Limoges – Impasse de la Ribière
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
2792Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Un projet de construction d’un hôtel et d’un restaurant en bordure du contournement de Limoges (tronçon dénommé « Liaison Sud ») a nécessité la mise en place, à la demande de l’aménageur, d’un diagnostic archéologique préalable. Le projet, situé sur la rive gauche de la Vienne au sommet de la colline de la Sapinière fait face à la ville antique de Limoges. Installée sur la rive droite de la Vienne, à moins d’1 km, Augustoritum se développe sur un vaste coteau en pente douce (225 à 300 m NGF). Fondée au tournant de notre ère, la ville est dotée dès l’origine d’une trame urbaine orthonormée. À la fin du iiie s., elle se rétracte sur le Puy Saint-Etienne.
2En contrebas de la zone d’intervention, la Vienne pouvait être traversée aisément grâce à une plateforme guéable fréquentée anciennement et située sur un itinéraire de long parcours reliant le bassin méditerranéen à la vallée de la Loire. Les voyageurs devaient alors utiliser le gué dit de La Roche-au-Go qui permettait d’accéder au nord au plateau des Basses-Palisses. Plusieurs découvertes récentes attribuables à La Tène finale semblent confirmer l’ancienneté de ce passage. Plus tard, la création de la ville entraînera l’abandon de ce franchissement au profit d’un nouveau gué aménagé quelques 700 m en amont : le gué d’Auguste qui sera repris par le pont Saint-Martial.
3En 2004, une opération de fouille a été menée sous la responsabilité de David Brunie, sur le tracé de la « Liaison Sud » et à l’emplacement d’un rond-point, sur une superficie de 5 873 m2. Une première occupation attribuable à La Tène finale est matérialisée par un unique fossé en V, pour l’essentiel hors emprise. Le mobilier mis au jour, relativement abondant, a permis de la dater entre 120 et 80 av. J.-C. Le comblement définitif du fossé intervient quant à lui dans le deuxième quart du ier s. apr. J.-C., et pose la question de l’éventuel abandon du site pendant La Tène D2.
4La plupart des structures sont datables de la période gallo-romaine et ne peuvent prétendre à une datation antérieure à l’époque claudienne. Deux groupes, nettement individualisés, marqués par des orientations différentes, se dégagent. Le premier s’organise de manière rigoureuse autour d’un portique. Un fanum se signale par une série de murs et quelques tranchées de récupération. Réduit à la partie basse du site, le second groupe comprend un ou plusieurs bâtiments, utilisant une architecture de terre et de bois qui s’installent, à la fin du ier s. apr. J.-C. ou au début du iie s. et s’organisent de part et d’autre d’un chemin. La présence d’une tour-porche entre ces vestiges et ceux situés au nord-ouest (galerie…), évoque une séparation forte de ces deux ensembles, peut-être due à la présence d’une voie (Limoges-Périgueux) sous l’actuelle route de Nexon.
5Les structures mises au jour alors, appartiennent à un vaste établissement. Si l’hypothèse d’un sanctuaire a pu, avec quelques vraisemblances, être posée, seul le décapage des terrains situés à l’ouest permettrait d’apporter une réponse définitive à la question de la fonction du site.
6L’importance des structures dégagées en 2004 a contraint le Service Régional de l’Archéologie à être vigilant dans ce secteur de la ville de Limoges. C’est pourquoi un nouveau diagnostic archéologique a été préconisé sur les parcelles HO 232 et 235 concernées par le nouveau projet, situées immédiatement au sud-est du site décrit ci-dessus, de l’autre côté du rond-point et le long de la nouvelle voie. L’emprise concernée par cette expertise consistait en un terrain en herbe surplombant nettement la « Liaison Sud » à l’est et l’impasse de la Ribière à l’ouest. Il paraissait évident en amont de toute expertise archéologique que des remblais, sans doute liés à la construction de la route voisine avaient été déposés sur ces parcelles sur une épaisseur qui restait néanmoins difficile à apprécier de visu.
7Sur les 5 228 m2 à sonder, 7 sondages ont été réalisés, correspondant à une surface sondée de près de 138,77 m2 soit seulement 2,65 %. Ils n’ont permis la découverte d’aucun vestige archéologique. En effet, les sondages, profonds de 2 m à 3,50 m, n’ont traversé que les épais remblais contemporains apportés lors de l’aménagement routier voisin et n’ont pas atteint les niveaux archéologiques en place et encore moins le substrat géologique. Ces remblais étaient souvent meubles et recouverts d’énormes blocs de béton. Les parois des tranchées avaient tendance à s’effondrer au fur et à mesure de leur creusement.
8Aucun des 7 sondages n’a permis la découverte de niveaux ou de structures archéologiques. Malheureusement, les travaux liés à la construction du contournement de Limoges ont été alors accompagnés d’aménagements annexes qui n’ont pas fait l’objet de suivi archéologique. C’est ainsi que les déblais issus de destructions diverses et variées ont été entreposés ici sur une hauteur atteignant 2,80 m, ce qui a rendu impossible tout repérage de vestiges archéologiques.
9Les sondages réalisés au plus près de l’impasse de la Ribière ont cependant permis de repérer le substrat géologique à 2,10 m sous la base du remblai contemporain. Là, le substrat était recouvert d’une épaisse (1,80 m) couche d’arène remaniée intégrant ponctuellement de rares petits fragments de tuiles. Il est difficile de savoir à quel moment ce remblai a été apporté. Est-ce durant la période gallo-romaine ou bien beaucoup à une époque beaucoup plus récente, après décapage du substrat ?
10Le futur hôtel et le futur restaurant seront accessibles depuis l’impasse de la Ribière, après le terrassement partiel des remblais récents sensiblement à la même altitude que cet axe. Ce terrassement n’entamera donc que les remblais contemporains, sans toucher aux éventuels vestiges archéologiques sous-jacents. Seuls les sous-sols des deux bâtiments, s’ils en possèdent, pourraient les affecter…
11L’intérêt de cette intervention archéologique reste limité mais permet de prendre conscience que les zones concernées par les installations annexes aux constructions routières ou autoroutières (bassins, parkings, zones de stockage de matériel ou de remblai) méritent d’être diagnostiquées en même temps que le tracé routier, sous peine de rendre impossibles les expertises archéologiques ultérieures voisines de ces aménagements, comme celle menée ici.
Pour citer cet article
Référence électronique
Christophe Maniquet, « Limoges – Impasse de la Ribière » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 19 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/192281
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