Évaux-les-Bains – Collégiale Saint-Pierre et Saint-Paul
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
124028Sujets :
édifice religieux, église, église collégiale, sépulture, crypte, architecture chrétienne, architecture romaneNature de l'opération :
opération de diagnosticTexte intégral
1Inscrite dans le cadre du colloque Chambon-Évaux-les-Bains, cette campagne de sondages archéologiques conduite dans le jardin public vient compléter l’étude archéologique des élévations de la collégiale Saint-Pierre et Saint-Paul d’Évaux-les-Bains, engagée depuis fin 2020. L’enjeu principal de ces deux opérations conjointes vise à restituer les dispositions architecturales de l’édifice cultuel roman, dont la remarquable tour-porche constitue l’unique vestige roman conservé encore en élévation.
2Le choix d’implantation des trois sondages archéologiques a été dicté par les résultats obtenus lors de l’évaluation archéologique réalisée en 2006 par l’Inrap en vue de l’installation de l’éclairage public dans le parc environnant. Lors de cette précédente intervention, plusieurs structures maçonnées avaient été exhumées : une chapelle orientée, appartenant à l’ancien bras du transept attribué à la période romane, identifiée au sud du monument et les portions d’un mur hémicirculaire, situé à environ 4 m à l’est du chevet actuel, dont la période de construction demeurait incertaine.
Fig. 1 – Localisation des sondages
Échelle : 1/250.
Les coordonnées plannimétriques sont rattachées au système Lambert 93. Le nivellement est rattaché au système IGN 69.
Fond de plan : Archéoscan ; relevés et DAO : O. Onézime (Inrap).
3Le premier sondage, réimplanté peu ou prou à l’emplacement du précédent, qui visait à localiser l’extrémité sud du transept disparu afin de saisir ses proportions et ses éventuelles relations avec l’ancienne église Notre-Dame (transformée désormais en habitation), n’a permis qu’un nouvel examen intérieur de l’absidiole, conservée sur plus de 1,50 m de hauteur. L’emprise initiale du bras sud du transept roman n’a malheureusement pu être atteinte en raison du développement des arases des murs sous l’actuel passage pavé.
4Implanté par rapport aux traces d’arrachement apparentes sur la face sud du chevet moderne, qui correspondent probablement à un ancien contrefort, le deuxième sondage a permis de constater que l’élévation existante prend appui sur une section de mur, préservée sur plus de 1,60 m de hauteur, construite avec des pierres de taille en granite. Cette maçonnerie esquisse en partie haute l’amorce d’un arc qui suggère soit la présence d’un enfeu entre contreforts, soit celle d’une arcature animant le soubassement. Au regard de l’épais massif identifié dans le troisième sondage, il est vraisemblable que ce mur, avec sa mise en œuvre soignée et son ordonnance particulière, relève d’une phase de construction, soit romane, soit gothique, enveloppant les fondations antérieures.
5Le troisième et dernier sondage, établi dans le prolongement de l’abside principale du chevet actuel, a révélé plusieurs états de maçonneries médiévales. Le principal apport fut la mise au jour de la portion du mur hémicirculaire (identifié en 2006), de 1,34 m d’épaisseur, associé à une absidiole (sud-est) appartenant à un chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Compte tenu de la déviation de l’absidiole par rapport à l’axe inchangé de l’édifice religieux, il est possible de restituer quatre chapelles. Sur le parement extérieur du mur hémicirculaire est observable une petite fenêtre quadrangulaire obturée qui, compte tenu de sa position basse et de ses petites dimensions, suggère l’existence d’une crypte. La chapelle rayonnante et son contrefort, dont il ne subsiste que le « négatif », ont été chemisés par un énorme massif quadrangulaire, entièrement construit en moyen appareil. Le parement extérieur du massif est dépouillé de l’ensemble de ses pierres de taille qui ont peut-être été récupérées lors de la phase de reconstruction du chevet moderne. Le format restitué des blocs, par rapport aux empreintes laissées dans le mortier, est proche de ceux de l’élévation soigneusement appareillée, identifiée dans le sondage 2, ce qui permet d’envisager pour ces deux maçonneries une même phase de construction. En l’état actuel, il est toutefois impossible de savoir s’il existe une connexion concrète entre ces deux structures archéologiques. De plus, on ne sait pas si ce chemisage extérieur concerne l’ensemble du chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes et la hauteur sur laquelle il a été réalisé. Ce renforcement structurel est peut-être à mettre en relation avec des problèmes d’instabilité structurelle ou de terrain. Ce sondage a permis de constater que la topographie actuelle du site est totalement déformée. À l’origine, la pente est sans doute beaucoup plus importante, ce qui peut d’ailleurs être l’une des explications de l’adoption du parti architectural de la crypte. Cette solution fournissait en effet un soubassement solide à la « tête » de l’église.
6Cette opération archéologique a en outre révélé une dense occupation funéraire, aux périodes médiévale et moderne, dans la zone attenante au chevet et au transept.
7Grâce aux résultats positifs de ces nouvelles investigations archéologiques, notamment la découverte de vestiges exceptionnels et inattendus d’un chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes associé à une crypte, se dévoilent peu à peu la morphologie originelle, l’histoire complexe et tourmentée et ses conséquences radicales sur l’évolution monumentale de l’ancienne collégiale romane. Il est désormais possible d’affirmer que la tour-porche, témoin privilégié de l’art roman limousin, rappelons-le, était initialement accolée à une construction, avec un plan en forme de croix, aux proportions et aux volumes beaucoup plus importants, qui, de ce fait, représentait, dans l’ancien diocèse de Limoges, l’une des créations majeures et majestueuses de l’architecture religieuse.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Localisation des sondages |
| Légende | Échelle : 1/250.Les coordonnées plannimétriques sont rattachées au système Lambert 93. Le nivellement est rattaché au système IGN 69. |
| Crédits | Fond de plan : Archéoscan ; relevés et DAO : O. Onézime (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/193906/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 225k |
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| Titre | Fig. 1 – Vue de l’absidiole du bras sud du transept roman |
| Légende | Sondage 1. |
| Crédits | Cliché : L. Boulesteix. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/193906/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 527k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue de l’amorce de l’arc (enfeu ou arcature) |
| Légende | Sondage 2. |
| Crédits | Cliché : L. Boulesteix. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/193906/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 215k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Lise Boulesteix, « Évaux-les-Bains – Collégiale Saint-Pierre et Saint-Paul » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 10 juillet 2025, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/193906
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