Monceaux-sur-Dordogne – Le Puy du Tour et son environnement
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Année de l'opération :
2014Numéro d’opération :
123384Nature de l'opération :
prospection thématiqueNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Éveha
Texte intégral
1Le site archéologique gaulois du Puy du Tour fait l’objet d’une attention particulière dans le cadre d’un projet de valorisation porté par la communauté de communes du Pays d’Argentat. Le bureau d’études archéologiques Éveha a été sollicité pour l’aspect scientifique de ce projet. De nombreux échanges ont eu lieu avec les différents partenaires et, après avoir étudié les données anciennes réalisées sur ce site qualifié d’oppidum, il a été préconisé de renouveler la documentation scientifique.
2L’objectif étant d’apporter rapidement de nouvelles données, un relevé LiDAR, procédé de télédétection aéroporté, s’est imposé. Le contexte boisé dans lequel s’insère le site du Puy du Tour se prête par ailleurs parfaitement à cette méthode de recherche. En effet, le procédé permet de dresser une cartographie très précise (de l’ordre du centimètre) de la surface du sol, « gommant » en quelque sorte la végétation. Les microreliefs, imperceptibles à l’œil nu sur le terrain, apparaissent très clairement sur le relevé.
3Les applications du LiDAR sont multiples et le potentiel d’étude des relevés est considérable mais cette méthode reste encore mal connue aujourd’hui. Le LiDAR est la méthode de détection la plus rapide et la moins onéreuse. Elle n’est pas destructrice et permet de traiter de grandes surfaces. L’application du LiDAR à l’archéologie est assez récente et peu de projets ont été menés sur le territoire national.
4À Monceaux-sur-Dordogne, une zone géographique de 10 km2 a été déterminée avec, au centre, la colline du Puy du Tour. Une couverture photographique aérienne à très haute résolution a été couplée au LiDAR. Préalablement à la mission de vol, des balises géoréférencées et des relevés de surface ont été implantés au sol.
5De nombreux et importants questionnements concernent le site du Puy du Tour et, en premier lieu, la présence ou non d’un rempart. L’existence d’une fortification n’a en effet jamais été clairement mise en évidence lors des différentes fouilles et prospections menées sur le site. Cependant, des clous pouvant appartenir à un murus gallicus ont bien été découverts. Le site a été qualifié d’oppidum mais aucun vestige appartenant à une quelconque fortification n’est visible aujourd’hui. Les fouilles anciennes ont montré néanmoins la présence d’habitats aménagés dans les pentes et sur des systèmes de terrasses. Enfin, quelques mines nous avaient été signalées aux alentours de ce site de hauteur.
6La mission de vol terminée, nous avons suivi de très près la classification des points et le traitement du relevé afin de n’écarter aucune anomalie qui aurait pu nous intéresser. Une fois le modèle numérique de terrain (MNT) et le modèle numérique de surface (MNS) acquis (fig. 1), nous avons travaillé sur un système d’information géographique (SIG) mêlant plusieurs données (cadastres ancien et récent, carte archéologique, etc.).
Fig. 1 – Relevé LiDAR sur le Puy-du-Tour et son environnement
Relevés et traitements LiDAR : IMAO ; DAO : F. Loubignac (Éveha).
7Plusieurs jours de prospections sur le terrain ont été nécessaires pour photographier et vérifier certaines anomalies afin de tenter une détermination. On observe que certaines se répètent sur le relevé et émettent plus ou moins le même signal avec des dimensions variées. Ainsi, les mines ont pu être caractérisées plus facilement parce qu’elles déchirent littéralement le modelé et sont bien visibles sur le relevé LiDAR.
8Les résultats, spectaculaires et très intéressants, montrent le potentiel archéologique du secteur.
9Tout d’abord, la présence d’un rempart sur le Puy du Tour est à remettre en question sérieusement. Le LiDAR ne semble montrer en effet aucune fortification de ce type. La découverte de clous de murus gallicus pourrait être mise en relation avec un système de défense ponctuel mais qui resterait indiscernable à la surface du sol. Le doute est encore présent et c’est pour cela qu’a été préconisé au moins un petit sondage archéologique à l’endroit d’où proviennent ces clous. Nous avons émis l’hypothèse d’un rempart qui aurait pu être en grande partie arasé. Toutefois, le LiDAR aurait montré quelques tronçons de levées de terre qui auraient pu être les derniers témoins d’un tel vestige.
