Au large de Villefranche-sur-Mer – La rade
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Année de l'opération :
2017Numéro d’opération :
303204Lieux :
France métropolitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Département des Alpes-Maritimes, Villefranche-sur-MerChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque médiévale, époque moderneNature de l'opération :
prospection inventairePlan
Haut de pageTexte intégral
1Le bilan général de cette prospection 2017-276 reste très satisfaisant. Des études qui ont débuté en 1991 et n’ont cessé depuis. Même si la totalité de notre programme de travail n’a pas été atteinte. Pas assez de temps, les journées sont bien trop courtes en novembre. À la vue des éléments scientifiques collectés, les avancées archéologiques et historiques obtenues lors de cette prospection 2017 sont considérables. La qualité du mobilier archéologique l’atteste une fois encore avec de nouvelles découvertes qui, une fois restaurées et analysées, apportent des données scientifiques particulièrement intéressantes pour comprendre les contextes historique et maritime des lieux sur cette route maritime complexe basée principalement sur un axe commercial entre l’est et l’ouest de la Méditerranée.
Les bases portuaires antiques de Portus Olivula découvertes et étudiées
2Comme nous le pensions depuis plusieurs missions et guidés sur cette voie par l’historien Dominique Tailliez, la zone située devant le port de la Santé correspond bien au site portuaire antique de la rade de Villefranche-sur-Mer. Ce site se devait obligatoirement de posséder une base maritime antique implantée sur ce vaste site de mouillage afin d’apporter eau douce et autres denrées alimentaires aux flottes contraintes au mouillage en rade par des raisons météorologiques défavorables. Lors de nos immersions, et une étude méthodique de la zone, nous avons mis au jour six tessons d’amphores antiques qui gisaient sur ce petit tombant rocheux. Ce mobilier antique est formé de fragments de panses d’amphores et surtout d’un cul d’amphore gauloise à fond plat, à vin, de type Gauloise 3. Cette avancée rocheuse naturelle permettra d’asseoir les bases portuaires et architecturales du premier port antique de Portus Olivula. Cet abri naturel situé au pied des Alpes, situé entre Gênes et Marseille, se transformera, au fil des siècles et des aménagements architecturaux, en port de la Santé. La découverte de ce mobilier antique, même modeste, confirme donc ce que pensaient depuis des décennies les historiens locaux. Il ne restait alors qu’à mettre au jour les preuves de ses hypothèses. Ce qui est fait maintenant. Une étude des lieux plus poussée est naturellement envisagée dans l’avenir sur cette zone bien précise.
Les analyses des os et des dents
3Les os et les dents prélevés lors de cette prospection ont été confiés, comme chaque année, aux techniciens du musée de Préhistoire régionale de Menton. Les résultats de ces analyses nous apportent de précieuses données avec notamment l’inventaire complet des animaux transportés à bord et consommés au fil des escales dont l’incontournable rade de Villefranche.
4L’épave Villefranche 4 dite également épave du Palais de la Marine est toujours bien présente sous les eaux de la rade avec la moitié de sa coque qui émerge du sable au gré des coups de mer. Cette grande épave parfaitement conservée dans son ensemble est en attente d’une étude approfondie que nous mènerons sans doute prochainement.
Inventaire du mobilier
5À noter, entre autres, dans l’inventaire des 140 vestiges découverts sur les zones sélectionnées, des pièces exceptionnelles par leur rareté et leur parfait état de conservation. Ces vestiges sortent des inventaires des mobiliers archéologiques classiques avec bien entendu des origines principalement tournées vers les grandes villes d’Italie.
6À noter donc : un bol pisan du xive s. ; des faïences ligures aux motifs délicats et uniques ; un plat à barbe de Varages ; deux assiettes datées du xvie s. en provenance de Catalogne ; des couverts en bronze et en étain ; une assiette polychrome produite au xviie s. dans la vallée de l’Huveaune comportant comme décor principal un oiseau finement gravé ; un grand plat du Portugal, daté du xviie s., avec décor héraldique comportant un heaume surmonté d’un lion... et même des fragments de porcelaine chinoise... (fig. 1). Des petites merveilles qui seront présentées rapidement au sein de l’exposition d’archéologie sous-marine Trésors d’épaves, les routes maritimes de la Méditerranée, au musée de Préhistoire régionale de Menton, dépôt officiel de nos fouilles sous-marines.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Montage mobilier Rade de Villefranche 2017 |
| Crédits | Cliché : É. Dulière (Anao). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/190723/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,4M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Éric Dulière, « Au large de Villefranche-sur-Mer – La rade » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 06 juin 2024, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/190723
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