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2017
Littoral Vendée-Nouvelle-Aquitaine

Au large de l’île de Ré – Étude historique de la commune de Rivedoux-Plage

Étude documentaire (2017)
Responsable d’opération : Karine Berthier

Entrées d’index

Année de l'opération :

2017

Numéro d’opération :

302845

Chronologie :

époque moderne

Nature de l'opération :

étude documentaire
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

  • 1 L’auteure remercie Jacques Boucard pour l’aide apportée. Je tiens à signaler deux ouvrages utilisé (...)

1L’analyse des sources historiques, des textes et des cartes, mais aussi des données archéologiques montre le potentiel archéologique du secteur géographique de la commune de Rivedoux-Plage1. L’évolution de l’environnement maritime, avec la mise en place de digues, pour lutter contre les « vimers », est signalée dans les textes à partir du xviiie s. lors de réfections et/ou d’accidents. À travers les documents du chartrier de Thouars, il est fait mention au cours du xvie s., de terre submergée, et donc « gâtée » à proximité du bois de l’abbaye des Châteliers, au lieu-dit « Port des bateaux », vers La Flotte. Au début du xixe s., suite à la destruction de voiries et de maisons d’habitation, des structures de protection sont édifiées pour la conservation de la côte. L’efficacité des digues était renforcée par la présence de nombreuses écluses à poissons qui permettaient d’amortir les effets de la houle sur la côte. En effet, les écluses contribuent à la protection du rivage en ralentissant d’une part l’ensablement des zones qu’elles abritent et d’autre part en brisant la houle. Ce rôle de protection est parfaitement connu au cours de la période moderne comme le relate Le Masson du Parc qui les note comme « nécessaires à conserver par rapport aux costes de cette isle que la mer mine journellement ». La disparition, au cours des xixe et xxe s., des écluses établies dans le secteur de Chauveau et du Défend a fortement contribué à l’érosion et à la dégradation du cordon dunaire de la plage sud de Rivedoux.

Le port de Rivedoux

2L’anfractuosité côtière, souvent associée à un étier, ainsi que la qualité de la grève naturelle, suffisait à assurer, sinon la protection des navires, tout au moins le transbordement de leurs denrées. Il est possible que le port de Rivedoux, mentionné au xve s. dans le chartrier de Thouars, corresponde soit au port Chauvet, situé aux pieds de l’abbaye des Chateliers, soit à un nouveau port établi plus au sud en direction de Rivedoux. Au cours des années 1678-1679, des travaux sont réalisés au « port et havre » de Rivedoux. Le port de Rivedoux dispose durant le Moyen Âge de peu d’installations portuaires. Les bateaux mouillent simplement devant le hameau (fig. 1).

Fig. 1 – Représentation du port de Rivedoux en 1627

Fig. 1 – Représentation du port de Rivedoux en 1627

Source : BnF, site Gallica, carte d’Erault d’Esparée.

3Bien que des travaux soient réalisés au « port et havre » de Rivedoux afin de le mettre en état de « loger des vaisseaux puissants » au cours de la seconde moitié du xviie s., les sources écrites ne permettent pas d’identifier ce port comme celui établi à proximité du village.

