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2019
38 – Isère

Aoste – Contournement d’Aoste, RD 592-RD 1516

Fouille préventive (2019)
Responsable d’opération : Véronique Bastard

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Bastard V. 2024 : Aoste, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes : contournement d’Aoste, RD 592-RD 1516, rapport de fouille, Bron, Inrap, 2 vol.

Texte intégral

1Réalisée dans le cadre du contournement d’Aoste, l’intervention est localisée en périphérie ouest de l’actuel centre-bourg. Identifiée comme l’un des six vici de la cité de Vienne, dont la création remonterait aux années 16-13 av. J.-C., Augustum fait partie des agglomérations secondaires pour lesquelles les connaissances sont encore très largement lacunaires, même si la multiplication des opérations d’archéologie préventive ces dernières années tend à combler progressivement ces manques. On évoque ici, notamment, le projet de déviation routière, qui a engendré la réalisation de deux fouilles situées directement à l’est de la rivière Bièvre, de part et d’autre de la RD 1516 qui reprend, peu ou prou, le tracé de l’importante voie romaine entre Vienne et l’Italie.

2Une première intervention conduite sur près de 1 ha en 2017 sous la direction de T. Silvino (Éveha) avait mis en lumière la présence de plusieurs îlots urbanisés, qui attestent une extension du vicus dans ce secteur de la commune jusqu’alors méconnu.

3Cette nouvelle opération concerne une parcelle de 3 500 m2, précédemment occupée par une usine et située dans un secteur très humide, voire marécageux, où le diagnostic n’avait pu être exhaustif. De fait, la fouille a été menée dans des conditions particulièrement difficiles, dues à des contraintes d’inondations fréquentes, mais également à un manque de moyens induit par une sous-évaluation du potentiel du site. Ainsi, des choix draconiens ont dû être réalisés sur le terrain et de nombreux vestiges n’ont malheureusement pu être fouillés. L’emprise s’est révélée beaucoup plus densément occupée qu’attendu, avec de plus des phases d’occupation, notamment tardo-antiques, non prévues.

Fig. 1 – Plan des sondages de diagnostic et localisation des emprises de fouille

Fig. 1 – Plan des sondages de diagnostic et localisation des emprises de fouille

Échelle : 1/1500.

DAO : V. Bastard (Inrap).

4Si quelques structures fossoyées et objets isolés témoignent d’une fréquentation pré-antique, c’est seulement à partir des années 30-60 apr. J.-C. qu’apparaissent les premières traces d’une véritable installation pérenne sur le site. Deux bâtiments sont installés proches de la voie de Vienne, au sud-est de l’emprise, alors que, par ailleurs, les traces d’une activité artisanale ont pu être mises en évidence à l’ouest, à proximité d’un point d’eau canalisé. L’hypothèse d’un ensemble dédié au tannage des peaux est proposée, sans pouvoir toutefois être attestée. À ce stade, l’occupation de la parcelle reste néanmoins dispersée et les vestiges identifiés donnent l’image d’une petite zone d’activité excentrée.

Fig. 2 – Plan de localisation des vestiges antiques de l’état 1

Fig. 2 – Plan de localisation des vestiges antiques de l’état 1

Échelle : 1/400.

Levé : V. Vachon ; DAO : V. Bastard (Inrap).

5À partir des années 70 apr. J.-C. et jusqu’au milieu du iie s., le site connaît une forte expansion et de nouvelles constructions paraissent désormais parfaitement intégrées dans une trame urbaine dense et orthonormée. Celles-ci se développent sur une large part de l’emprise et s’organisent autour de ruelles, sous lesquelles un réseau hydraulique est installé. Ce quartier du vicus reste toujours, semble-t-il, principalement tourné vers des activités artisanales et/ou commerciales. Un vaste bâtiment interprété comme un entrepôt, une série de salles à four central évoquant des boutiques ou ateliers, et une zone d’activité extérieure où la petite ferronnerie apparaît prédominante occupent le sud du site, au plus proche de la voie. Au nord, un édifice de plan atypique, pouvant correspondre à un atelier de foulon ou de tanneur, constitue le principal élément mis en évidence. Plusieurs indices laissent, par ailleurs, entrevoir la possibilité d’un maintien d’une activité de tannage se pratiquant à l’écart des habitations, à l’ouest.

Fig. 3 – Plan de localisation des vestiges antiques de l’état 2

Fig. 3 – Plan de localisation des vestiges antiques de l’état 2

Échelle : 1/400.

Levé : V. Vachon ; DAO : V. Bastard (Inrap).

6L’évolution du site entre le milieu du iie et le iiie s. apr. J.-C. reste difficile à appréhender, en raison de nombreuses perturbations dues aux occupations postérieures associées aux conditions particulières de l’intervention. Il semble néanmoins que ce quartier du vicus continue, dans un premier temps, à fonctionner et à se développer au cours de cette période, avec l’ajout de nouvelles constructions à l’ouest, dans un secteur proche de la rivière et sujet aux risques d’inondations. Dans le courant du iiie s. apr. J.-C., une large moitié nord de l’emprise est néanmoins abandonnée et l’occupation se recentre sur les parcelles les plus au sud. Le médiocre état de conservation de cette phase d’occupation ne permet pas d’affiner les datations ni de préciser si cet abandon est à rattacher à la crise générale du iiie s., ou s’il trouve une origine plus locale et environnementale, liée peut-être à des débordements de la Bièvre qui rendent le secteur moins attractif.

