Isle-Saint-Georges et communes limitrophes
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
028097Sujets :
habitat, habitat rural, villa, matériel de pêche, peson de filet de pêche, monnaie, monnaie romaine, monnaie impériale romaine, monnaie médiévale, monnaie carolingienne, monnaie moderne, accessoire vestimentaire, fixation de vêtement, ceinture, plaque-boucle, fibule, agrafeLieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département de la Gironde, Isle-Saint-Georges, Saint-Médard-d'Eyrans, Ayguemorte-les-Graves, BeautiranChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, époque médiévale, Haut Moyen Âge, époque mérovingienne, époque moderneNature de l'opération :
prospection géophysiquePlan
Haut de pageTexte intégral
1Cette nouvelle campagne de prospection inventaire s’affiche dans la continuité des recherches précédentes (fouilles Colin 2009 à 2014, prospections Mauduit depuis 2004). Débutée sur le seul site de l’Isle-Saint-Georges, la thématique de recherche s’est étendue ces dernières années sur les communes limitrophes de Saint-Médard-d’Eyrans, Ayguemorte-les-Graves et Beautiran. Il s’agit d’obtenir une cartographie de plus en plus précise de l’occupation humaine de ce secteur marqué par les voies de communication antiques, fluviales et terrestres. Le deuxième objectif est de mieux caractériser les sites connus et d’affiner leurs chronologies respectives.
2Cette année 2021 n’a pas donné lieu à des opportunités d’observation sur la commune d’Isle-Saint-Georges. Ce sont donc les parcelles du château Haut-Calens à Beautiran, entre les lieux-dits Pajas et Calens, et le site antique de Cauban-Ouest à Saint-Médard-d’Eyrans, qui ont concentré la totalité des recherches.
Saint-Médard-d’Eyrans, villa antique de « Cauban-Ouest »
3En 2021, certaines parcelles de culture ont été arrachées et labourées. Les prospections se sont donc concentrées sur ces secteurs. Comme cela est observé lors de chaque campagne, le très mauvais état de conservation et le fractionnement de la céramique, dus au travail du sol, n’ont pas permis la collecte d’éléments notables ou de formes typologiques caractéristiques, le corpus collecté fait état de 105 objets, dont douze artefacts dont six d’époque antique, deux d’époque mérovingienne, le reste étant plutôt rattaché aux époques médiévale et moderne : 19 plombs de filet de pêche dont 4 du type B ISG, 14 du type A ISG et 1 lest globulaire en plomb à perçage central ; 11 monnaies modernes ; 4 monnaies médiévales ; 1 monnaie carolingienne ; 57 monnaies romaines ; 1 monnaie indéterminée.
4La fourchette chronologique des monnaies romaines s’étend du ier s., avec deux demi-dupondius d’Auguste et Agrippa (27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C.) et un semi de Tibère à l’Autel de Lyon (12-14 apr. J.-C.), à la seconde moitié du ive s. avec deux maiorina réduites de Constance II émises entre 355 et 361 apr. J.-C.
5On note toutefois la forte représentation du monnayage du ive s. (34 ex.) mais également de l’empire gaulois (14 ex.), soit 84 % de l’ensemble du monnayage romain. C’est bien cette période du iiie au ive s. qui marque la phase la plus active du site, mais les trois exemplaires du début ier s. apr. J.-C., qui s’ajoutent aux six monnaies du Haut-Empire précédemment recueillies, pourraient indiquer une phase d’édification plus précoce, même s’il faut garder à l’esprit que certains de ces numéraires ont pu circuler sur une longue période après leur émission. Certains éléments métalliques et céramiques datables du ier s., répertoriés lors des autres campagnes de prospections, plaident également pour une implantation du site au cours de cette phase précoce.
6Le hiatus chronologique dans la représentation monétaire des périodes 3 à 12 (54-259 apr. J.-C.) ne trouve pas encore d’explication évidente. Cette indigence ne pouvant être contestée par d’autres marqueurs chronologiques fiables (céramiques, parures) pour cette période alors que le site semble avoir été occupé dès le ier s. ; il n’est pas possible de déterminer s’il s’agit d’un changement d’affectation de la structure, de son expansion à partir du milieu du iiie s., ou d’une phase d’abandon du site avec réoccupation ultérieure.
7Enfin, les agrafes à double crochet constituent les premiers éléments de la période viie-viiie s. jusque-là encore jamais représentée sur ce site. Ces artefacts sont peut-être à mettre en relation avec la nécropole mérovingienne repérée à peu de distance, au niveau de l’église du bourg.
Beautiran, château Haut-Calens à Pajas
8Comme pour les prospections 2017 et 2018, l’indigence de céramiques et d’éléments d’architecture montre que nous ne sommes pas en présence de sites ou de structures d’habitats clairement situés et identifiés. Quelques tendances et éléments de réflexion se détachent toutefois dans les observations relevées.
9Les monnaies romaines sont nettement représentées avec 24 unités qui s’ajoutent aux 43 exemplaires des campagnes 2017 et 2018, soit un total de 67 monnaies. L’indice de fréquence (ou indice de pertes) montre une dominante de la période du iiie s. apr. J.-C. et de l’empire gaulois (période 13 de l’histogramme 2).
10Une concentration flagrante de monnaies romaines est à noter sur 300 m2 de la parcelle 37 et au sud de la parcelle 36. En l’absence d’autres éléments, en particulier de céramiques, il est difficile de se prononcer sur les raisons de cet ensemble de 17 monnaies dont la chronologie est dominée par le iiie s. apr. J.-C.
11Parmi les monnaies médiévales, peu nombreuses (six exemplaires en plus des quatre trouvées en 2018), on peut extraire les quatre deniers d’Edouard Ier d’Angleterre du même type, frappés à Londres. Cet ensemble cohérent, au-delà du type monétaire intéressant, est remarquable par le positionnement particulier de ces monnaies qui semble suggérer la perte d’une bourse ou la dissimulation d’un petit pécule quelque peu éparpillé par les travaux agricoles.
12La dispersion et la large représentation du monnayage moderne (xvie-xviiie s.) est cohérent avec ce qui peut être observé par ailleurs lors de prospections hors contexte d’habitat ou d’occupation caractérisée. Il n’y a pas d’informations cruciales à tirer de ces données.
13Les nouveaux éléments de parure de l’Antiquité tardive/haut Moyen Âge (période mérovingienne) méritent une attention particulière du fait de leur rareté hors contexte funéraire, et dans ce secteur géographique de la rive gauche de la Garonne. Ainsi, trois types d’artefacts de cette période sont maintenant représentés : l’ardillon de plaque-boucle trouvé en 2017, la fibule ansée symétrique à plateaux pseudo-scutiformes, l’agrafe à double crochets de même typologie que les deux exemplaires de Cauban-Ouest. Leur présence dans ce secteur ne trouve pas d’explication évidente dans l’état actuel des connaissances.
Pour citer cet article
Référence électronique
Thierry Mauduit, « Isle-Saint-Georges et communes limitrophes » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 17 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/198457
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