Le Buisson-de-Cadouin – Grotte de Cussac
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Année de l'opération :
2021Numéro d’opération :
028154Sujets :
grotte ornée, peinture rupestre, gravure rupestre, gravure pariétale, spéléothème, griffade, ossement animal, vestige anthropobiologique, dentNature de l'opération :
projet collectif de rechercheTexte intégral
1Le projet collectif « Grotte de Cussac » qui entame une nouvelle triennale (2021-2023) fédère quatre opérations archéologiques programmées (cinq si l’on inclut le PCR) :
- un relevé d’art rupestre triennal (V. Feruglio dir.),
- une fouille programmée triennale pour le volet anthropologie (Kacki et al.),
- une prospection thématique annuelle pour l’ensemble des prospections, études, analyses sur la totalité de la galerie accessible (1,6 km) hors art pariétal et anthropologie (J. Jaubert dir.)
- et, enfin une autorisation de sondage portant sur les secteurs du porche. Cette dernière a été différée en 2022-2023.
2La grotte étant classée au titre des Monuments historiques, outre l’instruction habituelle, une partie de nos dossiers remontent également en Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) en cas de demandes de prélèvements ou de sondages.
3Dernière précision administrative, un contentieux avec les héritiers de l’un des propriétaires de la Branche Amont ne nous autorise plus à travailler entre les panneaux des Macaroni et des Figures féminines.
4Comme habituellement, la principale mission de terrain a été programmée en année N+1 de l’autorisation 2021 pour des raisons de taux de CO2, soit quatre semaines en janvier 2022.
5D’un point de vue comptable, outre la subvention sur la ligne des OAP, la Drac Nouvelle-Aquitaine prend directement à sa charge les travaux de topographie de précision (H. Camus), de lasergrammétrie par tronçons de galerie (P. Mora, Archéovision) et de son géoréférencement (X. Muth, GetinSitu) ou d’équipements (G. Barriviera : installation d’échelles pour trois passages difficiles de l’Amont). S’y est ajoutée cette année la construction d’un bâtiment réversible dominant l’emplacement des anciennes écuries désormais détruites. Le Département de Dordogne prend quant à lui à sa charge l’archivage filmique (P. Magontier) de nos principaux travaux et ce fut l’occasion cette année d’enregistrer le précieux et émouvant témoignage d’un des co-inventeurs, Hervé Durif, que nous avions convié sur place pour, notamment, nous aider à localiser un panneau de gravures inédit.
6Hors mission, en février-mars 2022, les équipes de Protée et de GetinSitu ont repris la topographie de précision de la Branche Amont au-delà de l’Oie, soit entre 260 m et environ 530 m. Nous en avons profité pour actualiser, étiqueter au sol et géoréférencer toutes les marques noires et rouges, soit près d’une centaine pour ces secteurs 11 à 14 de l’Amont non encore étudiés.
7Pour le relevé 3D, P. Mora, en plus d’interventions ponctuelles au Locus 3 à restes humains et des compléments aux panneaux du Bouquetin et des Animaux affrontés (Branche Aval), a surtout procédé au scan du méandre des Figures féminines de l’Amont (M12-Am) incluant outre ce célèbre panneau, ceux du Mammouth rond, de l’Oie, le second ensemble de Signes au sol ainsi que la supposée Lampe fixe. La prospection des traces humaines et animales a par ailleurs bien montré l’an dernier que c’était l’un des secteurs les plus denses en marques colorées rouges, noires, en traces animales (griffades) et autres zones frottées sans compter quelques probables spéléofacts regroupés dans des bauges d’ours. N. Tisnérat-Laborde (LSCE Gif-sur-Yvette) a procédé au prélèvement d’un microcharbon en paroi pour sa datation radiocarbone sur le spectromètre de masse par accélérateur ECHoMICADAS.
8J.-P. Platel, C. Ferrier et S. Konik ont poursuivi leur étude de la lithostratigraphie en relation avec la répartition des entités graphiques en prenant cette année en compte les grottes du Pigeonnier 1 et 2 qui relèvent du même réseau. J. Di Méo et H. Durif ont positionné les extrémités respectives des grottes de Cussac (Aval) et du Pigeonnier 2 avec un système de géolocalisation par émetteur.
9D. Genty en collaboration avec L. Devaux (UMR EPOC, université de Bordeaux) et C. Ferrier a procédé, outre son monitoring habituel, à une série de six prélèvements de spéléothèmes dans le sondage d’entrée pour complément de dates et préciser la paléoclimatologie.
10L’équipe TrAcs (N. Fourment, L. Ledoux), renforcée avec l’intégration d’Étienne Fabre, a pu achever l’inventaire des marques, traces ou vestiges animaux (bauges, griffades) et humains (appuis) dans le fond de la Branche Aval, soit les méandres 18 à 27 (325-480 m). Avant la Cascade, plusieurs secteurs sont dépourvus de traces du fait d’un important concrétionnement tardiglaciaire et holocène masquant les éventuelles fréquentations antérieures, de soutirages ou encore de passages distincts de celui des inventeurs. Par contre, entre les panneaux du Passage et du Fond, en hauteur et au sol argileux, le Passage bas aux Points (437-443 m) est balisé de marques ou traces rouges et noires, y compris charbonneuses. Arrivé au panneau du Fond, les TrAcs se raréfient jusqu’à disparaître progressivement une fois dépassé les dernières entités graphiques (475 m). L’équipe a mis à jour avec X. Muth la base de données TrAcs via le logiciel open source Qfield, y compris la symbologie.
