Richier A., Weydert N. et al. 2016 : Ancien cimetière des Crottes. Prolongement de la ligne 2 du métro de Bougainville vers Capitaine Gèze – 72 avenue Félix Zoccola à Marseille (Bouches-du-Rhône), Rapport final d’opération archéologique, Fouille préventive, Nîmes, Inrap Méditerranée, 6 vol.
Marseille – 21 boulevard du Capitaine-Gèze
Entrées d’index
Année de l'opération :
2023Numéro d’opération :
15052Sujets :
édifice religieux, chapelle, chapelle funéraire, huilerie, moulin, moulin à eau, sépulture, sépulture à inhumation, fosse commune, matériel de broyage, meuleLieux :
France métropolitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Département des Bouches-du-Rhône, MarseilleNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Mosaïques Archéologie
Texte intégral
1C’est dans le quartier en pleine mutation des Crottes, à Marseille, qu’une emprise de 4 300 m2 a été fouillée en fin d’année 2023. Elle se situe à environ 200 m au nord des parcelles investiguées par l’Inrap il y a une dizaine d’années (Richier, Weydert 2016), qui avaient révélé la présence d’un cimetière contemporain (fig. 1).
2Dès le Moyen Âge, la plaine alluviale du ruisseau des Aygalades a vu apparaître des moulins, alimentés par des béals. L’un d’entre eux est d’ailleurs attesté, par les archives, au hameau des Crottes à la fin du xiiie s. Si le centre de la fouille est bien occupé par un moulin, les artefacts retrouvés permettent d’en attribuer la construction au xviie s., tandis que la présence de nombreux blocs en réemploi (dont des fragments de meule) traduit la présence d’un édifice antérieur. Toutefois, nous n’en avons pas retrouvé la trace, car en effet, les nombreux travaux entrepris au cours du xviie s. au niveau des moulins et de leurs aménagements hydrauliques ont fortement impacté les plus anciens. L’arasement des parties supérieures du site a entraîné la disparition du canal d’amenée. Celui-ci alimentait deux roues horizontales pour deux meules à blé (fig. 2), puis l’eau était dirigée vers l’extérieur grâce à des canaux souterrains.
Fig. 2 – Photogrammétrie du moulin avec ses deux chambres humides accueillant les roues horizontales
Clichés : S. Moulières (Mosaïques Archéologie).
- 1 AM Marseille, 5,45 m. Mais une autre source, non consultée, suggère une fondation en 1514. Pourrai (...)
3Directement à l’ouest du moulin, une chapelle a été bâtie (probablement en 16431). Initialement prévue pour un usage privé, elle s’est ouverte à la population du hameau, pour le culte, à peine vingt ans plus tard. Si, dans un premier temps, seuls certains membres de la famille propriétaire y sont inhumés, cela a changé à partir de 1696. Les défunts sont alors, à plus de 90 %, enterrés dans l’église : dans des fosses individuelles ou des caveaux. L’usage de cercueils et de linceuls y est attesté. La présence dans la nef de deux fosses communes dédiées aux périnataux est également à noter. Les autres défunts ont été retrouvés à l’extérieur de l’église, devant la façade, soit dans des fosses individuelles, soit dans une grande fosse commune (fig. 3). L’usage funéraire du lieu a pris fin en 1785, avec l’ouverture d’un nouveau cimetière. À la fin des années 1830, l’église devenue trop petite, face à l’accroissement de la population, subit des nuisances liées à la proximité du moulin. La construction d’un nouvel édifice religieux est alors engagée, mettant fin à l’utilisation de celle-ci en 1840.
Fig. 3 – Vue de la fosse commune recoupée par deux fosses individuelles
Cliché : B. Rochard, E. Jung (Mosaïques Archéologie).
4C’est une dizaine d’années plus tard, en 1851, que le bâtiment, ainsi que celui de l’ancien presbytère qui faisait le lien avec le moulin, a été racheté pour agrandir ce dernier. De nouvelles constructions s’y sont ajoutées et les canaux de fuite souterrains ont été agrandis, dont le principal mesurait environ 35 m de long pour plus de 4 m de large. Depuis au moins 1838, la production de farine avait été abandonnée pour celle de l’huile. L’huilerie a continué à utiliser la force hydraulique jusqu’en 1907, moment où elle a été électrifiée. Puis, l’année suivante, un incendie l’a dévastée. Une nouvelle huilerie de plus vaste envergure a ensuite été reconstruite, en plein âge d’or de l’industrialisation du quartier.
Notes
1 AM Marseille, 5,45 m. Mais une autre source, non consultée, suggère une fondation en 1514. Pourrait-il alors s’agir d’une reconstruction ?
Haut de pageTable des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan de localisation du site |
| Crédits | DAO : M. Couval (Mosaïques Archéologie). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185742/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 371k |
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| Titre | Fig. 2 – Photogrammétrie du moulin avec ses deux chambres humides accueillant les roues horizontales |
| Crédits | Clichés : S. Moulières (Mosaïques Archéologie). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185742/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 316k |
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| Titre | Fig. 3 – Vue de la fosse commune recoupée par deux fosses individuelles |
| Crédits | Cliché : B. Rochard, E. Jung (Mosaïques Archéologie). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/185742/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 477k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Marilou Couval, Simon Moulières, « Marseille – 21 boulevard du Capitaine-Gèze » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 13 février 2025, consulté le 19 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/185742
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