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AccueilRégionsAuvergne-Rhône-Alpes201938 – IsèreLe Rhône, du PK 37 au PK 47

2019
38 – Isère

Le Rhône, du PK 37 au PK 47

Prospection diachronique (2019)
Responsable d’opération : Franck Pothé

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Groupe de recherche et d’archéologie aquatique lyonnais

Pothé G. 2019 : Prospection diachronique du Rhône du PK 37 au PK 47, département de l’Isère, communes de Saint-Romain-de-Jalionas, Vernas, Hières-sur-Amby.

Texte intégral

1La prospection diachronique subaquatique menée en 2019 par les plongeurs du Graal a eu pour cadre la rive gauche du haut Rhône, entre les points kilométriques (PK) 37 et 47, sur les communes de Saint-Romain-de-Jalionas, Vernas et Hières-sur-Amby, toutes trois situées dans le département de l’Isère, avec deux objectifs :

  • renseigner la carte archéologique ;
  • apporter des informations complémentaires à trois acteurs de l’archéologie intervenant sur les berges, à proximité du fleuve : Robert Royet, responsable scientifique des fouilles du site de Vernai à Saint-Romain-de-Jalionas, Franck Perrin, qui étudie la nécropole qui s’étale le long du Rhône sur la commune de Saint-Romain-de-Jalionas, et José Dias, directeur du musée d’Hières-sur-Amby.

2Compte tenu des conditions difficiles d’intervention (faible profondeur générant un courant violent), la prospection s’est déroulée durant la période d’étiage du Rhône, en septembre et octobre, et s’est concentrée sur la zone située entre les PK 39,8 et 41,8. Cette zone paraissait être la plus prometteuse, du fait de la présence, en rive gauche, à proximité du fleuve, de plusieurs tumulus, de tombes gauloises, et de l’existence sur les deux rives de voies antiques aboutissant au Rhône, laissant supposer la présence d’un lieu de franchissement (gué, bac…).

3Au PK 39,8, à une dizaine de mètres du bord, la présence d’un amoncellement de pierres d’origine anthropique, reposant au milieu des galets qui tapissent le fond du fleuve, a attiré l’attention des plongeurs. Au milieu de certaines d’entre elles sont apparus des fragments d’os de porcins ou d’ovins calcinés, des noix, des glands et des charbons de bois. Par ailleurs, certaines pierres présentaient des traces de combustion. Des prélèvements ont été effectués pour une datation future des os et des charbons de bois, mais l’hypothèse selon laquelle cet amoncellement de pierres constituerait les vestiges, arasés par les affouillements de la berge, d’un ancien tumulus ou d’une tombe gauloise, comme ceux ou celles se trouvant à proximité, n’est pas exclue. Seule une datation de ces artefacts pourra venir confirmer ou infirmer cette hypothèse.

4Environ 700 m plus en amont, à une quinzaine de mètres du rivage (PK 40,5), repose, à plat sur le fond, l’épave d’un bateau en bois d’environ 11 m de long pour au moins 2,10 m de large (longueur du tableau arrière conservée). Positionnée perpendiculairement au courant, la poupe en direction de la berge, elle apparaît partiellement conservée sur son côté tribord, son côté bâbord ayant complètement disparu. Outre une partie de la sole conservée sur quasiment toute sa longueur, son tableau arrière et son bordé tribord vertical ne sont en élévation que sur une dizaine de centimètres, protégés par les galets qui recouvrent le fond du fleuve. Quelques râbles et quelques courbes sont conservés partiellement. Positionnée à proximité de l’emplacement supposé du lieu de franchissement antique du fleuve, la présence de cette épave à cet endroit reste énigmatique. Un prélèvement de bois a été réalisé pour une datation future, qui permettrait de savoir si ce bateau est en lien avec le contexte antique terrestre du secteur ou s’il est moderne.

5400 m plus en amont, sur environ 80 m de large, le fond, jusqu’alors recouvert de galets, est constitué par la roche mère qui affleure sur au moins un tiers de la largeur du Rhône par 2,5 à 3 m de fond. Cette « dalle » très érodée, et donc plus profonde qu’elle ne l’était à l’Antiquité, offre une bonne assise pour traverser le fleuve à gué, et cela d’autant plus qu’elle semble se poursuivre jusqu’en rive droite, comme la transparence des eaux a pu le laisser entrevoir de la surface. Ce constat conforte l’hypothèse émise par plusieurs chercheurs, à savoir la présence dans le secteur d’un gué, dit « de Saint-Oyand », qui relierait les deux voies antiques longeant le fleuve. Relativement lisse en bordure de fleuve en rive gauche, ce socle rocheux présente, dans sa partie immergée, de nombreuses aspérités, causées par le courant et les galets déplacés par le fleuve. Dans ces cavités emplies de sable et de gravier ont été trouvées six pièces de monnaie datant du Haut-Empire (60-80 apr. J.-C.), une épée gauloise encore dans son fourreau identifiée comme étant d’époque laténienne tardive, une sorte de « bague » en bronze faisant penser à un anneau sigillaire, une hache-marteau possédant encore un morceau de son manche en bois, et plusieurs tessons de céramiques dont la typologie permet de les dater du ier s. apr. J.-C. et, plus exactement, de la seconde moitié de ce siècle. Les gués ayant souvent un caractère votif, la présence de ces artefacts à cet endroit semble confirmer que ce socle rocheux constitue bien le lieu recherché de franchissement du fleuve.

6Quelques dizaines de mètres plus en amont, sur la bande de rive découverte par le retrait des eaux consécutif à l’étiage du Rhône sont apparues de nombreuses pierres qui décrivent un cercle de 5 à 6 m de diamètre. Aucun artefact, hormis quelques tessons de tegulae découverts à proximité, ne permet de caractériser et de dater cet aménagement qui, rappelons-le, s’inscrit dans un environnement marqué par la présence de nombreux tumulus.

7La zone prospectée, bien que modeste en distance, revêt un intérêt certain du fait des nombreux sites ou artefacts mis à jour. Plusieurs prélèvements ont été réalisés afin d’effectuer, dès 2020, des datations radiocarbone qui permettront de mieux caractériser les différents aménagements découverts ainsi que l’épave de bateau.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Franck Pothé, « Le Rhône, du PK 37 au PK 47 » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 26 août 2025, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/212010

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Auteur

Franck Pothé

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Responsable d’opération

Franck Pothé

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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