Pertuis – Rue Notre-Dame
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
13481Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de Vaucluse
Texte intégral
1Une opération de sondage a été réalisée, au mois d’octobre 2019, par le Service d’archéologie du département de Vaucluse à Pertuis, sur un immeuble du centre ancien de la ville.
2Le projet concerne le réaménagement d’un bâtiment présentant des caractéristiques des xve et xvie s. (anciennes fenêtres avec traverse de pierre, bandeaux en façade, présence d’un escalier à vis).
3L’immeuble présente, sur la rue Notre-Dame, deux pans de façade en pierre de taille (fig. 1). L’appareil est très régulier sur toute la hauteur et montre une seule et unique campagne de construction jusqu’au dernier étage. Cependant, l’appareil montre certaines perturbations en raison de la transformation de percements anciens (fig. 2).
Fig. 1 – Relevé ortho-image de la façade en pierre de taille sur la rue Notre-Dame
Relevé : cabinet Jean-Fritz.
Fig. 2 – Relevé pierre à pierre de la façade en pierre de taille sur la rue Notre-Dame à partir de l’ortho-image
DAO : G. Baro (SADV).
4Les façades sur cour ne montrent pas la même qualité que celles situées sur la rue Notre-Dame. Elles sont construites en moellons grossiers sommairement assisés et la mise en œuvre contraste par rapport à celle sur la rue. Elles sont percées de différentes ouvertures cintrées, témoignant d’une mise en œuvre ou réorganisation de la façade au xviiie s.
5La distribution intérieure se fait par un somptueux escalier à vis, des caves jusqu’au deuxième étage.
6La porte d’accès à la cave possède un linteau en accolade très soigné, typique du début du xvie s. Trois autres portes sont présentes en rez-de-chaussée de la cage d’escalier : une, murée, de très grande qualité, donnant sur la rue Notre-Dame et pouvant correspondre à une porte principale (cf. infra), une deuxième donnant dans un local accessible depuis la porte sur la ruelle et une troisième donnant sur le rez-de-chaussée.
7Les parties les plus anciennes de l’édifice semblent remonter à la fin du xve s. ou au début du xvie s. La façade construite sur la rue Notre-Dame présente une mise en œuvre soignée de cette époque. L’appareil est de belle qualité et les hauteurs d’assises régulières témoignent d’une mise en œuvre simultanée du rez-de-chaussée jusqu’au dernier niveau.
8En rez-de-chaussée de la façade orientale sur la rue Notre-Dame, il est possible de restituer à cette époque deux ouvertures accolées de module identique, en l’occurrence une porte et une fenêtre en plein cintre (fig. 3). Cette disposition laisse envisager la présence d’une échoppe médiévale dans cette partie de l’habitation. Cela se retrouve fréquemment comme disposition : la marchandise à la vente est exposée au niveau de l’appui de la fenêtre, sur laquelle une tablette peut être disposée pour étaler la marchandise. Le blason présent au-dessus de la porte pouvait représenter le type de marchandise proposé dans la boutique.
Fig. 3 – Relevé en élévation des deux pans de façade sur la rue Notre-Dame avec ouvertures originelles restituées avec traverse de pierre
DAO : G. Baro (SADV).
9L’accès principal à l’immeuble se faisait par une porte avec linteau en accolade (aujourd’hui murée), sur la façade nord en pierre de taille, donnant dans la cage d’escalier à vis. Une porte identique donne accès aux caves qui ont été taillées dans la roche. Les maçonneries y sont particulièrement bien soignées et témoignent d’une mise en œuvre médiévale.
