1Le diagnostic archéologique réalisé route de la Jarthe, a été motivé par un projet de lotissement. L’évaluation archéologique a été réalisée afin de déterminer si ce projet est susceptible d’affecter des éléments du patrimoine archéologique, notamment des vestiges d’une voie antique et une occupation gauloise repérée entre cet axe et le ruisseau du Couilloux. Dans les treize sondages, couvrant environ 8 % de la surface du projet, onze structures archéologiques ont été découvertes. L’occupation depuis le Néolithique final jusqu’au xiiie s. se caractérise par du mobilier lithique caractéristique de la Préhistoire récente, des structures en creux gauloises, une urne funéraire du Haut-Empire, des fossés et une fosse de l’époque médiévale.
2La phase la plus ancienne de l’occupation est illustrée par du mobilier lithique datant du Néolithique final et présent dans les alluvions pléistocènes ou holocènes et ponctuellement dans les colluvions holocènes. On signalera notamment la présence de quelques pièces caractéristiques : une ébauche bifaciale de hache, un nucléus à éclats à percussion indirecte et un éclat laminaire au tranchant micro-denticulé.
3Pour l’époque gauloise, une probable fosse et trois fossés ont été mis en évidence. Le mobilier céramique, caractéristique de La Tène C2 ou D1, trouve d’ailleurs des résonnances avec celui découvert en 2009, quelques dizaines de mètres plus au nord par V. Elizagoyen lors d’un diagnostic archéologique. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans une pseudo-fosse un élément qui pourrait participer de la structuration de la sole d’un four de potier à deux murets de soutènement. Reste à déterminer si ce fragment de boudin ou de barre d’argile appartient à une unité de production proche ou à un des fours retrouvés lors du diagnostic de 2009. De plus, les structures fossoyées sont toutes d’axe nord-sud, orientation déjà repérée pour les fossés de 2009 sans que l’on puisse affirmer qu’il s’agit de sections d’un même fossé. La pérennité de cette orientation témoigne probablement de l’existence d’un axe de passage ancien dans le secteur. Cette hypothèse est d’autant plus probable que la voie romaine reliant Périgueux à Agen a été retrouvée (Pons-Métois 2007) de l’autre côté de la route qui borde le diagnostic à l’ouest. Cette voie majeure, qui traverse probablement la Dordogne au port de Mouleydier, reprend sans doute un axe d’aménagement du territoire plus ancien, probablement d’époque gauloise, ou un itinéraire encore plus ancien.
4Pour la période gallo-romaine une urne funéraire a été mise en évidence dans une des tranchées. Sa présence est un argument supplémentaire pour conforter l’hypothèse du passage d’une voie antique à proximité. Ce vase en céramique à paroi fine engobée, dont la forme n’est pas sans rappeler le gobelet ovoïde guilloché Lezoux 331, est caractéristique des contextes de la fin du ier s. ou de la seconde moitié du iie s. apr. J.-C. (fig. 1). Le remplissage de ce vase est composé d’ossements humains brulés permettant de déterminer la fonction funéraire de cette structure.
Fig. 1 – Vase à incinération F300 dans son contexte stratigraphique (Tr. 3)
5L’époque médiévale est également représentée par un fossé d’axe nord-sud (F 100 et F 900) et une probable fosse d’extraction de matière première. L’étude du mobilier céramique permet de proposer une occupation du site entre le milieu du xiie et le xiiie s.