ArchéoMartres, Les Martres-de-Veyre
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
038450Sujets :
nécropole, sépulture, sépulture à inhumation, sépulture à incinération, contenant funéraire, coffre funéraire en bois, cercueil, vase-ossuaire, urne, poterie, céramique romaine, céramique gallo-romaine, vêtement, tunique, accessoire vestimentaire, chaussure, artisanat, vannerie, peau, cuir, ossement animalLieux :
France métropolitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, Département du Puy-de-Dôme, Les Martres-de-VeyreChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, Bas-Empire romainNature de l'opération :
projet collectif de rechercheNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Université Clermont Auvergne
Breniquet C. 2019 : Rapport d’opération 2019. PCR ArchéoMartres. La nécropole gallo-romaine des Martres-de-Veyre en contexte. Étude scientifique et valorisation des collections gallo-romaines conservées au musée Bargoin de Clermont-Ferrand.
Texte intégral
1Le PCR ArchéoMartres a pour objectif l’étude intégrée des collections de la nécropole gallo-romaine fouillée aux Martres-de-Veyre au xixe s. et au début du xxe s. et conservées au musée Bargoin de Clermont-Ferrand. Ce programme opère sur plusieurs plans complémentaires : recherches documentaires sur l’histoire des collections, étude anthropologique des ossements conservés au musée, inventaire des collections par matériaux et par tombe, études approfondies ponctuelles pour certaines pièces exceptionnelles (textiles, bois, vanneries, etc.), analyses physico-chimiques (datations, détermination des fibres textiles, études des résidus alimentaires dans les céramiques, etc.). Les institutions impliquées dans ce programme sont l’université Clermont Auvergne, la Maison des sciences de l’homme de Clermont-Ferrand, le musée Bargoin et l’Inrap, auxquels s’ajoutent des laboratoires prestataires extérieurs.
Fig. 1 – Essais de localisation des espaces funéraires sur les photographies aériennes, le cadastre napoléonien et les relevés de fouilles
DAO : M. Dacko, P. Lorente Sebastian.
Fig. 2 – Essais de localisation des espaces funéraires sur le cadastre actuel
Fond de carte : plan cadastral de 1820 (section D de Champ-Grand, deuxième feuille, AD 63 cote 51 FI 645) et orthophotographie de 2013 (CRAIG, IGN/TopoGEODIS) ; DAO : M. Dacko, P. Lorente Sebastian.
2Depuis 2017, date de lancement de ce programme, nous avons beaucoup progressé dans notre connaissance des collections, notamment sur le plan historiographique, grâce à l’établissement d’inventaires précis réalisés par les agents du musée et par d’autres chercheurs (S. Desrosiers en particulier pour les textiles), et grâce à la découverte de plusieurs documents d’archive inédits rédigés par différents fouilleurs et érudits locaux (G. Desbouis, J.-E. Kuhn, A. Audollent notamment).
3Une partie des pièces textiles constituant une des collections inédites les plus originales d’Europe a pu être inventoriée. La pièce maîtresse de cet ensemble est la tunique entière qui fut longtemps l’emblème du musée Bargoin, mais une seconde tunique (en morceaux, car arrachée à son contexte par une brèche ouverte dans le cercueil où elle se trouvait) a pu être réassemblée, ce qui constitue une découverte majeure, signalée dès le rapport 2018. De multiples observations techniques ont pu être faites (armure, fautes de tissage, finitions, type de métier à tisser, etc.). Les vanneries, les chaussures et les cuirs ont également fait l’objet d’études spécialisées. La tombe I, dont le cercueil ramené au musée Bargoin par A. Audollent conservait encore son contenu, a servi de point de départ à une analyse plus intégrée de l’ensemble des vestiges ainsi qu’à des essais de datations croisées (dendrochronologie, céramique, radiocarbone).
4Toutefois, le seuil décisif fut franchi en 2019 avec la participation des chercheurs de l’Inrap à ce programme. Quatre collaborateurs de l’institut sont en effet associés au PCR ArchéoMartres : Frédérique Blaizot (anthropologie funéraire), Manon Cabanis (carpologie), Pierre Caillat (archéozoologie), Alain Wittmann (céramologie).
