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AccueilRégionsProvence-Alpes-Côte d’Azur201984 – VaucluseCarpentras – Synagogue

2019
84 – Vaucluse

Carpentras – Synagogue

Sondage (2019)
Responsable d’opération : Guilhem Baro

Entrées d’index

Année de l'opération :

2019

Numéro d’opération :

13089

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Département de Vaucluse

Texte intégral

1Une opération de sondage a été réalisée en janvier 2019, dans la synagogue de Carpentras, sur une partie de l’édifice concernée par un projet de réaménagement. Le projet prévoit l’aménagement de salles en rez-de-chaussée ainsi qu’un ascenseur pour les personnes à mobilité réduite.

2L’étude archéologique porte essentiellement sur trois espaces situés en rez-de-chaussée de la synagogue (fig. 1). Cependant, pour une compréhension globale du monument, il convient d’effectuer une analyse architecturale de l’ensemble de l’édifice.

Fig. 1 – Relevé en plan du rez-de-chaussée de la synagogue de Carpentras

Fig. 1 – Relevé en plan du rez-de-chaussée de la synagogue de Carpentras

Relevé : H. Hansen ; DAO : G. Baro (SADV).

Époque médiévale

3Quelques éléments architecturaux de la synagogue sont à rattacher à l’époque médiévale (fig. 2). La pièce P, voûtée en berceau plein-cintre, semble en faire partie. La pièce P et le couloir m sont reliés par un arc surbaissé chanfreiné. Le grand arc doubleau présent dans l’espace I (boulangerie à pain azyme) pourrait également dater du Moyen Âge.

4Enfin, dans l’espace O, une partie du mur nord présente un appareil en pierres de taille régulièrement assisées et soigneusement jointées. Cette portion de maçonnerie englobe le piédroit ouest de la porte percée dans le mur nord et le piédroit nord de la porte percée dans le mur ouest.

Époque moderne (fig. 2)

5La pièce C semble aménagée vers la fin du xviie s. Elle est accessible par une porte percée et axée dans son mur ouest (reliant les espaces C et N), aux piédroits moulurés reposant sur une base légèrement saillante, indiquant le niveau du seuil et donc du sol qui se situait à environ 0,40 m au-dessus du sol actuel de la pièce N et 0,70 m au-dessus du sol actuel de la pièce C.

6Une seconde porte, axée et percée dans le mur oriental, présentant des piédroits et un linteau en pierre de taille moulurés, permettait de relier la pièce à une cour située à l’est de plain-pied.

7Ces deux portes, de par leurs caractéristiques et leur décor classique, semblent dater de la fin du xviie s. Trois pans coupés, en grand appareil, sont réalisés dans les angles de la pièce C. Seul l’angle nord-est présente un arrondi qui s’explique par la présence du pilier de la retombée de l’arc doubleau de l’espace I. La présence de cet arc a contraint la réalisation de l’arrondi et non d’un quatrième pan coupé. La jonction entre le mur oriental et l’arc doubleau est réalisée par la création d’un second arc doubleau qui vient buter contre le premier dans l’espace I.

Fig. 2 – Essai de phasage chronologique des élévations du rez-de-chaussée de la synagogue de Carpentras

Fig. 2 – Essai de phasage chronologique des élévations du rez-de-chaussée de la synagogue de Carpentras

Relevé : H. Hansen ; DAO : G. Baro (SADV).

8Dans l’espace N, le piédroit découvert dans le mur ouest pourrait correspondre à une porte d’entrée de la synagogue, située dans l’axe de la porte reliant l’espace N à C. Il est possible de constater un abaissement général du niveau de sol dans plusieurs pièces. Celui-ci est certainement en lien avec le procès que l’évêque de Carpentras intente contre la communauté juive car, lors de l’agrandissement des années 1740-1745, le nouveau bâtiment risque d’être trop élevé. Pour contrer cette attaque, il est possible de penser qu’une grande partie du rez-de-chaussée se trouvant sous la salle de prière du premier étage, réservée aux hommes, va connaître un abaissement général du niveau de sol.

9D’un point de vue architectural, cela se traduit par la mise en place d’un dallage dans l’espace C à 0,70 m en dessous du seuil de la porte ouvrant dans le mur ouest (vers l’espace N). Un ressaut de fondation est visible de chaque côté du mur ouest, dans les espaces C et N. Il témoigne de la mise à vue de la fondation du mur. Des marches sont créées pour relier l’espace C à la cour. La porte reliant l’espace C à l’espace N fait l’objet de transformations au niveau du linteau et du seuil, qui sont abaissés.

