Vignaud D. 2020 : Archéologie forestière des Landes de Gascogne. Méthodologies et techniques efficientes, Archéologie des Pyrénées occidentales et des Landes, 32, p. 59-69.
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
028116Lieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département des Landes, Saint-Yaguen, Saint-Perdon, Saint-Justin (Landes)Chronologie :
Préhistoire, Mésolithique, Néolithique, Protohistoire, âge du Bronze, âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, Bas-Empire romain, Antiquité tardive, époque médiévale, époque moderneNature de l'opération :
prospection thématiqueTexte intégral
1Les Landes de Gascogne sont un territoire sableux de 11 000 km2 en forme de triangle, actuellement couvert par la plus grande forêt d’Europe. Son exploration archéologique a commencé seulement dans les années 1990. Depuis lors, plusieurs programmes de recherche ont révélé un peuplement ininterrompu depuis le Mésolithique (Merlet, Bost 2011). Leurs résultats ont sensiblement modifié la perception que l’on pouvait avoir de cet espace, longtemps considéré comme une zone désertique avant la période moderne. La forêt a protégé les sites, qui sont dans l’ensemble bien conservés. Les investigations se sont intensifiées depuis les années 2010, après le reboisement à grande échelle du massif forestier landais consécutif aux destructions des tempêtes de 1999 et 2009.
2L’opération de prospection-inventaire de l’année 2021 s’inscrit dans le cadre de nos recherches sur les dynamiques de peuplement dans le bassin de la Midouze (principal affluent de l’Adour), qui correspond à la partie sud des Landes de Gascogne. Ce programme, qui a débuté en 2012, est diachronique, même si les études sur la période antique sont les plus abouties (Vignaud 2019). Il s’appuie sur des problématiques de dynamiques de peuplements et d’occupation des sols.
3La zone d’étude comprend 86 communes (fig. 1), soit 2 402 km2 (26 % de la surface du département des Landes) et s’étend au sud jusqu’à la vallée de l’Adour. La forêt occupe au total 55 % des sols de la zone.
4Les travaux de terrain et de laboratoire bénéficient de l’appui du Centre de recherches archéologiques sur les Landes (CRAL).
Méthodes
5Les méthodes employées sur le terrain ont été exposées dans diverses publications (Vignaud 2020) : prospections pédestres systématiques et renouvelées des labours forestiers, avec utilisation du GPS pour enregistrer le positionnement des faits archéologiques. Les données sont ensuite transférées sur un logiciel de cartographie et alimentent un SIG. Ce dernier s’articule autour de la géolocalisation des sites et comprend une base de données par commune et par site. Une iconothèque numérique (photos, dessins du mobilier, relevés de plans) est constituée parallèlement. Tous ces protocoles d’enregistrement de l’information sont chronophages, mais sont nécessaires à la préservation de la donnée. L’ensemble devrait être transféré vers un logiciel de SIG au cours des prochaines années.
6Les dalles de l’IGN (RGE Alti 1 m) avaient été analysées lors de l’opération de 2020. Des vérifications sur le terrain ont donc été menées sur plusieurs sites au cours de cette opération de 2021. À titre de comparaison, les dalles LiDAR de départements limitrophes comme le Gers et le Lot-et-Garonne ont été analysées, tout comme les LiDAR disponibles en ligne pour d’autres pays (Angleterre et Pays-Basque).
7L’ensemble du mobilier recueilli dans les prospections est déposé au Centre de conservation et d’études (CCE) de Mont-de-Marsan, cogéré par le CRAL, où il fait l’objet d’un nettoyage, d’un classement et d’un inventaire, ainsi que d’une restauration conservatoire pour les vases céramiques les plus fragiles. L’étude des entités les plus significatives est mise en œuvre progressivement.
Résultats
8Au cours de l’année 2021, entre les nouveaux sites découverts sur le terrain et le recollement de l’inventaire existant, 314 nouveaux sites archéologiques et 25 indices ont été rajoutés au cours de cette prospection-inventaire.
9Le bilan global arrêté au 31 décembre 2020, compte tenu des opérations antérieures menées depuis 2012, s’établit à 1 820 entités archéologiques, soit 1 418 sites et 402 indices.
10Les sites se répartissent ainsi, par grande période chronologique :
- Mésolithique : 24 ;
- Néolithique : 116 ;
- âge du Bronze : 69 ;
- Protohistoire indéterminée : 640 ;
- âge du Fer : 40 ;
- Antiquité : 205 ;
- Moyen Âge : 175 ;
- période moderne : 19 ;
- ouvrages de terre (mottes, enceintes, tertres, etc.) : 130 ;
- total : 1418.
11L’absence des sites antérieurs au Mésolithique s’explique par les conditions environnementales qui régnaient dans la région avant l’Holocène. Toutes les périodes sont ensuite documentées, le plus souvent par des entités rurales. Une majorité de sites est classée provisoirement dans la catégorie « Protohistoire indéterminée ». Elle correspond à des épandages où le mobilier céramique d’habitat est trop ubiquiste pour pouvoir préciser davantage (mais qui se devrait se rattacher en partie au Néolithique ou à l’âge du Bronze) ou bien les études sur ces sites ne sont pas encore terminées pour dresser un diagnostic chronologique.
12Plusieurs sites de la période romaine ont été découverts au cours de cette année 2021.
13Deux concentrations de sites sont positionnés au nord et au sud du village de Saint-Yaguen.
14Au lieu-dit Roupiet, au nord du village, trois nouvelles unités sont datées du Haut-Empire et une au Bas-Empire. Au sud du village, sur la rive droite de la Midouze, deux unités supplémentaires se rajoutent à celles déjà découvertes en 2020 autour du lieu-dit Larrec, toutes datées au Haut-Empire. Sur la rive gauche de la Midouze, à environ 1 700 m des sites de Larrec, ce sont trois unités du Haut-Empire qui ont été découvertes au cours de cette année 2021. Une fosse dépotoir (ensemble clos) était présente sur tous ces nouveaux sites.
15Sur la commune de Saint-Perdon, trois unités groupées datées du Haut-Empire et une du Bas-Empire se rajoutent aux sites déjà inventoriés dans ce même secteur. Notons la présence d’une fosse dépotoir, éventrée par le labour forestier, qui a livré un important volume de mobilier (en cours d’étude).
16Pour l’Antiquité tardive, période généralement mal documentée en Aquitaine, deux unités groupées ont été découvertes à l’est de la commune de Saint-Justin. Comme nous l’avions déjà remarqué, seuls les sites du Bas-Empire ou de l’Antiquité tardive livrent une grande quantité de fragments de tuiles.
17Tous ces sites de la période romaine ne sont pas isolés dans le paysage puisqu’ils sont intégrés dans des microterritoires déjà dynamisés à la Protohistoire.
18Les résultats de 2021 complètent la vision spatiale que l’on peut désormais avoir de certaines zones, parfois sur plusieurs centaines d’hectares en continu.
19Compte tenu du grand nombre de nouveaux sites découverts, leur enregistrement, en cours au 31 décembre 2021, nécessitera plusieurs mois.
Table des illustrations
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|---|---|
| Titre | Fig. 1 – Carte des sites du Bassin de la Midouze |
| Crédits | DAO : D. Vignaud |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/198706/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 698k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Didier Vignaud, « Bassin de la Midouze » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 07 juillet 2025, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/198706
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