Les activités halieutiques en milieu maritime

4Les documents médiévaux soulignent l’importance des activités halieutiques dans la zone nord de Rivedoux-Plage, à proximité du fort de La Prée, et dans le secteur du Défend et de Chauveau. La première mention dans les textes, pour le secteur de Ré date du xie s. Guillaume le Grand donne en 1017 à l’abbaye de Cluny la moitié du cens des pêcheries qu’il possède dans l’île. Les registres de comptabilité de la seigneurie de Ré, issus du chartrier de Thouars signalent l’existence, au début du xve s., d’au moins une vingtaine d’écluses sur le territoire de Sainte-Marie, dont dépend Rivedoux. Il s’agit de sortes d’enclos de pierres aménagés et dans lesquels les poissons se trouvent piégés lorsque la mer se retire. Cependant, les sources écrites demeurent incertaines quant à la localisation de ces structures qui sont parfois situées les unes par rapport aux autres, écluseau tenant à la précédente, ou bien identifiée par rapport aux noms des individus les détenant, ou encore par des noms qui ont disparu. Aux côtés de ces installations, le receveur mentionne la présence de bouchots. L’enquête de 1727, réalisée par Le Masson du Parc, fournit des renseignements supplémentaires sur la localisation de certaines écluses. Il est recensé, entre le village de Rivedoux et Chauveau, une dizaine d’écluses. Ces parcs de pierres sont considérés comme étant assez éloignés du passage ordinaire des vaisseaux, avec toutefois un risque pour les navires longeant la côte vers les rochers de Chauveau. Dans la seconde moitié du xixe s., il n’est plus comptabilisé, entre le fort de La Prée et Rivedoux, que cinq écluses, et entre la Pointe de Sablanceaux et le phare de Chauveau, seulement six (fig. 2).

Fig. 2 – Pêcheries, secteur du Défend, seconde moitié du xixe s.

Fig. 2 – Pêcheries, secteur du Défend, seconde moitié du xixe s.

Source : SHD-Vincennes, MAR CC5 545.

« Épaves et adventures de nauffraiges2 »

  • 2 Archives nationales, 1AP 2002. Termes utilisés dans la comptabilité du xve s. du chartrier de Thou (...)

5Les sources consultées signalent peu de naufrages ou échouages portant des indices de localisation. Les mentions de naufrages ne manquent pas jusqu’au milieu du xviie s., mais trop lacunaires et discontinues, elles restent difficilement exploitables. Notre corpus résulte d’un assemblage hétérogène issu de sources différentes. Les premiers naufrages retenus proviennent du fonds du chartrier de Thouars, essentiellement des débris de bois et des barriques de vin, et par la suite de l’Amirauté (archives départementales de Charente-Maritime, série B). De nombreux naufrages ont lieu sur les côtes de l’île, notamment dans le secteur des Baleines, de Chauveau et moins fréquemment à proximité du fort de La Prée et de Rivedoux. Il a été recensé près d’une trentaine de naufrages dans ce dernier secteur entre le xviie et la fin du xixe s.

6Au sujet des indices d’activités portuaires ou autres aménagements, comme les jetées, les vestiges probables sont plutôt entre la zone de La Prée et la Pointe de Sablanceaux. En revanche, si les informations issues des interventions archéologiques demeurent insuffisantes pour ce secteur et ne permettent pas d’établir un bilan synthétique, elles démontrent l’intérêt d’intervenir sur l’estran et de définir la limite de la commune de Rivedoux-Plage et l’évolution du « platin » sableux. Les vestiges des pêcheries sont encore visibles dans le paysage vers le Défend, tout comme certains ouvrages défensifs sur la Pointe de Sablanceaux. Il serait également intéressant de réaliser des études similaires sur les autres communes de l’île de Ré.

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Notes

1 L’auteure remercie Jacques Boucard pour l’aide apportée. Je tiens à signaler deux ouvrages utilisés pour cette étude : Boucard J. 1984 : Les écluses à poissons dans l’île de Ré, La Rochelle, 385 p. ; Luc A.-M. 2005 : Les gens de la mer dans l’île de Ré au xviiie siècle (1681-vers 1790) : terriens de la mer, marins d’une terre, Thèse université de Poitiers, 4 vol., 749 p.

2 Archives nationales, 1AP 2002. Termes utilisés dans la comptabilité du xve s. du chartrier de Thouars concernant l’île de Ré.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Représentation du port de Rivedoux en 1627
Crédits Source : BnF, site Gallica, carte d’Erault d’Esparée.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/190476/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
Titre Fig. 2 – Pêcheries, secteur du Défend, seconde moitié du xixe s.
Crédits Source : SHD-Vincennes, MAR CC5 545.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/190476/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Karine Berthier, « Au large de l’île de Ré – Étude historique de la commune de Rivedoux-Plage » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 12 juin 2024, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/190476

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Auteur

Karine Berthier

Inrap

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Responsable d’opération

Karine Berthier

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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