Au large de Coti-Chiavari – Épave de la Meulière
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Année de l'opération :
2016Numéro d’opération :
302959Sujets :
véhicule, épave, épave subaquatique, épave sous-marine, bateau, navire de guerre, bateau à vapeur, machine, machine à vapeur, coque, étrave, foyerChronologie :
époque contemporaineNature de l'opération :
fouille programméeTexte intégral
1Le dragueur de mines français la Meulière faisait partie d’une série de bâtiments de 380 t, construits en 1918-1919, d’une puissance de 500 cv, capables d’une vitesse de 10,5 nœuds : Albâtre, Gypse, Pyrite, Quartz, Basalte, Meulière et Silex.
2Son lancement, en 1918, est trop tardif pour que le navire participe au conflit mondial. La Marine, n’ayant alors plus besoin d’un dragueur de conception déjà vieillotte, décide sa mise à la démolition avant tout service actif, puis se ravise, et la Meulière part pour Toulon. Jusqu’à la guerre de 1939, elle a une carrière médiocre, mais sans problème. Fin décembre 1939, elle s’échoue à Ajaccio. On la répare à Toulon, et elle reprend la mer en juillet 1940 pour s’échouer une seconde fois, le 21 mai 1941. Trois jours plus tard, elle coule à la Castagna, commune de Coti-Chiavari, au cours d’une sortie de « distraction » destinée aux élèves du lycée d’Ajaccio. Certains de ceux-ci s’en souviennent encore.
3L’opération archéologique entreprise fait suite aux diverses études concernant l’archéologie de la vapeur, telles celles du vapeur Prophète, du train-ferry Daffodil, du vapeur Jean-Mathieu ou encore du bâtiment de servitude Robuste II.
4L’approche du site a été des plus classique :
- cartographie des vestiges ;
- analyse plus précise des structures les plus remarquables, voire uniques pour certaines, comme le curieux système d’entraînement de deux arbres d’hélice à partir d’une seule machine ; rôle sur le navire, et mode de fonctionnement ;
- création d’une banque d’images photographiques et vidéo, collecte d’un maximum de mesures ;
- mise en place des procédures et méthodes permettant d’atteindre les objectifs ci-dessus de façon rapide et rationnelle, afin d’obtenir des résultats qui aient une réelle pertinence scientifique.
5En résumé, les éléments suivants ont été observés de l’avant vers l’arrière, soit du nord-ouest vers le sud-est.
6Tout d’abord une étrave, à un peu plus de 12 m, point le plus bas des vestiges. Demeure l’affût, de forme cylindrique, d’un canon disparu. À 18 m en arrière, un guindeau, avec une couronne dentée centrale.
7Ensuite, une grande chaudière cylindrique à trois foyers (deux supérieurs, un inférieur), qui culmine à 4,70 m, puis une gigantesque machine (fig. 1). Il s’agit d’une machine à vapeur à triple expansion, classique, avec cependant quelques particularités. Le bloc des pistons est supporté par cinq colonnades sur son côté droit, et trois pilastres à section carrée côté gauche, en regard de chaque piston moteur. Particularité principale du bloc moteur, les deux tiges issues des cylindres de distribution basse pression sont solidarisées, réunies à une tige centrale par une liaison en V inversé. Cette tige commune est ensuite en relation avec les excentriques après un répartiteur de type Stevenson classique. Le vilebrequin comprend trois manivelles, qui semblent décalées d’un angle de 120°, et se termine par les deux excentriques du distributeur basse pression, puis par la roue dentée du vireur.
Fig. 1 – Le bloc-moteur non identifié, le support de paliers de butée, les trois engrenages et le moteur
Vue depuis l’arrière.
Cliché : M. Huet, J.-P. Joncheray.
8En arrière de la machine, un curieux système d’engrenage, inséré dans un cadre rectangulaire, fait l’originalité de l’épave ! Solidaire de la machine, une grande roue dentée (denture en chevrons) devait entraîner deux roues dentées solidaires, elles, des arbres d’hélice, ce qui faisait que les deux hélices tournaient dans le même sens.
9Dans le prolongement de cet engrenage, les arbres d’hélice partent vers l’arrière. L’arbre bâbord est à peu près droit, fixé à la coque dont il traverse les varangues, mais l’arbre tribord est carrément plié et passe au-dessus de l’arbre bâbord.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Le bloc-moteur non identifié, le support de paliers de butée, les trois engrenages et le moteur |
| Légende | Vue depuis l’arrière. |
| Crédits | Cliché : M. Huet, J.-P. Joncheray. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/205276/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 126k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Jean-Pierre Joncheray, Michel Huet, « Au large de Coti-Chiavari – Épave de la Meulière » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 21 juillet 2025, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/205276
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