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AccueilRégionsNouvelle-Aquitaine200823 – CreuseGlénic – Église

2008
23 – Creuse

Glénic – Église

Sondage (2008)
Responsable d’opération : Jacques Roger

Entrées d’index

Année de l'opération :

2008

Numéro d’opération :

2819

Chronologie :

époque médiévale

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture

Texte intégral

1L’église de Glénic, inscrite au titre des Monuments historiques en 1926, a nécessité de nombreux travaux de restauration depuis 1997. La reprise en sous-œuvre des maçonneries pour assurer la stabilité de l’édifice a nécessité au préalable plusieurs interventions archéologiques.

2Un premier diagnostic réalisé par S. Dalle en 1999 avait permis de mettre au jour des creusements sépulcraux à l’extérieur du transept nord, ainsi qu’une approche sur le mode de construction des soubassements à l’intérieur. Une seconde intervention, réalisée en février 2003, s’était attachée à déterminer les niveaux archéologiques et leur densité à l’intérieur de l’édifice. Ces sondages avaient permis de montrer une très grosse densité de sépultures modernes au niveau du transept, ces dernières étant inhumées très profondément. Au contact du chœur, un niveau de sol en terre battue avait été reconnu (premier sol de l’église ?), remplacé par la suite par un dallage de granite (au xviie s. ?). Une dernière opération réalisée en octobre 2003 avait permis d’apporter des éléments supplémentaires concernant les fondations de cet édifice et la localisation d’une nécropole mérovingienne, caractérisée par la découverte de deux sarcophages en place, ainsi qu’une tombe en coffre de briques, datée par le 14C de la première moitié du viie s. Ces sépultures, engagées en partie sous la fondation du mur méridional du transept, permettaient pour la première fois d’observer une stratigraphie peu bouleversée par les tombes modernes.

3Parallèlement à ces interventions, le démontage des soubassements des murs du transept avait permis de mettre en évidence de nombreuses pierres taillées, correspondant pour une partie à des blocs architecturaux liés à un bâtiment d’origine gallo-romaine et pour les autres à des éléments funéraires (couvercles et cuves de sarcophages).

4L’intervention archéologique de 2008 devait rendre compte des niveaux archéologiques et de leur conservation à l’intérieur de la nef, préalablement à l’aménagement d’un nouveau sol. De plus, l’existence d’un caveau funéraire dont la localisation était incertaine nécessitait une expertise approfondie.

5Pour ce faire, une première tranchée perpendiculaire à l’axe de la nef mais située au niveau des deux chapelles latérales a été implantée. On constate dans un premier temps que le niveau de terrain naturel se retrouve au sud à moins 0,60 m par rapport au niveau du dallage actuel. Il semble légèrement plus profond vers le nord, en raison semble-t-il de la pente naturelle. Les niveaux les plus anciens se caractérisent par un sol de terre battue au contact du rocher. Au centre du sondage, un creusement de plus de 0,60 m de profond aux contours partiellement reconnus semble correspondre à l’installation d’un four à cloche, comme l’attestent des éléments de parois en terre cuite encore en place. Cet emplacement est réutilisé pour la mise en place d’un sarcophage caractérisé par un assemblage de deux blocs monumentaux en granite évidés de la période antique. Cette architecture funéraire est par la suite réoccupée par un cercueil clouté, datable de la fin du Moyen Âge. La stratigraphie dans ce secteur montre d’ailleurs une forte densité de tombes en cercueil, aux creusements profonds. Ces dernières sont semble-t-il scellées par un niveau de pavage en dalle de granite, lui-même fortement endommagé lors de l’installation au siècle dernier d’une dalle en béton.

6Au-devant de la chapelle septentrionale, une ouverture de 1,10 × 1 m obstruée par deux grandes dalles en granite munies d’anneaux en fer marque l’entrée d’un caveau funéraire. On accède à une salle souterraine (1,60 × 2 m) en descendant trois marches, dont le voûtement en anse de panier permet d’obtenir une hauteur maximale de 1,60 m. De part et d’autre de l’entrée, il est possible d’observer des réductions de corps, dont le décompte sur place permet de différencier au moins 11 crânes, 14 fémurs, 7 tibias ainsi que des os d’un sujet immature. La réutilisation partielle du mur gouttereau de l’église romane permet de placer sa construction au mieux lors de la création de la chapelle latérale, voire après. Le commanditaire de ce tombeau familial n’a pour l’instant pas été identifié.

7Un second sondage, situé le long du mur gouttereau nord mais au contact d’une ouverture obstruée, devait permettre de mieux nous renseigner sur les différents niveaux de circulation dans cette partie de l’église. Comme pour le précédent, la stratigraphie est fortement perturbée par la mise en place d’inhumations en cercueil, et il n’a pas été possible de mettre en relation un niveau de sol avec cette porte. Il faut cependant signaler, au niveau du terrain naturel, la présence d’un creusement au profil évasé comblé de gros blocs. Sans pouvoir reconnaître ces limites, on observe son développement en partie sous le mur de l’église, ce qui laisse envisager soit une fosse antérieure à l’édifice religieux, soit une cavité souterraine en partie effondrée.

8Toutes ces découvertes permettent donc de mieux comprendre la dynamique de cet espace cultuel. Son origine semble prendre naissance dès la période du Haut Empire par l’installation d’un édifice monumental de hauteur, surplombant la vallée de la Creuse. Sa localisation précise est à l’heure actuelle incertaine, mais la présence de tombes anciennes sous les fondations de l’église suggère un emplacement assez proche. Cet édifice antique va par la suite polariser l’installation d’une nécropole mérovingienne, sans que l’on sache actuellement si ce bâtiment va générer une église primitive. Il n’en demeure pas moins qu’il sera en grande partie démonté pour servir à l’édification du nouveau lieu de culte à la fin du xie s. et au début du xiie s. Ce dernier se verra par la suite modifié et fortifié au xve s.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Jacques Roger, « Glénic – Église » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/192085

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Auteur

Jacques Roger

Drac Limousin (service régional de l’archéologie)

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Responsable d’opération

Jacques Roger

Drac Limousin (service régional de l’archéologie)

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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