7Par la suite, tous les vestiges antiques sont scellés par un limon argileux brun très foncé, qui s’apparente aux terres noires dites « médiévales », et qui contient un abondant mobilier tardo-antique comprenant, notamment, plus de 200 monnaies (fin iiie à début ve s. apr. J.-C.). L’étude micromorphologique de trois prélèvements pratiqués sur le site montre que cet horizon très organique est dû à l’accumulation de végétaux, dans un secteur devenu très humide, mais où les activités humaines ne sont, pour autant, pas absentes. Des traces de piétinements, ainsi que la présence d’un probable mur de terre crue, ont notamment été mises en évidence au sein de ce niveau, qui n’a malheureusement pas été perçu au cours du diagnostic car il se différencie très difficilement de la couche sus-jacente d’époque moderne. De fait, la prescription et les moyens prévus pour l’intervention n’ont pas pris en compte la présence de cette couche d’occupation, dans laquelle les structures archéologiques se distinguent de plus très mal, et qui aurait nécessité une fouille minutieuse, mais a dû être principalement traitée par passes mécaniques.

8Une certaine continuité de l’occupation semble, dans un premier temps, établie au sud, avec le maintien probable d’une partie au moins des constructions antiques. Par ailleurs, une petite nécropole s’installe au nord-est, sur les parcelles abandonnées, entre la fin du iiie et le ive s. apr. J.-C. Deux crémations et une sépulture sont attestées, mais huit autres structures non fouillées, de plan oblong ou comportant des esquilles osseuses, font probablement partie de l’ensemble funéraire.

9Au nord-ouest, la présence d’assez nombreux trous de poteau et d’au moins une nouvelle construction témoigne d’un réinvestissement quasi total de l’emprise, qui s’opère dans le courant du ive s. apr. J.-C., malgré un contexte a priori peu favorable de zone inondable. Les niveaux en relation avec ces structures sont riches en mobilier de tout type et donnent l’image d’un secteur densément occupé, dans lequel se pratiquent de multiples activités. Les éléments récoltés ne permettent pas d’aborder précisément le plan de cette phase d’occupation.

10C’est dans un second temps, semble-t-il, entre la fin du ive et le ve s. apr. J.-C., qu’un réseau de fossés peu profond, correspondant peut-être à des limites parcellaires et aux fossés bordiers d’un axe de circulation nord-sud, sont aménagés.

11Quoi qu’il en soit, le site ne paraît plus fréquenté que de manière sporadique à partir du ve s. et durant les périodes médiévale et moderne. De nombreux drains post-antiques et les vestiges de clôtures en bois indiquent une probable utilisation de la parcelle pour des activités agricoles, et ce jusqu’à l’époque contemporaine qui voit la construction de deux usines successives sur un épais remblai.

Fig. 4 – Plan général des vestiges avec restitution des phases d’occupation

Fig. 4 – Plan général des vestiges avec restitution des phases d’occupation

Échelle : 1/400.

Levé, SIG et DAO : V. Vachon (Inrap).

Fig. 5 – Plan général des vestiges par type de structure

Fig. 5 – Plan général des vestiges par type de structure

Échelle : 1/400.

Levé, SIG et DAO : V. Vachon (Inrap).

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Bibliographie

Bastard V. 2022 : Aoste, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes : route de la Steida, rapport de fouille, Bron, Inrap.

Bleu S. 2018 : Aoste, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes : contournement d’Aoste, RD 592-RD 1516, phases 1 et 2, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.

Silvino T. 2019 : Aoste, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes : contournement RD 592, RD 1516, rapport final d’opération archéologique, Limoges, Éveha, 5 vol.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Plan des sondages de diagnostic et localisation des emprises de fouille
Légende Échelle : 1/1500.
Crédits DAO : V. Bastard (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211590/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 790k
Titre Fig. 2 – Plan de localisation des vestiges antiques de l’état 1
Légende Échelle : 1/400.
Crédits Levé : V. Vachon ; DAO : V. Bastard (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211590/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 640k
Titre Fig. 3 – Plan de localisation des vestiges antiques de l’état 2
Légende Échelle : 1/400.
Crédits Levé : V. Vachon ; DAO : V. Bastard (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211590/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 699k
Titre Fig. 4 – Plan général des vestiges avec restitution des phases d’occupation
Légende Échelle : 1/400.
Crédits Levé, SIG et DAO : V. Vachon (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211590/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 875k
Titre Fig. 5 – Plan général des vestiges par type de structure
Légende Échelle : 1/400.
Crédits Levé, SIG et DAO : V. Vachon (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211590/img-5.jpg
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Pour citer cet article

Référence électronique

Véronique Bastard, « Aoste – Contournement d’Aoste, RD 592-RD 1516 » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 26 août 2025, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/211590

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Véronique Bastard

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