5En effet, l’année 2019 a vu l’initiation d’études de première importance, notamment sur le plan de l’anthropologie funéraire. Cette étude a fait l’objet d’un mémoire de master 2 élaboré et rédigé par Paloma Lorente Sebastian, sous la direction de F. Blaizot. Un inventaire précis et critique des ossements humains conservés au musée a été réalisé : ossements isolés ou associés à des restes textiles provenant d’inhumations dont on ignorait le nombre et 19 urnes à crémation. Tous les paramètres possibles (sexe, âge, pathologies, taphonomie, etc.) ont été déterminés quand cela était possible, malgré la difficulté attachée à ce travail en raison de l’état des collections. Par exemple, les urnes contenant les restes de crémation présentaient un contenu bouleversé, dépourvu de sédiments, et sans doute incomplet (petits os absents), limitant d’emblée l’étude (modalités de ramassage des ossements sur les bûchers, aménagement des urnes). Des ossements animaux ont été repérés dans les urnes cinéraires.
6Malgré les limites inhérentes aux collections conservées, ces avancées exceptionnelles autorisent une première approche globale de l’espace funéraire. Celui-ci est mixte (inhumations et crémations) et d’une superficie confirmée d’au moins 6 000 m2. Son emplacement dans l’agglomération antique rapporté au cadastre actuel, et sa datation (ier-iiie s. apr. J.-C.) ont pu être confirmés. En outre, les modalités de découverte et l’emplacement des ensembles funéraires ont pu être précisés (quelque 90 inhumations et crémations, et non la demi-douzaine évoquée par A. Audollent). Dans beaucoup de cas, les informations et le matériel des ensembles funéraires font défaut, mais une numérotation nouvelle et plus complète de ces ensembles peut désormais être proposée.
7Cette avancée majeure a eu également des répercussions sur notre compréhension de l’histoire des collections au musée. Ainsi, ce sont trois cercueils qui intègrent le musée Bargoin à l’issue des fouilles d’A. Audollent dans les années 1920, dont deux (en pin et en chêne) ont été exposés dans les salles, sans doute encore remplis de leur contenu respectif. L’un est celui de la tombe I (SP 47) mentionnée plus haut, l’autre contenait un·e défunt·e vêtu·e de la seconde tunique (SP 48). La reconstitution de la stratigraphie des dépôts textiles dans le cercueil a pu être faite grâce à des observations de détail ainsi que grâce à la collaboration des anthropologues avec les spécialistes du textile, F. Médard notamment. On discute encore pour savoir si ces deux inhumations en cercueil ont été découvertes par A. Audollent ou si l’une d’elles n’aurait pas été « retrouvée » après avoir été dégagée en 1893 (tombe A ? tombe E ? autre tombe ?). Les boîtes, dites « brut de fouilles », qui contenaient des fragments du contenu encore spatialisé de cette tombe et conservées au musée, correspondent vraisemblablement à la vidange de ce second cercueil, aujourd’hui « perdu », sans doute après avoir subi une détérioration irrémédiable après une inondation.
8Parallèlement au travail sur les ossements, des recherches croisées ont pu être lancées sur l’environnement, articulées aux pratiques funéraires (macrorestes en cours d’étude par M. Cabanis, ossements animaux contenus dans les urnes à crémation par P. Caillat, fibres textiles, objets en bois par F. Blondel), mais aussi sur les associations de céramiques dans les ensembles funéraires par A. Wittmann (bien que l’inventaire des vases par tombe résiste encore à l’analyse).
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Essais de localisation des espaces funéraires sur les photographies aériennes, le cadastre napoléonien et les relevés de fouilles |
| Crédits | DAO : M. Dacko, P. Lorente Sebastian. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/212127/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 538k |
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| Titre | Fig. 2 – Essais de localisation des espaces funéraires sur le cadastre actuel |
| Crédits | Fond de carte : plan cadastral de 1820 (section D de Champ-Grand, deuxième feuille, AD 63 cote 51 FI 645) et orthophotographie de 2013 (CRAIG, IGN/TopoGEODIS) ; DAO : M. Dacko, P. Lorente Sebastian. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/212127/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 463k |
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| Titre | Fig. 3 – Le deuxième cercueil exposé au musée Bargoin en 1954 |
| Crédits | Cliché : musée Bargoin. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/212127/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 294k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Catherine Breniquet, « ArchéoMartres, Les Martres-de-Veyre » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 26 août 2025, consulté le 06 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/212127
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