La Rochelle et Angoulins – Inventaire du système défensif de la Poche de La Rochelle
Entrées d’index
Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
207522Lieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département de la Charente-Maritime, La Rochelle (Charente-Maritime), AngoulinsNature de l'opération :
prospection inventairePlan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de la Charente-Maritime
Texte intégral
1La prospection diachronique des bunkers des positions côtières allemandes du secteur de La Rochelle prenait place dans le cadre d’un travail de Mémoire de recherche de master 1, portant sur un premier inventaire de la ligne de défense allemande sur le littoral rochelais.
2L’intérêt de cette prospection consistait à connaitre le nombre, l’emplacement et l’état sanitaire des bunkers des positions de la pointe du Chay et des Chirats à Angoulins ainsi que celles de la pointe des Minimes, de Chef-de-Baie et de Quéille à La Rochelle.
3Une préparation en amont avec la consultation de cartes anciennes, de photographies aériennes (IGN) et quelques ouvrages notamment d’Alain Chazette, ont permis de connaître le nombre et la localisation approximative de bunkers, ainsi que le modèle de construction. Toutefois une prospection était nécessaire pour rendre compte de leur état sanitaire, et de confirmer et mettre à jour leur nombre et leur localisation.
La pointe du Chay
- 1 Les positons allemandes du secteur recevaient un nom de code commençant par RO pour La Rochelle, s (...)
4La position de la pointe du Chay se trouve à l’extrémité de celle-ci, portant à l’époque le nom de code RO 24511. Dans les différentes documentations, le nombre de bunker et autres structures en béton se situe entre neuf et douze. Lors de la prospection, un total de quatorze structures a pu être dénombré. Se trouvant disséminées le long du sentier côtier et à bord de falaise, les structures sont accessibles de tous et subissent également les affres du temps et de l’érosion des côtes. Parmi les différentes structures, deux sont tombées en bas des falaises et sept sont aux abords. Dans un cadre de sécurité, neuf ont d’ailleurs été comblées au niveau de l’entrée dans le début des années 2010 afin d’éviter tout accident à l’intérieur. Ainsi, l’état sanitaire de ces dernières reste inconnu. Deux structures en béton sont intégrées au sentier côtier, s’agissant seulement de murs en béton servant de protection contre les projectiles venant de la mer. Une dernière structure servant à l’origine de casemate pour un canon a été transformée à la suite de la guerre en maison de bord de mer. Elle se trouve aujourd’hui à l’abandon et le bunker est dans un état sanitaire plutôt moyen dû aux différentes dégradations.
La pointe des Minimes
5La position de la pointe des Minimes se trouve dans l’actuel parc à son extrémité, et porte à l’époque le nom de code RO 242. Elle est alors installée dans l’ancienne batterie française. Les documentations dénombrent entre huit et douze structures en bétons, et lors de la prospection huit ont pu être repérées. Grace aux photographies aériennes, trois autres structures détruites ont été identifiées, portant ainsi le nombre à onze ensembles. Toutefois la prospection n’a pu donner plus d’informations puisque les différentes structures repérées ont été ensevelies après-guerre lors de la création du parc des Minimes. Seulement cinq sont encore partiellement visibles et trois d’entre elles sont accessibles par des portes, mais les démarches afin de pouvoir y rentrer n’ont pas pu être faites.
La pointe de Chef-de-Baie
6Les positions de la pointe de Chef-de-Baie se situent dans l’ancienne batterie française et un peu plus loin à l’est vers Maison blanche, ayant à l’époque pour noms de code RO 237 et RO 238. La documentation étudiée en amont donne sept à huit structures en béton pour RO 237 et cinq à six structures en béton pour RO 238. Lors de la prospection, les structures de RO 237 se trouvent dans le site commémoratif de Chef-de-Baie et celles de RO 238 sont le long du sentier côtier et sont alors accessibles de tous. Pour RO 237, sept structures ont été repérées : à l’exception de deux structures bien cachées les autres avaient été murées pour des questions de sécurité. En revanche cela n’a pas empêché les dégradations de ces bunkers se trouvant aujourd’hui en grande partie sous les ronces. Du côté de RO 238, quatre structures ont été repérées, dont les accès de l’une d’entre elles sont comblés, ne permettant pas de connaitre l’état. Dans la deuxième, la porte toujours présente est fermée et grippée. Cependant, par le judas on remarque tout de même de l’eau à l’intérieur sur au moins 0,20 m. La troisième, un encuvement pour canon antiaérien, est détruite, tombée en contre-bas de la falaise. La dernière appartient en réalité à RO 231 en se fiant au marquage à l’intérieur. Ce bunker a été transformé en maison après-guerre et l’intérieur a brulé le laissant dans un état sanitaire assez médiocre.
La pointe de Quéille
7La position de la pointe de Quéille se situe entre les deux anciennes batteries françaises de l’Anse du Plomb Sud et Nord. La position avait pour nom de code RO 227. Les différentes documentations déterminent entre quinze et seize structures en béton. Lors de la prospection dix-sept structures sont repérées. Seulement douze d’entre elles ont été remblayées sûrement pour des questions de sécurité, laissant ainsi dans le paysage des buttes de terre, ou les toits en béton affleurant au sol. Pour les quatre restant accessibles, deux sont situées dans l’enceinte de la batterie de l’Anse du Plomb Sud. Les deux ont subi de nombreuses dégradations et semblent avoir brulé à l’intérieur dans certaines pièces, les laissant dans un état sanitaire médiocre. Un autre bunker légèrement isolé dans un champ est quant à lui rempli d’eau sur 0,30 à 0,40 m. Enfin le dernier est en réalité un bunker indépendant se trouvant aux abords de la position et appartenant à RO 59. Se situant le long de la départementale, il sert bien souvent de lieu de décharge et de squat, le laissant dans un état sanitaire médiocre.
8Dans l’ensemble la prospection a permis de faire un point sur l’état sanitaire de divers positons, mais, de nombreux bunkers et structures ayant été ensevelis, l’estimation et la vérification ne sont pas complètes. Néanmoins, il en ressort un état général structurel plutôt bon malgré le risque d’effondrement d’un certain nombre dans le futur si les falaises continuent de reculer. D’un autre côté, l’état sanitaire intérieur est déplorable avec de nombreux squats et dégradations. Également aucun ou très peu d’éléments d’équipements sont encore présents à l’intérieur, souvent victimes de ferraillage à la fin de la guerre ou de pillages plus récents.
Notes
1 Les positons allemandes du secteur recevaient un nom de code commençant par RO pour La Rochelle, suivi d’un nombre entre 200 et 330.
Haut de pagePour citer cet article
Référence électronique
Emeric Besson, « La Rochelle et Angoulins – Inventaire du système défensif de la Poche de La Rochelle » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 09 juillet 2025, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/193699
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page


