1L’occupation humaine dans les Alpes par les Néandertaliens a fait l’objet de plusieurs travaux, dès le début du xxe s. L’une des premières théories consacrées à ce sujet est celle d’E. Bächler et du « culte des ours », mais elle est abandonnée à ce jour. Elle fut suivie par la définition d’une culture particulière dans les Alpes, liée à la morphologie de l’industrie lithique : le Moustérien alpin. J.-P. Jéquier (1975), J.-M. Le Tensorer (1998) et T. Tillet (2001) infirment cette hypothèse, en définissant plusieurs faciès selon les sites (Moustérien typique, Moustérien charentien de type Quina, Moustérien de faciès évolués…). Il n’est donc pas possible de parler d’une culture distincte en milieu alpin, ni d’une adaptation homogène des populations ou d’une fréquentation régulière.
2Après presque soixante-dix ans, nous proposons, avec ce projet de prospection thématique, de reprendre les travaux de Spahni et Rigassi afin de documenter les occupations humaines à la fin du Paléolithique moyen dans les Alpes du Nord. La prospection se concentre dans le massif du Chablais, sur l’axe privilégié entre la grotte du Baré et l’abri de Sur les Creux.
3La région du massif du Chablais représente un grand territoire et nous avons donc sollicité la participation des deux clubs spéléologiques actifs dans cette région (Spéléoclub des Mémises et Scasse). Ce sont des acteurs principaux dans la connaissance et la découverte des grottes de la région. L’inventaire réalisé par ces deux clubs nous permettra d’appréhender le secteur à prospecter et leur connaissance du terrain sera d’une grande aide pour le projet.
4L’objectif principal de ce projet est la découverte de sites présentant un potentiel archéologique, mais également de gisements paléontologiques. Ces derniers permettront d’apporter des renseignements sur les paléoenvironnements à la fin du Paléolithique moyen, qui restent encore mal documentés pour la région.