10Les plafonds de ces espaces sont également abaissés pour pouvoir aménager, au premier étage, une salle de prière avec une hauteur plus importante.

11Les parties au sud (espaces E et F) sont également abaissées, car accessibles au même niveau que l’espace C. Deux arcs surbaissés sont réalisés à cette époque, un pour relier l’espace C aux espaces sud E et F, et un second au nord entre les espaces C et P.

12Il est donc possible de restituer une grande pièce centrale (espace C) accessible par deux portes identiques, percées dans les murs ouest et est, et par deux grands arcs surbaissés au nord et au sud.

13Le mur séparant les espaces O et K est reconstruit légèrement vers le sud et un arc surbaissé est aménagé dans la partie ouest, au moment de la construction.

14Le mur ouest de l’espace O est modifié. Le piédroit sud de la porte septentrionale est reconstruit avec un appareil de blocs calcaires de type molasse à joints grossiers. Cet appareil se retrouve également au niveau de la porte sud percée dans le même mur et dans le pilier situé dans l’angle nord-ouest de l’espace K. Le même type d’appareil montre une certaine simultanéité dans la construction. La construction des deux portes dans le mur ouest de l’espace O a certainement motivé la création d’un arc de décharge situé au-dessus pour répartir le poids de la maçonnerie, fragilisée par ces deux ouvertures.

15La création de la porte sud semble être en lien avec l’aménagement d’une cave, car elle dessert directement l’escalier d’accès.

16L’espace K semble aménagé à cette époque. Constitué en rez-de-chaussée de trois piliers porteurs, il est possible de restituer un espace ouvert mais couvert accessible par des passages aménagés entre les piliers porteurs.

Époque contemporaine (fig. 2)

17À la fin du xviiie s., une cave est aménagée sous l’espace N, servant de genizah. Les fouilles archéologiques menées en 1992 ont montré une seule occupation de cet espace datant de cette époque.

18Le plan cadastral napoléonien représente, en 1828, les limites de la synagogue. Du côté de l’actuelle place Maurice-Charretier, la synagogue n’occupe qu’une fine partie correspondant à l’espace N dans lequel semble se trouver une entrée correspondant au piédroit découvert dans le mur ouest.

19Dans les années 1850, la synagogue fait l’objet de transformations. La salle de prière, au premier étage, est remaniée pour devenir celle que nous visitons aujourd’hui : création des boiseries de style néoclassique, réfection du sol et de la toiture, création de nouvelles tribunes et d’espaces réservés aux femmes.

20La salle de prière du rez-de-chaussée (espace C), jusque-là réservée aux femmes, perd son utilité. Il est donc décidé de créer un nouveau bain chauffé dans la partie sud de l’espace C ainsi qu’un réservoir.

21Dans les années 1890, le ghetto juif, devenu trop insalubre, est en partie détruit et une place est ainsi créée devant la synagogue et autour de la mairie.

22Le vestibule, avec sa façade sur la place, est construit quelques années plus tard, ainsi que l’escalier monumental. Celui-ci est réalisé pour servir de nouvelle entrée à la salle de prière du premier étage. Un couloir est aménagé en utilisant une cloison avec éléments raidisseurs en bois et pierres posées de chant, observable au premier étage de l’espace O.

23Une fois le vestibule construit, des percements sont réalisés, en rez-de-chaussée, pour le relier à l’espace C et aux espaces J et P.

24Les futurs travaux de réhabilitation intérieurs permettront, probablement, d’apporter de plus amples informations sur la chronologie des bâtiments, et notamment sur l’évolution des circulations intérieures.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Relevé en plan du rez-de-chaussée de la synagogue de Carpentras
Crédits Relevé : H. Hansen ; DAO : G. Baro (SADV).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/205463/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 267k
Titre Fig. 2 – Essai de phasage chronologique des élévations du rez-de-chaussée de la synagogue de Carpentras
Crédits Relevé : H. Hansen ; DAO : G. Baro (SADV).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/205463/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 280k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Guilhem Baro, « Carpentras – Synagogue » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 21 juillet 2025, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/205463

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Auteur

Guilhem Baro

Service d’Archéologie du département de Vaucluse

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Responsable d’opération

Guilhem Baro

Service d’Archéologie du département de Vaucluse

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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