Castillon-la-Bataille – Rivière Dordogne et Lidoire
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
028070Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
prospection thématiqueTexte intégral
1L’objectif de la mission était de réaliser une prospection/inventaire dans la Dordogne et la Lidoire, sur environ 5 km entre Lamothe-Montravel et Sainte-Terre, à la hauteur de Castillon-la-Bataille. Afin de réaliser cette prospection il s’est avéré nécessaire, en préambule, de réaliser sur cette année 2021 une série d’images sonar pour détecter des anomalies. À cette occasion, une bathymétrie a également été établie.
2Des plongées ont ensuite été engagées pour infirmer ou confirmer la présence de certaines anomalies détectées par la prospection sonar. Sur chaque anomalie, une série de photographies et une fiche de caractérisation ont été réalisées. Ce travail a pour objectif d’alimenter une base d’information (SIG) permettant d’aider à identifier des lieux de passages ; a priori ici principalement le « Pas-de-Rauzan ». Cela permettrait de valider ou non le positionnement des camps militaires publiés par L. Drouyn et d’appréhender plus précisément les vestiges/installations potentiellement aménagés dans la rivière à la hauteur de Castillon et, le cas échéant, de révéler la présence d’objets, d’épaves, etc.
3La prospection subaquatique sur ce segment de la rivière Dordogne fait écho indirectement à la bataille dite « de Castillon ». Effectivement, cet épisode bien connu de la guerre de Cent Ans, qui constitue sensiblement la phase finale de ce conflit, s’est déroulé en 1453 de part et d’autre de la zone prospectée.
4Cette dernière se serait déroulée dans la plaine de Colly sur la commune de Lamothe-Montravel. Le premier espace du site de la bataille serait le camp de siège de l’armée française. Il aurait été installé dans la plaine alluviale, à environ 1,5 km à l’est de la ville de Castillon entre la Dordogne et son affluent, la Lidoire.
5Le second espace concerné est la chapelle Talbot qui est localisée au sud-est du camp de siège ; elle a aujourd’hui totalement disparue. Un monument de la fin du xixe s. commémorant la bataille est installé sur son emplacement supposé. Enfin, le Pas-de-Rauzan constitue sur ce secteur géographique un gué, à la hauteur de ces installations, qui est le seul axe permettant le franchissement de la rivière Dordogne.
6Un travail de recensement des sources sur cet espace a déjà été élaboré par P. Régaldo et P. Loeuil lors d’un projet de fouille programmée de la rive nord au niveau d’anomalies pouvant correspondre au « camp des Français » Ces derniers soulignent que ce conflit est souvent présenté comme l’opposition de deux arts de la guerre, le premier témoignant de l’âge de la chevalerie, représenté par les troupes à cheval menées par l’Anglais Talbot, le second attestant de l’émergence d’une nouvelle arme, l’artillerie de campagne développée par les frères Bureau au service du roi de France.
7Cet épisode constitue en cela un des tournants majeurs de l’art militaire occidental inaugurant l’avènement d’une nouvelle stratégie sur les champs de bataille qui va privilégier le feu au détriment du choc.
8Au-delà de ces clivages purement tactiques se dessine également l’opposition de systèmes politiques, un pouvoir féodal reposant sur sa chevalerie et un pouvoir royal centralisateur et puissant, seul capable de développer un arsenal onéreux et de haute technologie que constitue l’artillerie. Le déroulement de la bataille est relativement bien connu grâce aux chroniques de l’époque et aux travaux des historiens, dont l’analyse de Léo Drouyn qui tente, vers 1865, de situer le camp retranché français adossé à la Lidoire, petit affluent de la Dordogne. L’élément le plus structurant est bien en effet ce camp retranché français qui inaugure les ouvrages défensifs de campagne en tant que tels. Le fossé repéré par Drouyn pourrait être un ancien lit de la Lidoire.
9Partant des éléments historiquement connus, de la Carte archéologique et de la zone autorisée par l’autorisation de prospection, une bathymétrie a été réalisée avec le concours des services du service régional de l’Archéologie (Drac Nouvelle-Aquitaine).
10Les résultats obtenus ont permis de mettre en évidence des anomalies sur lesquelles se concentreront les plongées au cours des futures prospections. Cette étude semble, entre autres, clairement identifier le célèbre « Pas-de-Rauzan » évoqué plus haut.
Fig. 1 – Seuil du Pas-de-Rauzan
a, secteur de franchissement ancien de la Dordogne sur ce secteur ; b, profondeur observée lors de l’acquisition ; c, vestiges archéologiques repérés sur le secteur : âge du Fer, Antiquité et période médiévale essentiellement.
Échelle a : 1/15000.
11La crise sanitaire survenue début 2020 a profondément bouleversé l’activité subaquatique associative. Cela a eu pour conséquence de perturber les calendriers et les objectifs fixés aux bénévoles de l’archéologie subaquatique œuvrant sur le chantier pour l’année 2021. Cependant, nous avons réussi la réalisation des bathygraphies révélant ainsi de nombreux indices conformément à notre intérêt et à nos analyses initiales.
12La poursuite de la prospection inventaire et l’affinement de la géolocalisation du site de Castillon-la-Bataille permettront de mieux renseigner la Carte archéologique.
13Les structures ennoyées étant plus rarement étudiées et souvent en meilleur état de conservation, nous espérons obtenir un enrichissement des données permettant d’en apprendre davantage sur le déroulé de la bataille, ses activités afférentes et leur incidence sur la Dordogne et sur la Lidoire.
14Plonger sur les anomalies en aval du site de Castillon-la-Bataille sera planifié afin de les identifier et de les documenter par des prises de photographie.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Seuil du Pas-de-Rauzan |
| Légende | a, secteur de franchissement ancien de la Dordogne sur ce secteur ; b, profondeur observée lors de l’acquisition ; c, vestiges archéologiques repérés sur le secteur : âge du Fer, Antiquité et période médiévale essentiellement.Échelle a : 1/15000. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/198072/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 307k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Pierre Radajewski, « Castillon-la-Bataille – Rivière Dordogne et Lidoire » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/198072
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