Vienne – 11 rue du Cirque
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
2213419Sujets :
voirie, voie, édifice public, édifice de spectacle, théâtre (édifice), théâtre romain, habitation, maison, mur de soutènement, terrasse, poterie, céramique romaine, céramique gallo-romaine, terre cuite architecturaleNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Parent D. 2019 : Vienne, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes : 11 rue du Cirque, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.
Texte intégral
1Ce diagnostic est motivé par le projet de création d’une « maison du Jazz », en liaison avec le festival Jazz à Vienne, qui se déroule chaque année dans le théâtre antique de la ville. L’emprise est installée dans un système de terrasses complexe, sur le flanc méridional du mont Pipet contre lequel est construit, sur son versant ouest, le théâtre antique de Vienne. Le mur périmétral de la cavea constitue ainsi le mur mitoyen nord de l’emprise.
Fig. 1 – Localisation de l’intervention sur un extrait du futur atlas topographique de Vienne
DAO : D. Parent (Inrap).
Fig. 2 – Plan topographique des sondages et des vestiges
Fond de plan : aménageur ; DAO : D. Parent (Inrap).
2La première terrasse domine la montée Saint-Marcel de 6 m. La présence dans les sondages, sur cette première terrasse, de maçonneries parallèles au mur de soutènement montre que cet aménagement a dû être repris, soit pour des raisons de stabilité liées à cette grande hauteur, soit pour élargir la terrasse, peut-être au moment de la construction de la maison sur rue au xxe s.
3Une première maison ouvre sur cette terrasse. Elle est installée en « encoche » dans la pente, comme le montre la présence de quatre terrasses latérales. Les murs de soutènement sont tous construits sur le même modèle, avec un blocage de « dallettes » de schiste et des insertions de terre cuite architecturale moderne liées avec un mortier de chaux blanchâtre. Le parement, y compris le jointement, a été largement repris au ciment gris contemporain. Aucun élément antique n’est présent, même en remploi. L’adéquation du niveau des portes de la maison ouvrant sur ces terrasses confirme une mise en place moderne. Au-dessus de l’emprise, plusieurs terrasses sont également présentes, afin de stabiliser le terrain, et probablement aussi afin de servir à des buts agricoles ou potagers. Cette maison, en ruine, présente une architecture vernaculaire pouvant dater de la fin du xviiie ou du début du xixe s. Cependant, le mur situé à l’arrière, contre la pente, présente des caractéristiques attribuables à la construction romaine, avec une maçonnerie utilisant deux arases de brique double. L’arase supérieure est partiellement masquée par une reprise liée à la voûte. Le reste du parement est constitué de moellons grossièrement disposés en lits, mais sans former d’opus caractéristique. Les joints larges, parfois beurrés, utilisent un mortier de couleur ocre rosé.
4Un deuxième bâtiment, datant probablement du deuxième quart du xxe s., est lui directement accessible depuis la rue. On retrouve à l’arrière un système de terrasses, d’abord sous forme d’une cour « anglaise », puis, au-dessus, en appui contre les maçonneries du théâtre. Sa seule particularité consiste en un curieux captage d’eau creusé dans le rocher au fond de sa cave. Aucun indice ne permet d’attribuer cet aménagement à une date antérieure à la construction de la maison. Sa localisation et son altitude compatible avec des dalles de granite de grandes dimensions, pouvant appartenir à une voie antique, et qui ont été découvertes lors de sondages géotechniques réalisés au rez-de-chaussée de ce bâtiment, amènent tout de même à s’interroger sur une éventuelle datation antique.
5Par ailleurs, cinq blocs de grand appareil en calcaire blanc sont conservés dans le mur de terrasse de l’Association arménienne, qui se situe dans le prolongement du mur de soutènement de la cavea du théâtre antique. Les cinq blocs sont superposés et en place. D’une part, les joints horizontaux entre les trois blocs inférieurs n’utilisent pas de mortier et présentent des interstices millimétriques, et d’autre part, le creusement entre deux blocs correspond probablement à un essai de récupération du métal des agrafes reliant les blocs : le creusement symétrique sur les deux blocs montre que ceux-ci sont effectivement en place. Si l’on peut donc estimer que cet aménagement s’insère dans le complexe général du théâtre, sa fonction dans cet édifice reste à préciser.
6Quatre sondages sédimentaires, d’une surface de 90 m2 représentant 6,3 % de l’emprise totale et 20 % de l’emprise accessible, ont essentiellement livré des vestiges d’époque moderne, en lien avec les aménagements en terrasse des deux maisons. Toutefois, des sondages géotechniques menés dans la maison la plus récente ont permis de mettre au jour des gros blocs de granite, qui pourraient évoquer une voie bordée par un trottoir orientée sud-est – nord-ouest et se dirigeant peut-être vers le théâtre antique, localisé au nord de la parcelle concernée par cette opération. Dans les sondages 2 et 3, implantés sur les terrasses supérieures, deux couches en fond de sondage tranchent, par leur nature, avec les strates les recouvrant. Il s’agit de couches organiques noires avec de nombreux charbons de bois. Dans le sondage 3, elles sont associées avec un gros bloc de granite, sur lequel subsistent des traces de mortier jaunâtre, supposant que ce bloc provient du démantèlement d’une maçonnerie plus ancienne. Les éléments archéologiques mis au jour dans cette couche sont exclusivement gallo-romains, constitués de fragments de céramique, de marbre et de terre cuite architecturale, sans que l’on puisse trancher s’il s’agit d’un remblai antique rapporté à une époque plus récente ou d’une couche en place matérialisant le niveau d’ouverture d’une terrasse romaine. L’interprétation ne peut être que très vague, mais montre tout de même la présence d’aménagements antiques dans cette pente, dont le vestige le mieux conservé est constitué par le mur en élévation conservé à l’arrière de la maison de la parcelle AZ 118.
7Malgré la présence immédiate du théâtre antique et celle de l’Odéon de l’autre côté du vallon Saint-Marcel, cette opération n’a livré qu’une présence assez diffuse de vestiges de cette période. Deux aménagements retiennent toutefois l’attention. Cinq blocs, en place, de grand appareil, sont présents dans la maçonnerie située sur le tracé du mur de soutènement de la cavea du théâtre, rappelant sa présence dans ce secteur, moins visible que dans le monument restauré. Un mur de facture romaine, remployé dans une maison construite en encoche, se trouve en position de mur de soutènement. Les autres aménagements sont liés à l’époque contemporaine, mais la forte présence de terrasses de cette époque a peut-être repris et masqué des aménagements similaires antiques, comme semble l’indiquer ce mur en remploi. Le relief et la présence du théâtre laissent en effet envisager un aménagement large du site.
8Des observations très limitées faites à l’occasion de sondages géotechniques amènent aussi à s’interroger sur la présence éventuelle d’une voie, en relation avec les deux monuments antiques situés de part et d’autre du vallon.
9En dehors des périodes antique et contemporaine, aucun vestige n’a été décelé.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Localisation de l’intervention sur un extrait du futur atlas topographique de Vienne |
| Crédits | DAO : D. Parent (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211926/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 815k |
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| Titre | Fig. 2 – Plan topographique des sondages et des vestiges |
| Crédits | Fond de plan : aménageur ; DAO : D. Parent (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/211926/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 771k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Daniel Parent, « Vienne – 11 rue du Cirque » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 26 août 2025, consulté le 12 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/211926
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