Limoges – Beaume-les-Mines, la Tuillière
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
2808Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Un projet de construction de lotissement a nécessité la mise en place d’un diagnostic archéologique préalable. La toponymie et le riche potentiel archéologique de la commune (composé essentiellement d’exploitations aurifères protohistoriques) ont en effet conduit le Service Régional de l’Archéologie à prescrire un diagnostic.
2Les parcelles, objets du projet de construction, se trouvent au nord de la ville de Limoges et à 1 800 m à l’ouest du bourg de Beaune-les-Mines dont elles sont séparées par l’autoroute A20. Elles sont localisées en bordure de la RD 39 menant de Beaune-les-Mines à Chaptelat. Ces deux parcelles, situées à une altitude de 330 m NGF, au léger pendage vers le nord et le nord-est, étaient boisées il y a peu, mais les arbres ont été totalement dessouchés avant la prescription archéologique. En outre les souches ont été enterrées dans une vaste excavation creusée dans l’angle nord-ouest de l’emprise.
3Le nord de la commune de Limoges se situe dans une zone dénommée haut-Limousin et sur un socle géologique cristallin à base d’orthogneiss (anciens granites transformés). Le substrat contient dans ce secteur du minerai d’or, exploité principalement pendant le second âge du Fer. Le précieux métal se rencontre, à des teneurs de quelques grammes par tonne de roche, dans des fractures minéralisées de quelques centimètres à plusieurs mètres de largeur qui traversent le socle limousin. Le passage entre le gneiss encaissant et la structure aurifère est d’ailleurs marqué par une intense altération : la gangue quartzeuse, marbré de rouille, renferme divers minéraux métalliques comme le mispickel, la pyrite ou la galène. Ainsi apparaissent dans le gneiss, des petites veines de quartz ou de calcite où se mélangent en diverses proportions argent, cuivre, plomb et antimoine.
4En Limousin, six zones renferment de l’or en quantité appréciable : la région entre Aubusson et le Puy-de-Dôme en Creuse ; une zone un peu plus dispersée entre Ambazac et Bénévent-l’Abbaye au nord de Limoges ; à l’ouest de la Haute-Vienne dans les monts de Blond ; au sud de la Haute-Vienne près de Saint-Yrieix-la-Perche où se situent des mines encore exploitées récemment ; la région au nord-est de Tulle, près de la faille d’Argentat ; enfin, l’est de la Corrèze, entre Ussel et le sillon houiller.
5La contrée semble donc revêtir quelques intérêts économiques à l’époque protohistorique. Les exploitations minières de Puits Barreau, de Laurière Merle, de Laurière Nord, des Pilateries Ouest, de Laurière-Valparaiso, de Beaune-les-Mines Nord, de Beaune-les-Mines Sud, toutes situées sous le bourg actuel de Beaune-les-Mines ou à proximité immédiate, prouvent une intense activité en ce domaine. Un peu plus éloignées, on ajoutera les aurières du Petit Beaune, de La Lande/Les Mines, du Petit Beaune/Les Thermes Est. Au plus près et au nord de la zone d’intervention se trouvent les aurières de La Tuilière, de Las Fauvas, du Mazauran. Malgré ces indices, aucun habitat gaulois n’a été décelé en rapport avec cette industrie. Nous n’avons en outre aucune preuve de la pérennité des mines à l’époque gallo-romaine.
6Sur les 4 602 m2 à sonder, 5 sondages ont été réalisés, correspondant à une surface sondée de près de 663,50 m2 soit 14,4 %. Seulement deux fossés ont été visualisés, dont l’un n’a pas livré de mobilier et l’autre renfermait des fragments de carreaux de sol en faïence de couleur ou décorée. La stratigraphie s’est révélée très simple : sous une couche de terre végétale, de 0,20 à 0,40 m d’épaisseur, apparaissait le substrat arénisé limoneux beige à jaune-orangé. Dans ce dernier, de très nombreuses empreintes de chablis liées au dessouchage récent ont été observées.
7L’intérêt de cette intervention archéologique reste donc limité. Elle était cependant nécessaire dans la mesure où ce projet se situe à peu de distance d’une zone riche en exploitations minières protohistoriques. En outre, le toponyme « La Tuilière » pouvait être l’indice d’une occupation postérieure, éventuellement d’un bâtiment gallo-romain ou plus tardif couvert de tuiles. En observant le cadastre de plus près, on constate que le toponyme qui aurait dû être utilisé est plutôt celui de « Plaisance », nom du hameau tout proche, au sud de la RD 39. Le toponyme « La Tuilière » se cantonne plus au nord, à l’ouest de la VC 11. Faut-il voir dans cet axe une voie secondaire gallo-romaine se rattachant au sud-est à un itinéraire plus important situé à l’emplacement de la RD 20 ? Cet axe pourrait même être plus ancien car deux aurières sont répertoriées à proximité immédiate.
Pour citer cet article
Référence électronique
Christophe Maniquet, « Limoges – Beaume-les-Mines, la Tuillière » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 16 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/192295
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