1Le site est localisé à l’entrée de la passe des Sanguinaires.
2Le sondage sur l’épave Sanguinaires C s’est déroulé du 29 avril 2017 au 31 mai 2017.
3Après enlèvement du tissu géotextile, un nettoyage systématique des vestiges ligneux a été effectué ainsi qu’un relevé de mesures. Ensuite, conformément aux prescriptions Drassm, deux zones de 2 x 2 m maximum ont été dégagées avant la prise de mesures et de photos. Compte tenu de la mise au jour probable de l’extrémité nord du site, une mesure de la totalité du site ainsi que son orientation a été refaite. On retrouve bien les valeurs de 2016, à savoir une longueur de 17,40 m pour une largeur maximum de 12,37 m avec un axe présumé de la quille à 315°.
4L’étude des vestiges ligneux montre que l’on se trouve en présence d’un navire avec une coque à clin. Cet assemblage à clin du galbord et du ribord a été observé au niveau du fourcat V 1s et au niveau de l’élément de membrure (allonge ou varangue) V 4n. Il s’agit là d’une « signature architecturale » totalement étrangère aux pratiques des chantiers navals méditerranéens. La seule épave de comparaison localisée en Méditerranée est celle de Cavalaire (Var) qui daterait, avec une certaine réserve, de la seconde moitié du xve s. (Delahaye 1998). Cette épave, qui serait d’origine Atlantique et peut-être basque ou tout au moins du nord de l’Espagne, possède un galbord et un ribord assemblés à clin vers les extrémités. En revanche, les galbords et ribords du « corps » de la coque sont disposés à franc-bord. Par ailleurs, la partie supérieure du bordé apparaîtrait assemblée à clin. Enfin, les trois quarts des varangues et des fourcats sont flottants (sans assemblage) par rapport à la quille. Il s’agit là de caractéristiques que l’on retrouve dans l’épave Sanguinaires C. Ajoutons que des céramiques du nord de la Ligurie ont été retrouvées dans l’épave de Cavalaire comme dans l’épave Sanguinaires C.
5La présence en Méditerranée de navires d’origine basque et cantabrique est attestée dans les sources écrites, à Gênes notamment, dans la fin du xiiie s. Sur le plan archéologique, outre l’épave de Cavalaire, une seconde épave d’origine cantabrique datée du xve s. est à considérer : celle de Barceloneta 1 (Barcelone) fouillée en contexte terrestre et dont les vestiges conservés correspondent à une partie d’un flanc bordé à clin. De ce fait, on ignore de quelle manière les fonds, au niveau de la quille, étaient assemblés (Soberon 2010).
6Le mobilier archéologique découvert comprend des céramiques pisano-ligure avec un albarello décoré « a berettino », un pilulier, des coupes et bols pisans « graffite a stecca » datés de la seconde moitié du xvie s. (fig. 1), un fragment de coupe à glaçure monochrome jaune « a grafitto », fragments de pichet en faïence « a berettino », fragment de coupe polychrome « a graffita ». Toutes ces céramiques ont été traitées suivant le guide de conservation du Drassm.
Fig. 1 – Bols pisans « graffite a stecca »
Cliché : H. Alfonsi.
7Après étude et photographie, les vestiges ligneux ont été protégés par un tissu géotextile, recouverts des pierres de la cargaison et de sable comme avant dégagement pour le sondage.