11Adossée à cet inventaire TrAcs, Anaïs Dijoux a consacré son mémoire de master 2 (université de Bordeaux) à l’ours dans Cussac : éthologie, chronologie et sa relation au milieu souterrain, encadrée par N. Fourment, J. Jaubert et P. Fosse et une soutenance prévue pour juin 2022. A. Dijoux a sélectionné le secteur compris entre les panneaux de la Découverte et du Réticulé pour une étude plus systématique.
12S. Costamagno (CNRS, Traces, Toulouse-Jean Jaurès) a complété la description à distance du coxal de cheval dont un prélèvement est sollicité pour essai de datation 14C l’an prochain. Elle a par ailleurs étudié une diaphyse fragmentée in situ d’un ongulé de taille moyenne proche du bouquetin découverte sur le cheminement argileux remué par les passages (Branche Aval : 65,20 m de l’entrée) qui sera soumise à analyse ZooMS et 14C.
13Pour ce qui est de la Branche Amont, notamment ce fameux méandre 12-Am des Figures féminines, malgré des contraintes topographiques, F. Lévêque a procédé à une série de tests géomagnétiques pour tenter d’avancer quant au diagnostic de la « Lampe fixe » (TrAc 616), hors prélèvement. Il y a noté des anomalies rappelant celles du sol sous le panneau de la Découverte (traces supposées de chauffe). Les tests menés valident en effet la faisabilité d’une prospection géomagnétique 3D pour tester l’hypothèse d’une thermo-altération et expliquer les rubéfactions observées. La rubéfaction pourrait aussi être d’origine non thermique, par exemple un processus d’altération géologique. De même pour M. Medina-Alcaide et C. Ferrier et de nouvelles observations de la même Lampe fixe confirmant des indices de combustion et de possibles résidus de pigmentation rouge en surface sans exclure la possibilité qu’il puisse s’agir d’un objet lié à la préparation du pigment. Nous devons désormais envisager des micro-prélèvements pour conclure.
14L’équipe art pariétal (V. Feruglio, C. Bourdier, J. Jaubert) a poursuivi la mise à jour de l’inventaire avec le basculement des marques rouges et noires inventoriées d’abord comme TrAcs puis ici comme marques graphiques, notamment celles du méandre 12-Am. Profitant des deux séances de balisage avec F. Maksud, puis avec É. Fabre, nous avons noté les marques rouges ou noires qui n’avaient jusqu’à présent pas été inventoriées lors des précédentes sorties pour ces lointains secteurs de la Branche Amont, entre 800 et 900 m d’une part, puis entre 900 m et le début du dernier laminoir à 990 m d’autre part, tous relevant du secteur 17.
15Un ensemble d’une dizaine de gravures inédit a été reconnu sur les indications de H. Durif, le panneau des Chevaux de l’Amont (11D2), à 360 m de l’entrée en paroi droite, invisible depuis le cheminement. Il comprend des gravures très fines d’un avant-train de cheval en profil gauche, un protomé de cheval central, un avant-train de bison, une encornure et divers entités graphiques de moindre importance, lesquelles sont encadrées de deux marques colorées, l’une rouge, l’autre noire.
16Cette année a également été mise à profit pour ajuster des relevés photogrammétriques ou scans 3D au panneau du Bouquetin 3G3 avec notamment le relevé de plusieurs gravures invisibles sans le recours à une perche : un mammouth et un bison.
17Enfin, un second sujet de master 2, également à Bordeaux, a été programmé cette année (É. Brochard) et porte sur les médiums de la gravure à Cussac. Du fait de son accès aisé, de sa variété technique aussi, c’est le panneau du Réticulé 3D2 qui a été choisi pour une étude systématique et approfondie : section, profondeur, largeur des traits de gravures examinés in situ et sur le support 3D, examen du support et de sa porosité, puis réalisation d’un jeu d’expérimentations dans la grotte du Pigeonnier pour confirmer les observations devant la paroi ou sur support dématérialisé. Comme pour A. Dijoux, la soutenance est prévue en juin 2022 et pourrait enchaîner sur un projet doctoral.
Fig. 1 – Panneau du Réticulé, relevé des gravures et des tracés digitaux
Clichés : P. Mora (MC) ; relevé : V. Feruglio, C. Bourdier (MC).
18Enfin, c’est lors de la mission de topographie de février 2022 que P. Buraud a identifié dans un passage bas et argileux en Branche Amont, à 265 m de l’entrée, une dent humaine, qui a ensuite été confiée au laboratoire Materia Viva pour stabilisation avant étude (Kacki et al.).
19Côté publications, l’année 2021 a vu la soutenance de la thèse d’A. Jouteau en grande partie consacrée à Cussac (Jouteau 2021a ; 2021b) ainsi que deux contributions portant sur les empreintes humaines dans Cussac (Ledoux et al. 2021a ; 2021b).
Table des illustrations
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|---|---|
| Titre | Fig. 1 – Panneau du Réticulé, relevé des gravures et des tracés digitaux |
| Crédits | Clichés : P. Mora (MC) ; relevé : V. Feruglio, C. Bourdier (MC). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/203403/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 454k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Jacques Jaubert, Camille Bourdier, Émilie Brochard, Patrice Buraud, Hubert Camus, Sandrine Costamagno, Anaïs Dijoux, Étienne Fabre, Catherine Ferrier, Valérie Feruglio, Nathalie Fourment, Dominique Genty, Stéphane Konik, Lysianna Ledoux, François Lévêque, Maria Medina-Alcaide, Xavier Muth et Nadine Tisnérat-Laborde, « Le Buisson-de-Cadouin – Grotte de Cussac » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 18 juillet 2025, consulté le 12 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/203403
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