Le Thor – Place Verdun
Entrées d’index
Année de l'opération :
2023Numéro d’opération :
14040Chronologie :
époque médiévale, Haut Moyen Âge, époque carolingienne, Moyen Âge classique, Bas Moyen Âge, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
opération de diagnosticPlan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de Vaucluse
Texte intégral
1Un projet de construction de logements sociaux situé en plein cœur du centre historique du Thor a motivé la prescription de ce diagnostic. Six sondages ont été réalisés (fig. 1) et tous se sont révélés positifs. Les structures mises au jour ont pu être réparties en six grandes phases qui témoignent de l’évolution du quartier sur le long cours. Ces différentes phases ont pu être datées grâce à des analyses au 14C et à l’étude du mobilier.
Fig. 1 – Orthophotographie en plan des sondages et coupe géomorphologique
Échelle : 1/500.
Clichés et DAO orthophotographie : R. Gagon (SADV) ; DAO coupe : Q. Borderie.
Phase 1 : ixe-xe s.
2Des niveaux tourbeux, repérés dans une fosse du sondage 5, ont pu être datés du ixe-xe s. grâce au 14C. D’autres datations de prélèvements de tourbes ont confirmé une occupation du site, dont la nature restera à définir précisément, dès le ixe s. C’est sans doute le résultat le plus remarquable et inédit du diagnostic, sachant que la première mention écrite de l’existence de la ville remonte à 1125, lors du partage de la Provence entre les comtes de Toulouse et de Provence.
Phase 2 : xie-xiie s.
3Cette phase se caractérise par la mise en place d’un parcellaire en lanière matérialisé par de puissantes maçonneries en arête de poisson, avec des joints tirés au fer, découvertes au nord du sondage 4 (fig. 2). Deux de ces murs, d’orientation nord-ouest – sud-est, sont particulièrement bien conservés (plus de 1 m d’élévation sauvegardée), à seulement quelques centimètres de profondeur. Ces murs sont similaires au premier rempart encore existant et situé non loin du terrain du diagnostic.
4Une puissante maçonnerie qui traverse l’extrémité sud du sondage 5 a pu être datée de cette phase par radiocarbone.
Phase 3 : xive s.
5Le parcellaire mis en place lors de la dernière phase n’existe plus, sans doute à cause de nouveaux dépôts tourbeux datés du xiiie s. Les maçonneries en arête de poisson sont arrasées, et surmontées par d’autres structures dans le sondage 4 (fig. 2). Dans le sondage 1, une rue empierrée et traversée par un caniveau a été découverte (fig. 3). Elle témoigne d’un axe est-ouest majeur qui relie le château, situé de l’autre côté de la rue des Baraudes, à l’église Notre-Dame-du-Lac. D’autres murs, bien construits (double parement en calcaire froid et blocage), mais presque entièrement arrasés dans les sondages 1 et 2, ont été attribués à cette phase.
Phases 4 et 5 : xviiie-xixe et xxe s.
6Ce sont les phases qui regroupent le plus de vestiges et témoignent, à travers des murs et des sols, du quartier d’habitation qui se tenait là et qui est visible sur le cadastre napoléonien.
Phase 6 : seconde moitié du xxe s.
7Les maisons des deux phases précédentes sont détruites afin de construire les logements qui seront à leur tour démolis au printemps 2023 pour mener à bien le projet à l’origine du diagnostic.
8Des observations géomorphologiques ont permis de reconnaître six ensembles pédo-stratigraphiques (EPS) qui témoignent de l’aménagement par l’homme de cette zone humide. Le terrain géologique le plus ancien est un dépôt carbonaté (EPS I) qui prend l’apparence d’un calcaire marneux blanchâtre dont la géométrie avec un fort pendage du sud-est au nord-ouest suggère la présence d’un dôme exondé qui aurait alors permis l’installation humaine à l’abri de la zone humide adjacente. La pédogenèse du sommet de ce dôme renforce cette hypothèse. En effet, le sommet des dépôts carbonatés est altéré en argiles gris-bleu de décarbonatation, dans lesquelles s’est formé un sol brun peu évolué et très mal conservé (EPS II). Le troisième ensemble pédostratigraphique (EPS III) est composé d’épais dépôts de tourbes, identifiés dans une large moitié nord du chantier et dont la mise en place semble s’étaler entre le ixe et le xiie s. Au centre du chantier, les tourbes se trouvent en comblement des structures creusées dans les dépôts calcaires, mais au nord, elles constituent le substrat de structures archéologiques. Au sud du chantier, le sommet des dépôts carbonatés est aménagé par un creusement très vaste (EPS IV), dont seul le bord nord a été retrouvé. Cette imposante structure fait plus de 1,50 m de profondeur, sans que le fond ait été trouvé, et s’étend sur plus de 25 m d’est en ouest sous la tranchée SD3. Son comblement indique que cette vaste structure a été rebouchée volontairement, en plusieurs phases séparées par des pauses. Les vestiges archéologiques maçonnés, médiévaux et modernes, représentent l’EPS V. Enfin, d’épais remblais modernes à sub-contemporains (EPS VI) participent au nivellement de toute la zone, lui donnant la topographie et le relief constaté avant la destruction récente des bâtiments et le diagnostic archéologique.
9Cette opération s’est également accompagnée d’une étude archivistique qui s’est d’abord concentrée sur le xxe s., puis s’est poursuivie par un travail exploratoire pour les données les plus anciennes.
Table des illustrations
![]() |
|
|---|---|
| Titre | Fig. 1 – Orthophotographie en plan des sondages et coupe géomorphologique |
| Légende | Échelle : 1/500. |
| Crédits | Clichés et DAO orthophotographie : R. Gagon (SADV) ; DAO coupe : Q. Borderie. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/187835/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 906k |
![]() |
|
| Titre | Fig. 2 – Vue des murs découverts à l’extrémité nord du sondage 4 |
| Crédits | Cliché : R. Gagon (SADV). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/187835/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,6M |
![]() |
|
| Titre | Fig. 3 – Vue de la rue empierrée est-ouest découverte dans le sondage 1 |
| Crédits | Cliché : R. Gagon (SADV). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/187835/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,5M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Raphaël Gagon, « Le Thor – Place Verdun » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 26 février 2025, consulté le 18 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/187835
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page







