1Le diagnostic archéologique réalisé sur les parcelles AO73 et AO74 au 24 route de Ternay, à Sérézin-du-Rhône, a permis de mettre en évidence les restes d’une villa de l’époque antique.
2Dans les neuf sondages ouverts, des constructions sous la forme de maçonneries, de niveaux de sol et d’une mosaïque, témoignent de la présence d’un habitat d’exception. La demeure, dont l’extension dépasse la stricte limite de l’emprise du diagnostic, semble avoir été installée sur un même niveau, malgré la légère pente observée sur le terrain.
Fig. 1 – Plan général des vestiges avec repositionnement de la mosaïque déposée
DAO : Gruyer, C. Ramponi, V. Vachon (Inrap).
3C’est dans le haut de la pente, au sud-est, là où se développe le plus de sédimentation, que les vestiges sont les moins bien conservés (extrémité sud-est de la tranchée 2 et tranchée 3). Ailleurs, leur conservation est très inégale. Ainsi, outre l’emplacement des mosaïques prélevées, nous avons pu observer d’autres points d’investigation ayant traversé les niveaux en place jusqu’aux maçonneries ou jusqu’aux sols. Nous les interprétons comme des sondages réalisés dans les années 1970, parallèlement à la fouille, certainement pour retrouver d’autres mosaïques. Aux endroits non percés, nous avons constaté l’intégrité des aménagements et des niveaux de démolition, même dans le bas de la pente, où ces derniers apparaissent sous la terre végétale (tranchées 1, 2, 6 et 9). De manière générale, l’épaisseur des sédiments en place est de 0,40 à 0,60 m, et la conservation des maçonneries, sans les fondations, peut atteindre 0,70 m.
4Plusieurs espaces construits sont identifiables, sans que nous ne puissions en appréhender la géométrie et la fonction. Les nombreux fragments de tubulures, présents dans les remblais de la tranchée 3, indiquent des pièces chauffées, et la « pièce basse » de la tranchée 4 peut-être un petit bassin. L’emplacement des mosaïques prélevées en 1971 a bien été identifié (Leglay 1973). La datation de l’occupation reste assez large, avec des productions augustéennes et des mobiliers plus tardifs, du milieu du iiie s. apr. J.-C. La pauvreté en céramique et autres mobiliers datants ne permet pas de proposer un scénario abouti de l’occupation, notamment en ce qui concerne la réorganisation des espaces, visible dans la superposition de sols ou la reprise de maçonneries.
5Enfin, aucun élément anthropique n’a été retrouvé dans les colluvions postérieures à l’abandon, et l’on suppose qu’aucune occupation pérenne des parcelles ne s’est opérée entre l’abandon de la villa et l’implantation des maisons situées au sud-est de l’emprise.
6Cette découverte est bien évidemment à mettre en relation avec les vestiges fouillés directement au nord-ouest de la parcelle, vestiges de la même villa (Nouet C., Sérézin-du-Rhône – 13 rue de la Sarrazinière, 2019). L’ensemble dessine une vaste résidence, dont cette fouille n’a appréhendé qu’une petite partie. En effet, pourquoi ne pas rattacher les découvertes réalisées lors de la construction de la gare de Sérézin, 100 m en contrebas, et plus récemment celle de l’allée des Sapins à Ternay, située à moins de 300 m (Blaizot 2010), à cette résidence et ses dépendances ?