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2008
19 – Corrèze

Saint-Cyr-la-Roche – 4 place des Ormeaux

Fouille programmée (2008)
Responsable d’opération : Jacques Roger

Entrées d’index

Année de l'opération :

2008

Numéro d’opération :

2843

Chronologie :

époque médiévale

Nature de l'opération :

fouille programmée
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture

Texte intégral

1La fouille archéologique réalisée depuis le printemps 2007 s’est poursuivie en 2008 par son agrandissement à l’ouest (cf. BSR 2007, p. 26). Pour rappel, la découverte du site fait suite à la mise au jour d’une fosse sépulcrale dans une grange qui, après un premier examen, s’est révélée être le lieu d’un cimetière. La présence de tombes aussi éloignées de l’église actuelle (située à plus de 200 m plus à l’est) posait la question de l’existence, ou pas, d’un autre édifice religieux aujourd’hui disparu ainsi que de sa datation.

2Les premières mentions de la paroisse de Saint-Cyr datent du dernier tiers du xie s., d’après le cartulaire d’Uzerche. La construction de l’église actuelle est en revanche plus difficile à placer chronologiquement. L’essentiel de son élévation s’inscrit entre le xive et le xve s., bien que l’on ne puisse pas exclure des soubassements plus anciens (xiie s. ?). Un cimetière attenant au nord était présent, ce dernier ayant toutefois été transféré à partir de 1660 sur une parcelle plus septentrionale (autour de l’actuel monument aux morts).

3La surface étudiée, de l’ordre de 400 m2, a permis de mettre en évidence une première occupation humaine caractérisée par une nécropole où 78 creusements sépulcraux ont été repérés. Les nouvelles tombes mises au jour confirment l’organisation et la répartition entrevues lors de la campagne précédente : quasi absence de recoupement, orientation principale est-ouest, absence d’organisation, association par groupe. On peut seulement indiquer la présence de deux fosses orientées nord-sud, dont la fonction funéraire est probable. Les limites de l’emprise de ce cimetière ne nous sont pas connues, excepté peut être du côté oriental, caractérisé par une absence de tombe. La campagne 2008 n’a pas révélé de bâtiment religieux, si tant est qu’il y en ait eu un.

4L’excellente conservation des creusements sépulcraux dans le terrain naturel (du grès en l’occurrence) et la présence de nombreuses traces d’outils nous a conduit à affiner l’analyse sur la technique de taille avec l’aide d’un tailleur de pierre (T. Grégor), permettant notamment pour certaines tombes de déterminer avec précision les gestes et positions du ou des fossoyeurs de l’époque, et de confirmer la présence de fosses taillées de façon similaire.

5Ces excavations présentent la même morphologie, bien que certaines soient plus arasées que d’autres, leur profondeur pouvant atteindre jusqu’à 0,90 m taillée dans la roche. La partie supérieure de la fosse prend une forme rectangulaire, alors que la partie inférieure se singularise par son adaptation au corps du défunt, prenant ainsi en compte le volume de la tête (réserve céphalique), la largeur des épaules et du tronc pour se rétrécir au niveau des membres inférieurs. L’individu était donc déposé dans la partie inférieure de la fosse puis recouvert par un couvercle en matière périssable (planche de bois par exemple), comme l’atteste encore la présence de charbons de bois retrouvés dans trois tombes. La partie supérieure du creusement est ensuite comblée de terre, le marquage de la tombe pouvant être simplement constitué d’un monticule de terre. Si leur forme est parfaitement conservée, il n’en est pas de même pour les ossements. Ces derniers, très dégradés, ne sont le plus souvent reconnaissables que par les diaphyses des os des membres et la base du crâne. Il sera donc bien difficile à l’avenir de préciser pour chaque tombe l’âge et le sexe du défunt. Aucun objet associé au mort ou déposé avec lui n’a été découvert, exception faite, pour la sépulture no 63, d’un vase à une anse et bec verseur, jeté dans le comblement supérieure de la tombe en raison probable de son bris accidentel.

6Une première analyse au 14C (trois autres sont en cours) a permis de placer chronologiquement le décès d’un très jeune enfant entre 712 et 890 apr. J.-C. (intervalle présentant 95 % de confiance), et plus probablement dans le dernier quart du viiie s. Cette première datation permet donc d’estimer la période de fonctionnement de ce cimetière au cours de la période carolingienne (viiie-ixe s. ?).

7Il faudra vraisemblablement attendre le xiiie s. (?) pour que soit réinvesti le site. Ignorant les tombes, un large fossé de plus de 3 m au profil en « V » est creusé. Il traverse le jardin et doit se poursuivre au nord au niveau de la cour de l’école et dans l’impasse du fournil au sud. Une longue bâtisse de 15 m de long pour une dizaine de mètres de large vient par la suite s’installer à l’est du fossé. Ce bâtiment médiéval, qui présente sur sa façade septentrionale des contreforts externes ainsi qu’une large ouverture, est très mal conservé. Les murs nord et ouest sont seulement représentés par leur tranchée de fondation, dont le fond a été aplani pour l’occasion. Le mur oriental est quant à lui repris et conservé en partie dans la construction du xvie s., comme en témoigne encore l’ouverture en arc brisé sur le pignon ouest de la maison actuelle. Le fossé est quant à lui comblé et sa partie supérieure aménagée d’un niveau de galets où du mobilier archéologique pouvant dater du xviie s. a été retrouvé. Cet aménagement, au contact d’un mur adossé à l’angle du bâtiment médiéval, pourrait correspondre à un sol de cour.

8D’autres aménagements creusés dans le rocher ont également été relevés (fosses, carrière, trous de poteaux, ainsi qu’une salle souterraine en partie sous le garage) mais difficile à associer chronologiquement.

9Cette opération permet donc de trouver une origine carolingienne au village de Saint-Cyr-la-Roche, avec la présence d’une nécropole témoignant de l’existence d’une occupation villageoise sur ce plateau. Les études en cours devraient permettre d’apporter des informations complémentaires sur les pratiques funéraires de cette période mal connue en Limousin.

Fig. 1 – Traces d’outils dans une sépulture creusée dans le rocher

Fig. 1 – Traces d’outils dans une sépulture creusée dans le rocher
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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Traces d’outils dans une sépulture creusée dans le rocher
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/191896/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 140k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Jacques Roger, « Saint-Cyr-la-Roche – 4 place des Ormeaux » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/191896

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Auteur

Jacques Roger

Drac Limousin (service régional de l’archéologie)

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Responsable d’opération

Jacques Roger

Drac Limousin (service régional de l’archéologie)

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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