Delomier C., Valette C. 2002 : Chambles (Loire). Le château d’Essalois : étude archéologique de la tour nord avant travaux de restauration.
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
2213340Chronologie :
époque médiévale, Moyen Âge classique, Bas Moyen Âge, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
opération de diagnosticPlan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Delomier C. 2019 : Chambles (Loire, Auvergne-Rhône-Alpes) Essalois, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.
Texte intégral
1Un diagnostic archéologique a été prescrit par le SRA de la Drac en amont du projet de réaménagement du rez-de-chaussée du château d’Essalois, conformément à l’article R523-30 du code du Patrimoine. Le maître d’ouvrage, le Syndicat mixte d’aménagement des gorges de la Loire (SMAGL), présente en effet un dossier exécuté par le maître d’œuvre, proposant une réorganisation des circulations et des espaces afin d’accueillir le public dans de meilleures conditions : aménagement de salles d’expositions permanentes et temporaires et de sanitaires, le tout accompagné de la mise aux normes règlementant les établissements recevant du public.
2En définitive, ni les sondages sédimentaires, ni les sondages ouverts dans les parois murales, ni l’examen des espaces devant être restaurés ne montrent de vestiges susceptibles de relever de la période médiévale.
Fig. 1 – Périmètre de l’intervention archéologique, sédimentaire et bâti
Échelle : 1/500.
Levé et DAO : J. Boudry (Inrap).
3Nous resterons cependant très prudents sur la proposition de chronologie relative qui suit. Seul le dépouillement des devis, factures et restaurations entreprises par Hippolyte Sauzéa nous permettrait de consolider ce qui ne peut rester qu’une hypothèse de travail. Les armoiries Sauzéa, apposées sur le pignon occidental, sont manifestement d’inspiration médiévale : « qui porte d’azur à trois fasces d’or ; sur le tout, un lion de sable armé et lampassé de gueule ». Elles n’attestent en aucun cas une datation médiévale pour la paroi qui les porte.
État 1a (xiiie s.)
4La tour circulaire sud-est correspond à l’élément le plus ancien du château. Il s’agit d’un donjon, ou d’une tour qui joue ce rôle militaire, dont l’entrée haute est en partie conservée au deuxième étage. L’accès à cette porte haute se pratiquait probablement par une échelle extérieure ou par un accès maçonné, détruit lors de la construction de l’escalier en vis. Celui-ci, qui permet aujourd’hui l’accès au donjon, a été mis en place beaucoup plus tard, aux alentours du xve s. ou du xvie s. L’absence d’archère est à souligner, et la partie sommitale était sans doute couronnée de hourds.
5Une typologie des donjons circulaires du comté de Forez reste à élaborer. Néanmoins, grâce à des références connues et datées, comme Anse, en Beaujolais, construit par l’archevêque de Lyon Renaud de Forez et Rochetaillée (1272), on peut, sans grand risque d’erreur, placer à la fin du xiiie s. la mise en place des donjons d’Essalois, de Chambles et de Grangent.
État 1b (xiiie-xive s.)
6Assez rapidement cependant, une première extension vers le nord et l’est (M12, M22) est bâtie. On ne connaît pas avec certitude les limites de cet agrandissement. Il peut s’agir d’une construction limitée tout d’abord à l’environnement immédiat du donjon, butant sur M20 ou plus à l’est de celui-ci, en faisant abstraction des structures M19 ou M18 (sans lien avec cet état de construction). Le mur M22 (M17 ?) constitue une ancienne façade nord du château médiéval. Comment interpréter cette paroi ? Est-ce une courtine liée au donjon ou bien la façade de la demeure d’Arthaude ? Seule une analyse archéologique de cette structure en élévation serait en mesure d’apporter des réponses et une interprétation plausible.
7Une grande enveloppe s’étendant d’emblée jusqu’à M16 semble, à première vue, incompatible avec l’implantation méridionale de la vis.
8Les bâtiments de ferme installés dans la cour méridionale jusqu’en 1957, au moins, ne peuvent être datés avec certitude. Ils pourraient bien avoir été mis en place à la période médiévale et ainsi constituer la basse-cour du château.
État 2 (xve s.)
9La mise en place d’un grand bâtiment rectangulaire sud flanqué d’une tour circulaire à l’est pourrait être un peu plus tardive. L’intérieur de la tour sud est resté inaccessible et très largement restauré, ce qui ne permet pas d’avancer une proposition de datation. Une petite bouche à feu placée en partie basse a sans doute été mise en place lors des guerres de Religion. Elle défendait un accès principal du château, aujourd’hui disparu.
État 3 (xvie-xviie s.)
10La construction d’un corps de logis rectangulaire au nord du premier bâtiment correspond cette fois à une vaste entreprise d’agrandissement et d’apport d’éléments de confort (larges fenêtres à meneaux, cheminées), pour autant que l’on puisse en juger, malgré les pièges de la restauration et des réemplois. Il convient de rester prudent sur la pérennité des éléments lapidaires qui semblent, pour la plupart, être déplacés et réutilisés. Les chaînes verticales piégées dans les tours carrées ouest et nord permettent de restituer avec certitude l’emprise de la dernière demeure du bas Moyen Âge (Delomier-Valette 2002).
État 4 (xviie-xviiie s.)
11Le château médiéval poursuit sa mutation en une demeure assez prestigieuse par l’ajout de deux tours carrées débordantes, placées contre les angles ouest et nord de l’édifice. Elles sont reliées au reste du château par des ouvertures pratiquées dans le mur M6. Les deux tours sont parfaitement symétriques et semblables l’une à l’autre en plan et en élévation (maçonnerie des murs, typologie des ouvertures). Toutefois, la construction quadrangulaire ouest compte un niveau supplémentaire semi-enterré, auquel on accède par une porte, surmontée d’un arc en plein cintre ouvrant sur la façade nord. Seconde différence : cette tour a conservé les séparations entre les étages, dont une voûte d’arêtes au rez-de-chaussée, sa couverture, et certains éléments de son aménagement intérieur.
État 5 (xixe s.)
12Cet état correspond à une phase de reprises, qui portent sur l’ensemble du château : exhaussement des maçonneries des façades, transformations des ouvertures, réemplois, disparition des couvrements et des aménagements intérieurs, ajout de créneaux en briques au sommet des tours carrées, etc.
Fig. 2 – Proposition de chronologie relative dans l’emprise expertisée
Échelle : 1/500.
DAO : C. Delomier (Inrap).
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Périmètre de l’intervention archéologique, sédimentaire et bâti |
| Légende | Échelle : 1/500. |
| Crédits | Levé et DAO : J. Boudry (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/189046/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 730k |
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| Titre | Fig. 2 – Proposition de chronologie relative dans l’emprise expertisée |
| Légende | Échelle : 1/500. |
| Crédits | DAO : C. Delomier (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/189046/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 742k |
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| Titre | Fig. 3 – Proposition d’une chronologie relative générale |
| Crédits | DAO : G. Martin (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/189046/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 546k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Chantal Delomier, « Chambles – Essalois » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 13 juin 2025, consulté le 12 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/189046
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