Limoges – Rue du Pont-Saint-Martial
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
124082Sujets :
habitation, maison, domus, remblai, souterrain, chauffage, hypocauste, installation hydraulique, murChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque moderne, époque contemporaineNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Dans le cadre de la refonte des réseaux urbains, une double opération de diagnostic a été réalisée. La première phase correspond à une opération de prospection géoradar sur la longueur totale de la rue du Pont-Saint-Martial, qui a ensuite été complétée par un diagnostic à la pelle mécanique. L’apport des données géoradar s’est avéré particulièrement utile afin d’implanter les sondages du diagnostic, notamment en ce qui concerne la présence et l’organisation de plusieurs maçonneries mais également de réseaux et conduites installées sous la rue.
2L’implantation des sondages a été dictée par la présence de nombreux réseaux qui, dans un premier temps, ont été détectés par le géoradar, puis marqués au sol à l’aide des plans des DICT.
3Un total de douze sondages a été réalisé. Ils ont été numérotés de Sd.1 à Sd.13. En effet, le sondage Sd.12, qui aurait dû être réalisé dans l’impasse des Teinturiers a été finalement abandonné en raison de la trop grande densité de réseaux, associée à l’étroitesse de cette dernière.
4L’objectif était cependant d’approcher au plus près les potentiels vestiges connus par les découvertes anciennes, mais aussi de déterminer le potentiel archéologique réel par comparaison avec les interprétations du géoradar, notamment dans la partie basse de la rue. Les sondages 1 à 4 ont ciblé un secteur où de riches vestiges ont été mis au jour durant les années 1970 à 1980. Les sondages 2 et 3 ont été implantés au cœur de l’emplacement reporté sur le SIG de la domus des Nones de Mars. Ces quatre sondages représentent le tiers nord de la rue. Sur les deux autres tiers, les sondages devaient nous renseigner sur le potentiel archéologique de cette partie de la rue, sachant que le géoradar n’avait pas livré d’écho pouvant faire penser à des maçonneries.
5Les résultats sont en demi-teinte. En effet, seule la partie haute de la rue, au niveau du sondage 1 livre des vestiges gallo-romains bien caractérisés et identifiés. Dans ce sondage, les vestiges antiques, bien que sévèrement perturbés par des conduites modernes, apparaissent à une profondeur de 0,60 m et livrent un séquence stratigraphique riche, au sein de laquelle un mur maçonné est associé à divers niveaux construits, d’occupation et de remblais, clairement associés à la présence d’aménagements balnéaires successifs de type hypocauste. Ces derniers pourraient appartenir à l’extension septentrionale de la domus des Nones de Mars.
6Le sondage 2 ne livre qu’une couche de remblai antique à 0,60 m de profondeur, fortement remaniée par les conduites. L’aspect horizontal de son niveau d’apparition pourrait correspondre à un aménagement de terrasse.
7Grâce au traitement conjoint des données issues du terrain et du géoradar, il semble acquis que des anomalies linéaires (maçonneries antiques ?) sont présentes sous les conduites modernes observées dans les sondages 1 et 2. Elles ne pourront être atteinte qu’à l’issue de la neutralisation et du démontage de certaines grosses conduites.
8Le sondage 3 présente les mêmes éléments, mais avec une couche antique (ou du moins possédant quelques marqueurs chronologiques), très peu épaisse. Le reste des sondages n’a livré aucun indice de présence de vestiges ou indices archéologiques liés à l’Antiquité.
9L’observation des coupes de ces sondages indique que le gneiss, plus ou moins remanié, est recouvert par des apports de matériaux modernes, d’une épaisseur comprise entre 0,60 et 0,90 m, dans lesquels des réseaux sont implantés.
10Enfin, les sondages 8, 11 et 13 révèlent la présence de conduits souterrains, creusés dans le gneiss et recouverts par une épaisse couche de remblais modernes. Dans le sondage 8, il s’agit d’un collecteur d’eau usée semi-maçonné, avec une voûte en plein cintre qui suit la pente de la route. Son accès se faisait par un puits maçonné. Ses caractéristiques techniques le rattachent clairement aux xixe-xxe s.
11Le sondage 11 laisse également apparaître un conduit souterrain, dont un accès a été fortuitement trouvé lors du creusement du sondage. Le conduit est plus étroit, creusé dans le gneiss et non maçonné. Il pourrait s’agir d’un aqueduc dont la datation et le tracé exact restent à déterminer.
12Enfin, le fond du sondage 13 laisse apparaitre sous une épaisse couche de remblais moderne de très grosses dalles en granit qui couvrent manifestement un conduit souterrain.
Pour citer cet article
Référence électronique
Frédéric Devevey, « Limoges – Rue du Pont-Saint-Martial » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 18 juillet 2025, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/202994
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