Le port romain de Fréjus
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Année de l'opération :
2023Numéro d’opération :
15088Nature de l'opération :
projet collectif de rechercheNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ville de Fréjus
Texte intégral
1Le projet collectif de recherche sur le port romain de Fréjus a continué pour sa quatrième année et a été concentré sur les zones II et III (fig. 1).
2L’opération de terrain menée dans le secteur des quais orientaux (zone II) a apporté des données cruciales sur les méthodes de construction et a confirmé l’existence d’un plan d’eau élargi à l’est du bassin portuaire proprement dit. Ainsi, comme cela a été mis en évidence en 2022, celui-ci pourrait s’étendre jusqu’au pied du promontoire de la Plate-Forme et confirme bien que les structures portuaires de l’est du bassin étaient localisées, à l’origine, entièrement en pleine mer.
3Les deux portions connues de quai sont édifiées selon une même méthode comportant une partie immergée construite en béton de pouzzolane banché et une autre, émergée, composée de murs à double parement en opus cæmenticium, dont deux profils ont été définis.
4Les caissons en bois, nécessaires à la construction des parties immergées, ont été mis en évidence dans deux sondages. Ils correspondent à l’une des techniques de construction des jetées des ports artificiels recommandées par Vitruve dans son livre V (12, 2). Ainsi, bien que découverts partiellement, on peut définir qu’il s’agit de coffrages (arcæ) constitués par des planches disposées verticalement, maintenues par des pieux verticaux (destinæ) et des traverses horizontales (catanæ), l’ensemble étant fixé dans le fond marin par des grands pieux (stipites) encadrant la structure. Ces derniers sont constitués de troncs en pin maritime de plus de 0,30 m de diamètre. Les autres éléments sont également en pin maritime, alors que les chevilles et tenons sont en chêne et en frêne (fig. 2). L’excellent état de conservation de ces niveaux immergés (à l’est) est probablement dû à leur ensablement rapide, que l’on situe dans le courant du iiie s. apr. J.-C.
5Néanmoins, les modalités de fonctionnement de ces structures portuaires, en particulier la physionomie des parties émergées, interrogent. En effet, la possibilité de donner un accès à un plan d’eau situé à l’est oblige à reconsidérer l’idée que ces structures de quais ne soient uniquement accessibles que depuis l’ouest. Contrairement au môle/quai sud et à la jetée méridionale, ces structures ne sont apparemment pas bordées d’un mur de séparation avec la haute mer. En outre, la présence d’un « couloir » central, inconnu jusqu’alors, interroge sur leur fonctionnement. Faut-il alors envisager qu’il s’agisse d’une jetée au sein d’un bassin portuaire plus vaste permettant l’accostage de part et d’autre de la structure ?
6Les données issues de la poursuite de l’étude dans le secteur de la Lanterne d’Auguste (zone III), sur les techniques et matériaux de construction du mur brise-vague de la jetée méridionale, ont beaucoup apporté. Ainsi nous avons pu confirmer la présence d’un glacis en petit appareil situé à l’ouest (fig. 3), au pied du mur, marquant la limite avec la mer et constituant une partie aménagée pour s’opposer aux courants, à la houle, etc. Dans ce cas, le rôle de môle protecteur d’un bassin protégé est clairement avéré.
Fig. 3 – Vue de détail du parement du glacis en pied du mur brise-vague de la jetée méridionale
Cliché : DAPVF.
7Les analyses minéralogiques et physico-chimiques sur les mortiers ont continué cette année en tenant compte, cette fois, de leur composition en fonction du positionnement par rapport au niveau marin. En effet, les dosages en pouzzolane et éléments volcaniques paraissent différents entre les parties basses et les parties hautes. L’explication de ces variations fera l’objet des questionnements à venir.
8Enfin, les études menées sur l’origine des matériaux lithiques ont débuté cette année et apportent de précieuses informations, notamment sur la question des logiques d’approvisionnements. Elles ont permis de mettre en évidence l’utilisation massive dans le remplissage des maçonneries en opus cæmenticium d’une roche particulière en trachyte rouge-orangé. On la trouve notamment dans le secteur de la Lanterne d’Auguste, en surface de la plate-forme du quai sud, mais également en surface à l’angle du quai oriental. Le point d’extraction le plus proche a été localisé en bordure immédiate de la mer, à l’entrée du port actuel de Santa Lucia à Saint-Raphaël, et permet d’envisager, avec un intérêt certain, les logiques d’approvisionnement du chantier depuis un point proche par voie de mer. En revanche, l’emploi d’autres éléments allogènes, notamment des calcaires bioclastiques mis en évidence dans des structures du quai sud, témoigne de circuits plus distants.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Localisation des quatre zones d’étude du PCR « Port romain de Fréjus » |
| Crédits | DAO : DAPVF. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/186582/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 625k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue en cours d’opération de la partie haute des caissons en bois |
| Crédits | Cliché : DAPVF. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/186582/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,6M |
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| Titre | Fig. 3 – Vue de détail du parement du glacis en pied du mur brise-vague de la jetée méridionale |
| Crédits | Cliché : DAPVF. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/186582/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 382k |
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| Titre | Fig. 4 – Orthophotographie du parement sud, partie ouest |
| Crédits | Cliché : DAPVF. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/186582/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 648k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Pierre Excoffon, Emmanuel Botte et Nicolas Carayon, « Le port romain de Fréjus » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 21 février 2025, consulté le 04 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/186582
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