La Cadière-d’Azur – Saint-Jean, réseau d’eau potable
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Année de l'opération :
2022Numéro d’opération :
14324Sujets :
terrasse, terrasse de culture, canalisation, installation hydraulique, drain, fosse, poterie, céramique romaineChronologie :
Préhistoire, Néolithique, Néolithique final, Protohistoire, âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Mosaïques Archéologie
Texte intégral
1Sur la commune de la Cadière-d’Azur, une fouille préventive a été prescrite au lieu-dit Saint-Jean, en amont de travaux sur le réseau d’eau potable menés par la société Canal de Provence. Elle fait suite au diagnostic du service départemental d’archéologie du Var, qui avait mis en évidence des constructions datées de l’Antiquité romaine à proximité d’un site suspecté d’abriter un domaine agricole de cette période. L’emprise s’étend sur 1 800 m2, sur un fuseau mesurant 225 m de longueur pour 8 m de large (fig. 1). L’opération a duré deux mois et demi au printemps 2022.
2Les données recueillies lors de la fouille, en cours d’étude, indiquent une présence humaine antérieure de plusieurs siècles à l’occupation antique. Un lot de tessons de céramique a été collecté, possiblement issu d’un même vase, et pourrait remonter au Néolithique final. Pour la Protohistoire, six structures ont été identifiées (fosses, foyers et trous de poteau), qui correspondent à au moins trois phases d’occupation de l’âge du Fer.
3À l’époque romaine se développe une agriculture en terrasse, adaptée au dénivelé du terrain vers le sud-est. La fouille a mis en évidence des murs de soutènement et de délimitation de parcelles dans lesquelles ont été identifiés les vestiges d’un vignoble. D’autre part, la présence de structures hydrauliques (paléochenaux, drains, fossés et canalisation) témoigne d’une problématique de gestion de l’eau. En revanche, aucun bâtiment n’a été identifié, ce qui renforce l’idée d’un établissement situé au sommet du lieu-dit Saint-Jean.
4En termes chronologiques, la céramique recueillie (amphores, sigillées sud gauloises, céramique à pâte claire récente) décrit une installation au milieu du ier s., puis un abandon dans la deuxième moitié du iie s. (sigillées claire A, claire B).
5La partie ouest de l’emprise, la zone 1, située en haut de pente, est la mieux structurée. Les parcelles de culture s’organisent autour d’un chemin empierré d’axe nord-sud large de 2,50 m en moyenne et bordé de murs en pierre sèche. Il abrite une canalisation dotée d’une forte pente d’écoulement des eaux vers le sud, constituée de blocs calcaires de parement et de dalles de couverture posées à plat.
6Deux longs murs perpendiculaires au chemin (19 m à l’ouest, 18 m à l’est, incomplet) délimitent les parcelles. La terrasse inférieure est la seule à avoir conservé des niveaux antiques en place. La couche de terre agricole, au sédiment remanié et hétérogène, accueille au moins deux réseaux de traces agraires. Des fosses, semble-t-il viticoles, de type alvei, ont été identifiées, ainsi qu’un ensemble, postérieur, de fosses quadrangulaires arboricoles. Le sol agricole a ensuite été laissé à l’abandon, recouvert par l’effondrement des murs et par un épais remblai contenant de la céramique très fragmentée.
7En zone 2, à l’est, le parcellaire s’appuie sur un mur de soutènement de 35 m de long d’axe nord-sud. La terrasse inférieure a également conservé une couche agricole abritant les traces du vignoble, visible ici sous forme de fosses de type sulci avec tranchées de provignage et de fosses allongées (alvei).
8Vers le sud-est, le mur emprunte le tracé d’un ancien chenal, dans lequel est également installé un fossé de drainage, sur la terrasse supérieure. Ce dernier prend son origine vers l’ouest de l’emprise de fouille, et servait sans doute à drainer les eaux du fond du vallon et peut-être aussi celles de la canalisation de la zone 1.
9À l’est, la zone se découpe en plusieurs espaces, moins bien définis, mais également dévolus à la viticulture, en attestent les nombreuses traces de plantation de type alvei. Ces parcelles sont séparées par des niveaux empierrés bordés de murs, et recouverts après leur abandon d’épais niveaux sableux. Il pourrait s’agir de paléochenaux canalisés par des murs, mais l’hypothèse d’axes viaires n’est pas à exclure. Un usage mixte reste également une possibilité. L’étude se poursuivra cette année afin de préciser la chronologie et la caractérisation des vestiges, qui semblent en cohérence avec le contexte varois d’un essor agricole au ier s. apr. J.-C. suivi d’une forte restructuration des espaces ruraux au début du iiie s.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vue générale de la fouille depuis le sud |
| Crédits | Cliché : V. Lauras (Globdrone). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/186222/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,4M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Guillaume Gobbe, « La Cadière-d’Azur – Saint-Jean, réseau d’eau potable » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 20 février 2025, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/186222
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