Brun J.-P., avec la collab. de Borréani M. 1999 : Carte archéologique de la Gaule, Pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost, Le Var 83/1 et 83/2, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres (coll. CAG, 83-1 et 83-2), 984 p.
Montmeyan – Réseau d’eau brute
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Année de l'opération :
2022Numéro d’opération :
14211Chronologie :
Préhistoire, Néolithique, Néolithique moyen, Protohistoire, âge du Bronze, Bronze ancien, âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, époque moderneNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département du Var
Texte intégral
1La société du Canal de Provence (SCP) programme en 2023 la rénovation et l’extension du réseau en eau brute à usage agricole à Montmeyan. Ce tracé de 20 km traverse l’ensemble du territoire communal, depuis la prise sur la retenue de Quinson au nord jusqu’à la limite avec la commune de Fox-Amphoux au sud. Les prospections pédestres de la phase 1 ont permis de prendre la mesure de l’état des sols traversés par le projet de la SCP : le suivi du réseau d’adduction principale s’est avéré complètement négatif tandis que le réseau de distribution secondaire a conduit à retenir quatre secteurs pour procéder à des investigations à la pelle mécanique (phase 2). Au terme des prospections, seulement deux indices archéologiques sont venus augmenter la carte des sites sur la commune de Montmeyan, à savoir une activité de débitage de silex dans une prairie au bord du ruisseau de Beau-Rivé (Cocnillet) et un nouvel établissement rural de la fin de l’âge du Fer et/ou de la période romaine (Coste-Belle).
2Trois des quatre secteurs évalués à la pelle ont délivré des informations archéologiques plus ou moins notables, appartenant à différentes périodes chronologiques. Quant au quatrième secteur à Coste-Belle, un épandage de mobilier (nucleus, céramique modelée à décor de bouton) dans les colluvions de pente, signale simplement l’existence d’un site du Néolithique ou du Bronze ancien sur des parcelles attenantes en direction de l’est. Les trois autres secteurs ont livré des vestiges indécelables en surface, tout d’abord une occupation de plaine du Néolithique moyen, lieu-dit Sous Chemin de Quinson. Celle-ci se matérialise par un foyer circulaire FY 71 de 1,10 m de diamètre et à radier de pierres chauffantes en calcaire, lequel a été creusé en cuvette dans un paléosol mal conservé. À l’intérieur, la structure n’a piégé que très peu de céramique et un mince niveau charbonneux sous le radier dont la datation est calibrée au 14C entre 4236 et 3994 av. J.-C. (fig. 1).
Fig. 1 – Plan et coupe du foyer FY 71 à radier de pierres chauffantes, Néolithique moyen
DAO : C. Jaouën (SDA Var).
3Dans le secteur de Brégous, la ligne de tranchées ouverte en contrebas au sud du sommet aplani de l’Eiglier a révélé sur près de 100 m de long une série de fondations de massifs et de murs plus ou moins rapprochés, liés à la terre et aux orientations divergentes, lesquels associent aux pierres calcaires quelques fragments de tegulae. Les travaux agricoles ont largement écrêté les structures au-dessous des niveaux archéologiques, ne laissant plus en place que le lit de pierre au fond de la tranchée de fondation, parfois remanié et sans lien stratigraphique. Plus en surface, un épandage de mobilier : céramique modelée et amphore italique, dolium, céramique commune claire romaine. Ces sols sont désormais chargés d’eau, ce qui indique qu’à l’époque romaine l’environnement était plus sec et que cette hydromorphie est postérieure à l’abandon du site. Les vestiges que l’on peut fixer entre la fin de l’âge du Fer et le Haut-Empire correspondent à ceux d’un établissement rural, dont la découverte en prospection remonte à 1990 (Brun, Borréani 1999, p. 527).
4Le dernier secteur investigué se situe au lieu-dit Les Rayères, à l’est du village de Montmeyan, le long de la bordure nord de la route RD 30 et au passage du Beau Rivé sous un pont. Les tranchées ont mis au jour dans la partie ouest l’empierrement et la bordure sud en pierre calcaire très dégradés de l’ancien chemin de Régusse, et à l’est de l’actuel lit du ruisseau, l’aménagement d’un gué sans doute antérieur au xixe s. et à la construction d’un pont, comme l’indique la carte de Cassini en 1780. Huit des grandes pierres de gué (ST 133), alignées et plantées de chant dans le pavement même de la chaussée, ont été retrouvées à 1,50 m de la bordure nord du chemin. Régulièrement espacées (entre 0,40 et 0,45 m), ces blocs qui dépassent d’environ 0,25 à 0,30 m appartiennent à un dispositif couramment placé sur le côté aval d’un cours d’eau, permettant au fil de l’eau de passer dans les intervalles laissés par les blocs et aux piétons de traverser à sec. À l’exception des aménagements de gué encore en place, les vestiges découverts à l’occasion du diagnostic de Montmeyan sont dans leur ensemble ténus ou très dégradés, voire détruits, sinon sans stratigraphie associée.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan et coupe du foyer FY 71 à radier de pierres chauffantes, Néolithique moyen |
| Crédits | DAO : C. Jaouën (SDA Var). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/186352/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 246k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Patrick Digelmann, « Montmeyan – Réseau d’eau brute » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 20 février 2025, consulté le 09 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/186352
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