC). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185672/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Frédéric Marty, « Istres – Rue Saint-Sulpice » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 13 février 2025, consulté le 11 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/185672
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