10Il est possible de penser que le rez-de-chaussée pouvait être indépendant, dans un premier temps (présence de la boutique médiévale sur la rue Notre-Dame), et qu’il n’existait pas de porte permettant de relier l’escalier à vis au rez-de-chaussée. L’escalier à vis desservait donc le premier et le deuxième étage. Sur la rue Notre-Dame, il existait, à chaque niveau, quatre ouvertures, deux sur la façade est, deux sur la façade ouest, soulignées par un bandeau de pierre (fig. 3). Ces ouvertures étaient divisées en deux parties par une traverse de pierre. L’escalier à vis était éclairé par trois fenêtres (une entre le rez-de-chaussée et le premier, une entre le premier et le deuxième étage et une entre le deuxième et un niveau supérieur) et devait se terminer par une tourelle. Ces ouvertures étaient également divisées en deux par une traverse de pierre. Du côté de l’impasse, le mur de façade présente, en rez-de-chaussée, une mise en œuvre en pierre de taille et semble pouvoir remonter à cette époque. Il est percé par une porte en arc surbaissé.
11Dans un second temps, probablement dans le courant du xviie s., deux portes sont percées en rez-de-chaussée de la cage d’escalier : une donnant vers l’espace accessible depuis la ruelle ; une seconde donnant accès au rez-de-chaussée. Ces deux portes sont très soignées, mais la mise en œuvre des maçonneries avec des joints assez épais laisse à penser que leur réalisation est intervenue dans un second temps. Les piédroits sont chanfreinés mais les linteaux ne portent pas d’accolade comme sur la porte en façade ou celle donnant dans la cave.
12Au xviiie s., l’immeuble fait l’objet d’une réorganisation conséquente. La façade sur la cour est réaménagée et diverses ouvertures cintrées sont créées. Plusieurs transformations affectent les façades de la rue Notre-Dame. Les ouvertures sont modifiées : sur la façade est, deux ouvertures cintrées sont aménagées aux premier et deuxième étages ; elles sont en parties installées dans le bouchage de baies plus anciennes. Les deux autres fenêtres sont condamnées, certainement à la même époque.
13Sur la façade nord, les fenêtres éclairant la cage d’escalier sont en partie bouchées, en partie basse pour celle éclairant le passage du rez-de-chaussée au premier étage, en partie haute pour celle éclairant les marches reliant le premier au deuxième étage. Au premier étage, la baie située près de l’angle avec la ruelle semble obturée tandis que la seconde est bouchée, en parties haute et basse, et transformée en baie cintrée.
14Au deuxième étage, la disposition est inversée par rapport au premier étage : la baie à l’est est obturée tandis que celle située à proximité de l’angle sur la ruelle est obturée en parties haute et basse pour être transformée en baie cintrée.
15Les niveaux de planchers sont réaménagés : au premier et au deuxième étage, les sols sont rehaussés de 0,30 à 0,40 m et sont en adéquation avec les ouvertures cintrées pour lesquelles l’appui se situe à 0,82 m au-dessus du sol du premier étage, 0,84 m au deuxième étage. Les ouvertures médiévales de la fin du xve s. ont un appui à environ 0,50 à 0,60 m au-dessus du sol actuel, ce qui montre une hauteur d’allège insuffisante.
16La toiture est abaissée : la troisième fenêtre de l’escalier à vis est condamnée et bouchée en partie haute. Les fenêtres du deuxième étage ont leur linteau situé sur l’assise en-dessous de la ligne de toiture, ce qui confirme un abaissement général de celle-ci.
17Diverses ouvertures sont percées aux étages sur la ruelle du côté ouest.
18Enfin, au xixe s., une porte est percée en rez-de-chaussée de la façade orientale et, au deuxième étage de la façade nord, la baie située près de l’angle avec la ruelle est complètement obturée.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Relevé ortho-image de la façade en pierre de taille sur la rue Notre-Dame |
| Crédits | Relevé : cabinet Jean-Fritz. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/205624/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,2M |
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| Titre | Fig. 2 – Relevé pierre à pierre de la façade en pierre de taille sur la rue Notre-Dame à partir de l’ortho-image |
| Crédits | DAO : G. Baro (SADV). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/205624/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 522k |
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| Titre | Fig. 3 – Relevé en élévation des deux pans de façade sur la rue Notre-Dame avec ouvertures originelles restituées avec traverse de pierre |
| Crédits | DAO : G. Baro (SADV). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/205624/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 617k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Guilhem Baro, « Pertuis – Rue Notre-Dame » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Provence-Alpes-Côte d’Azur, mis en ligne le 21 juillet 2025, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/205624
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