Limoges – Couvent de la Providence
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
2804Chronologie :
époque moderneNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Éveha
Texte intégral
1En 1651, Marcelle Chambon, veuve d’un libraire, fonda un orphelinat pour jeunes filles, dès lors nommé maison de la Providence, dans sa demeure située rue du Collège dans le Château de Limoges. Transféré en 1659 dans la Cité, à proximité du rempart et de la porte Saint-Maurice, l’établissement fut dans les années 1660 érigé en communauté religieuse. Dès lors, et jusqu’en 1790, les bâtiments des Sœurs occupèrent progressivement une importante superficie, remplaçant les anciennes constructions établies à cet endroit dont l’hôtellerie nommée logis de la Trappe et l’hôpital Saint-Maurice.
2Le projet de restructuration de l’îlot urbain, destiné à accueillir le musée de la Résistance, a motivé une étude d’ensemble d’une partie des bâtiments de l’ancien couvent et notamment des caves.
3L’étude de bâti des caves, complétée par quatre sondages (dont un réalisé au sein des maçonneries), a permis de retracer l’évolution des constructions. Les religieuses de la Providence avaient, à la fin du xviie s., été autorisées à détruire une partie du rempart de la Cité et à prolonger leurs bâtiments au-delà. Un sondage (sondage 1) fut donc réalisé au sein des caves dans le but de retrouver l’enceinte de la ville. L’absence de vestiges de la muraille et la découverte d’un sous-sol de second niveau, détruit lors de l’établissement des caves du xviie s., ont infirmé l’hypothèse d’une localisation du rempart à cet emplacement. L’enceinte médiévale devait donc passer plus au nord, sous une partie des bâtiments du couvent située hors du périmètre de l’opération.
4Les seconds niveaux de caves semblent s’organiser en plusieurs ensembles distincts – correspondant probablement chacun à un édifice différent – qui furent progressivement réunis. Ils pourraient témoigner des divisions de l’îlot urbain antérieures à l’établissement du couvent. Il demeure cependant impossible de proposer l’identification de l’un ou l’autre de ces réseaux avec les caves de l’hôpital Saint-Maurice ou celles du logis de la Trappe.
5Un sondage, réalisé au sein d’un mur situé dans un second niveau de caves, a mis au jour un réseau inédit. L’étude de ce réseau révèle qu’il s’agit d’un ensemble homogène mais qui fut, à une époque, mis en communication avec les autres caves du second sous-sol. La condamnation de ce réseau, dans son état actuel, date vraisemblablement du milieu du xxe s.
6Les caves du xviie s., construites en même temps que les bâtiments du couvent, furent établies au détriment des seconds sous-sols situés au même emplacement qui furent systématiquement détruits. Par contre, des passages furent aménagés dans les murs du xviie s. pour accéder aux anciens réseaux se développant à proximité qui furent alors restaurés et utilisés. L’étude des élévations des bâtiments construits au xviie s. révèle deux parties distinctes dans la construction, particulièrement visibles dans la différence de traitement des baies. Cependant, cette rupture correspond sans doute plus à la volonté de différencier deux espaces qu’elle ne marque deux campagnes de constructions différentes.
7Lors de la construction de l’église et des bâtiments lui étant accolés à la fin du xviiie s., une grande partie des maçonneries a été établie sur des arcs de décharge. Ce type de mise en œuvre indique que les constructeurs avaient conscience de l’existence des réseaux souterrains.
8L’église, beau monument de la fin du xviiie s., a été attribuée à Joseph Brousseau sans réelle preuve. L’étude historique et le traitement même de la façade, unique dans l’œuvre de l’architecte, pourraient laisser penser que cette attribution est erronée. Il semble cependant encore difficile de proposer avec certitude un autre nom d’architecte.
9Des modifications intervinrent au xixe s. notamment lors de la transformation du couvent en caserne : cloisonnements ou nouveaux percements au sein des caves du xviie s., mais surtout création sous l’église de nouvelles caves constituant un premier sous-sol.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Sondage 1, vue générale, cave de second sous-sol détruite lors de la construction des caves du xviie s. |
| Crédits | DAO : X. Lhermite (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/192288/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 314k |
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| Titre | Fig. 2 – Plan d’une partie des caves |
| Crédits | DAO : X. Lhermite (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/192288/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 235k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Xavier Lhermite, « Limoges – Couvent de la Providence » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 17 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/192288
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