10Le LiDAR a révélé une enceinte de 1,4 ha complètement inconnue et inédite à moins d’1 km au sud du Puy du Tour et en très bon état de conservation, preuve qu’il est difficile de « gommer » du paysage de tels travaux de terrassements (fig. 2). Elle prend place sur un éperon naturel qui s’avance au confluent de la Maronne et de la Dordogne, face à la colline du Puy du Tour sur l’autre rive de la Dordogne. Au sud de cette enceinte, que l’on ne peut dater à ce jour, se trouve un important site minier avec de nombreuses excavations. Il s’agit vraisemblablement de puits ou d’entrées menant à des mines. La précision de la méthode permet d’observer les zones de rejets des déblais de mines. Elle offre aussi la possibilité d’appréhender certaines relations chronologiques entre quelques vestiges, et notamment les mines et les chemins. Dans le cadre de ce projet, nous avons tenté une typologie des chemins et des sentiers dont certains se distinguent par leur ancienneté.
Fig. 2 – Les vestiges au Pradel
Monceaux-sur-Dordogne (19).
Relevés et traitements LiDAR : IMAO ; DAO : F. Loubignac (Éveha).
11Au nord de la partie sommitale du Puy du Tour, un ensemble énigmatique d’enclos successifs se dessine. Le relevé a permis d’obtenir un aperçu précis du système hydrographique et des captages des sources. Certaines terrasses se distinguent nettement et pourraient être les vestiges d’implantations d’habitats. Ces hypothèses demandent à être vérifiées mais le LiDAR a l’avantage d’orienter les recherches futures à engager.
12Les anciennes fouilles ont pu être recalées de manière très précise. En effet, certains sondages réalisés il y a près d’un demi-siècle et invisibles aujourd’hui en prospection sont discernables grâce au LiDAR.
13Nous signalerons aussi la présence d’un impressionnant système de banquettes aménagées sur tout le versant méridional du Puy du Tour (fig. 3) qui s’avèrent être de petites terrasses destinées à la culture de la vigne. Ces banquettes soutenues par des murets en pierre sèche sont desservies par un réseau de chemins et de sentiers. Plusieurs cabanes de vignerons apparaissent sur le relevé et certaines d’entre elles sont encore visibles sur le terrain aujourd’hui. Un puits hexagonal pourvu de deux petites marches pour atteindre la margelle a également été découvert.
Fig. 3 – Les aménagements liés à la vigne sur le versant sud du Puy-du-Tour
Relevés et traitements LiDAR : IMAO ; DAO : F. Loubignac (Éveha).
14Les premiers résultats de cette campagne de relevés permettent de répondre à certaines interrogations et montrent un potentiel archéologique bien plus important que l’on ne pouvait l’imaginer. Le relief est « lacéré » et impacté d’une multitude d’anomalies qui montrent que des occupations successives ont su tirer avantage de la colline du Puy du Tour et de son environnement (site de hauteur stratégique à la période gauloise, versants sud propices à la culture de la vigne à une période plus récente). Même s’il ne permet pas d’apporter des éléments de datation, le LiDAR est un excellent outil de cartographie précise des vestiges archéologiques.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Relevé LiDAR sur le Puy-du-Tour et son environnement |
| Crédits | Relevés et traitements LiDAR : IMAO ; DAO : F. Loubignac (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/195210/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 987k |
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| Titre | Fig. 2 – Les vestiges au Pradel |
| Légende | Monceaux-sur-Dordogne (19). |
| Crédits | Relevés et traitements LiDAR : IMAO ; DAO : F. Loubignac (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/195210/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 819k |
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| Titre | Fig. 3 – Les aménagements liés à la vigne sur le versant sud du Puy-du-Tour |
| Crédits | Relevés et traitements LiDAR : IMAO ; DAO : F. Loubignac (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/195210/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 892k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Fabien Loubignac, « Monceaux-sur-Dordogne – Le Puy du Tour et son environnement » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 13 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/195210
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