Limoges – Ancien couvent des Grands Carmes
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Année de l'opération :
1996Chronologie :
époque moderneNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Afan
Texte intégral
1L’intervention conduite à l’emplacement de l’ancien couvent des Grands Carmes, et plus particulièrement aux abords des constructions et aménagements annexes, a permis de mieux connaître un ensemble de rebuts de fabrication de céramiques, postérieur à la vente des bâtiments conventuels comme bien national. L’expertise préalable, conduite en 1995, avait permis de définir plusieurs zones. La fouille a montré leur importance et permis de faire des choix quant aux secteurs à étudier. Ainsi, l’intervention a été limitée à une superficie de 240 m2. Le décapage préalable a montré que les terres avaient été profondément bouleversées par la mise en place des réseaux liés au fonctionnement de l’usine. Toutefois, des grandes fosses ont été mises en évidence et fouillées, ainsi que les restes d’une latrine, comblée de déchets de fabrication.
2La production rencontrée paraît débuter dès la fin du xviiie et le tout début du xixe s., avec une production massive de faïences (fabrique Dussoubs ?), et plus particulièrement de bols à oreilles et leurs couvercles. Ces rebuts, restés à l’état de dégourdi ou émaillés mais déformés ou brisés, étaient accompagnés d’éléments liés à leur cuisson : gazettes, pernettes et rondeaux.
3Une seconde phase de production, sans doute du milieu du xixe s., est marquée par la présence de faïences blanches, décorées de motifs végétaux où dominent le bleu, le vert et le jaune-orange. Rares sont les exemplaires porteurs d’un texte : l’un d’eux porte, en patois limousin, une inscription qui vante « le bon ragoût de Marguissou ». Rien ne permet cependant d’attribuer cette fabrication. Dans le même temps fonctionnait une latrine, dont le comblement inférieur, lié à son usage, a restitué de nombreux objets domestiques : assiettes et tasses en porcelaine, pipes, cure-pipes et tabatière, boutons... Les estampilles sur porcelaine, permettant de dater cet usage, débutent avec le comte d’Artois (fin xviiie s.) et se terminent avec M. Ardant (avant 1878).
4Dès avant le milieu du xixe s., une manufacture de porcelaine était implantée dans les anciens locaux conventuels. Exploitée jusqu’à la construction de l’usine Rouchaud, après 1945, elle a été presque totalement détruite. Presqu’aucun objet ne peut s’y rapporter.
5Enfin, à la fin du xixe et au début du xxe s., fonctionnait un atelier de décorateur (Ahrenfeld ?), dont les déchets étaient rejetés sur les anciens dépotoirs. Leur étude montre que ce décorateur travaillait sur des produits de Limoges (Delignières, et Pouyat notamment), mais également sur des objets provenant de centres de production de porcelaines tendres ou de faïences comme Nans-sous-Sainte-Anne, Givors, Saint-Amand-les-Eaux, Hamage, Creil et Montereau, Sarreguemines, Choisy-le-Roi, Gien, Pexonne et Bordeaux.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Assiette en faïence décorée et légendée fabriquée sur place |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/206123/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 250k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Christian Vallet, « Limoges – Ancien couvent des Grands Carmes » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 21 juillet 2025, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/206123
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