Marseille – 1 rue des Catalans
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
13305Lieux :
France métropolitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Département des Bouches-du-Rhône, MarseilleNature de l'opération :
fouille préventivePlan
Haut de pageNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Le projet de construction d’un immeuble d’habitation au 1 rue des Catalans dans le 7e arrondissement de Marseille, a entraîné la réalisation d’un diagnostic archéologique en janvier 2019, qui a révélé la présence de maçonneries conservées en élévation et donc menacées de destruction par le projet. Ces maçonneries ont alors été interprétées comme des vestiges du lazaret bâti au milieu du xvie s. dans le secteur ou de l’hôpital des équipages de galères créé dans la seconde moitié du xviie s. en lieu et place du lazaret. La fouille archéologique préventive réalisée par l’Inrap du 2 septembre au 6 décembre 2019 sur le même site a mis au jour les vestiges de trois ensembles architecturaux superposés qui reflètent l’évolution sociale et fonctionnelle du site depuis le xvie jusqu’à la fin du xxe s.
La fonction sanitaire du secteur à partir du xvie s.
2La fouille des niveaux les plus profonds a révélé l’arase d’un large mur orienté nord-ouest – sud-est posé contre le substrat bréchique à son extrémité nord-ouest et qui traverse l’ensemble du site. Contre le parement nord de ce mur sont élevés orthogonalement des murs de refend de même nature mais de plus faible largeur, délimitant au moins trois pièces contiguës de plan rectangulaire. D’après le mobilier céramique associé, les pièces pourraient être occupées à partir de la fin du xviie s., soit au moment de la création d’un hôpital militaire des équipages de galères à l’emplacement de l’ancien lazaret, transféré dans le quartier d’Arenc dans les années 1660. De par sa localisation et ses caractères architecturaux, le mur large traversant le site pourrait correspondre à un segment du rempart édifié dans les années 1650 afin de ceinturer le lazaret à la fois du côté de la terre et du côté de la mer.
L’installation des pécheurs catalans dans l’anse au milieu du xviiie s.
3L’hôpital des équipages de galères fonctionne dans la première moitié du xviiie s., puis est désaffecté par suite de la suppression du « corps des galères » par Louis XV en 1748. Il est alors laissé à l’abandon, mais est rapidement réoccupé par des pêcheurs catalans, qui s’installent en nombre à Marseille dans la seconde moitié du xviiie s. Les anciens locaux sanitaires des xvie et xviie s., appelés désormais les « Vieilles Infirmeries », sont alors maintenus en l’état, à l’exception du rempart, devenu obsolète, qui périclite, tandis que de nouveaux bâtiments voient le jour dans les espaces laissés libres. Le site de la fouille préventive, vraisemblablement localisé à l’extrémité nord-ouest de l’ancien hôpital, est concerné par ces campagnes de construction « catalanes » : un complexe architectural y voit alors le jour, constitué notamment d’un long mur de clôture orienté est-ouest, jalonné de contreforts et percé d’une porte débouchant sur une galerie voûtée de même orientation, bâtie sur la falaise au nord de l’anse et dotée dans un second temps d’arcades ouvertes côté mer.
L’urbanisation et l’industrialisation du site à partir de la seconde moitié du xixe s.
4Le nombre de pêcheurs catalans installés sur le site des « Vieilles Infirmeries » diminue fortement dans la première moitié du xixe s. et les bâtiments sont progressivement récupérés par la ville de Marseille pour être intégrés dans les projets de rénovation industrielle et portuaire. Une verrerie, une fabrique de soude et un hôtel des douanes sont ainsi mentionnés sur le site dans les années 1820-1830. L’élévation inférieure d’un bâtiment de plan rectangulaire mis au jour à l’extrémité sud-ouest de l’emprise de la fouille, initialement doté d’un étage, d’une porte monumentale et entouré d’une calade de belle facture, pourrait ainsi correspondre aux vestiges de l’hôtel des douanes. La verrerie occupe sans doute les anciens logements des Catalans dans la moitié nord du site.
5Dans le double contexte des travaux d’aménagement des Bains des Catalans tout autour de l’anse et de l’urbanisation du secteur localisé entre l’anse des Catalans et le fort Saint-Nicolas à partir des années 1860, les bâtiments et les maçonneries des xviie, xviiie et xixe s. localisés sur le site sont en grande partie démantelés, puis le secteur correspondant à l’extrémité nord de l’anse est remblayé sur plus de 4 m de hauteur, puis transformé en une vaste terrasse sur laquelle est construit un long entrepôt de plan rectangulaire et de style néoclassique, occupé à partir de 1890 par la sucrerie Giraudon et Fils. Préalablement au remblaiement du site et à l’édification de l’entrepôt, un long mur, renforcé de contreforts à intervalles réguliers et de murs de refend, est élevé sur le tracé est-ouest de l’ancien mur de clôture du site, jouant le rôle de soutènement de la façade du nouvel entrepôt, tandis qu’un bassin de rétention/décantation et un collecteur sont mis en place à l’extrémité est du site, raccordés au collecteur principal passant sous le nouveau quartier des Catalans créé à la fin du xixe s.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vue zénithale du site |
| Crédits | Topographie : L. Vallières ; DAO : B. Michaudel (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/204441/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 994k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue générale du site en fin de fouille |
| Légende | Depuis l’est. |
| Crédits | Cliché : B. Michaudel (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/204441/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,4M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Benjamin Michaudel, « Marseille – 1 rue des Catalans » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 17 juillet 2025, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/204441
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