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2019
Projets collectifs de recherche

Lyon (5e) – Le théâtre et son environnement de l’Antiquité à nos jours, parc archéologique de Fourvière

Projet collectif de recherche (2019)
Responsable d’opération : Djamila Fellague

Notes de la rédaction

Fellague D. 2019 : Rapport intermédiaire 2019. PCR 2018-2020. Le théâtre romain de Lyon et son environnement, de l’Antiquité à nos jours, 2 vol.

Texte intégral

1Le PCR 2018-2020 « Le théâtre romain de Lyon et son environnement, de l’Antiquité à nos jours » est motivé par l’existence d’un décalage entre l’importance des vestiges, qui ont pesé en faveur de l’inscription d’un secteur de Lyon sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité en 1998, et leur connaissance scientifique. En vivant avec un tel monument, qui fait partie du paysage de la ville actuelle et de son identité depuis 1933, on en oublierait presque qu’il n’existe pas d’étude complète des vestiges en place, que des milliers de pièces exhumées restent à inventorier, et même déjà à retrouver, dans les réserves ou dehors, et qu’une partie des vestiges antiques est menacée.

2De multiples axes de recherches concernent différents secteurs et périodes, avec un degré d’intérêt différent en fonction des problématiques. Ainsi, le PCR vise à faire le point sur les vestiges antiques du théâtre (vestiges en place et erratiques), sur une partie des vestiges méconnus de l’environnement du monument de l’Antiquité à nos jours, sur l’histoire des fouilles « des théâtres » et des restaurations (fin xixe s. et à partir de 1933), ainsi que plus généralement sur l’histoire et l’archéologie d’une partie du parc archéologique, de l’Antiquité à nos jours. Cependant, il ne s’agira pas de faire l’étude des vestiges antiques du pseudo-sanctuaire de Cybèle ni, a priori, de se lancer dans une étude des vestiges en place de l’odéon, sauf exception, motivée par une recherche de comparaison avec les vestiges du théâtre. C’est ainsi une étude diachronique et multiscalaire, à l’échelle d’objets comme d’un monument, à l’échelle d’un édifice comme d’un site.

3Avant d’être en mesure de réaliser une synthèse sur le théâtre et son environnement de l’Antiquité à nos jours, il est nécessaire de recueillir les données qui pourront la nourrir. Aussi, les objectifs de recherche à court et moyen termes sont :

  • avoir une vue d’ensemble de la documentation existante concernant les archives et les thématiques qu’elles couvrent, et les exploiter progressivement ;
  • avancer, chaque année, sur la connaissance du mobilier antique ou moderne exhumé dans les fouilles anciennes « des théâtres », site de Cybèle exclu. Cela nécessite au préalable de le retrouver et de l’inventorier de manière plus ou moins précise ;
  • étudier, par petits secteurs, des vestiges en place du théâtre ou de son environnement ;
  • faire avancer la connaissance sur les pièces de remploi, afin d’identifier des pièces lapidaires qui proviennent du site ou qui pourraient en provenir.

4Le point commun de toutes ces études est le souci de connecter une documentation d’archives avec des vestiges matériels. Voici une liste non exhaustive des travaux qui ont été conduits en 2019 pour remplir les objectifs de recherche énoncés.

5Des dépouillements d’archives ont continué à être menés, exclusivement à Lyon cette année. Certaines informations d’archives ont été utilisées pour l’étude de vestiges.

6Un examen des plans existants par N. Morelle confirme la nécessité de produire de nouveaux plans précis des vestiges en place. Grâce à la collaboration précieuse avec le SAVL, N. Morelle a, par ailleurs, réalisé une photogrammétrie de l’aditus nord qui nous sert d’outil pour mener une étude de ce secteur du théâtre. En 2019, les observations se sont concentrées en particulier sur le relevé des traces de placage du mur est de l’aditus nord (parement occidental).

7Quelques explorations dans des caisses des réserves ont été réalisées pour continuer d’identifier les pièces d’architecture exhumées dans les fouilles anciennes, et une mise au point a été faite sur des informations concernant un petit nombre de sculptures (date et lieu de découverte, identification nouvelle d’un modeste fragment). Une première ébauche du catalogue des pièces inscrites inédites en calcaire est fournie. Nous pourrons ainsi poursuivre l’année prochaine avec le début de rédaction du catalogue des pièces en marbre.

8Le résultat d’analyse sur des pigments sera connu l’année prochaine et pourra donc continuer à alimenter la réflexion sur l’usage et la nature de certains pigments, que ce soit sur des pièces inscrites ou des enduits peints. Un travail a été conduit sur l’inventaire d’une centaine de kilogrammes d’enduits peints inédits (secteur des « boutiques » au-dessus de l’odéon), dont l’étude pourra commencer l’année prochaine. En revanche, concernant l’étude de lots de céramique antique, nous n’irons sans doute guère plus loin que l’examen qui a été conduit cette année sur des pièces augustéennes trouvées dans plusieurs contextes différents autour du théâtre. Nous pourrons, en revanche, nous intéresser à des éléments particuliers pour leur iconographie ou leurs inscriptions. Parmi les céramiques modernes, conservées par erreur ou par hasard, deux éléments se rapportent à l’occupation des xvie-xviie s., mais nous conservons surtout des témoignages de l’occupation du xviiie s., avec notamment des objets en lien avec le jardin.

9Nous avons réexaminé une partie des arguments utilisés en 2017 pour formuler l’hypothèse de l’existence possible d’un espace funéraire de l’Antiquité tardive ou du début du Moyen Âge sur le site, ce qui nous a conduits à revoir complètement l’interprétation de trois des quatre découvertes mentionnées. Ainsi, une des découvertes se rapporte à des tombes du xixe s. sur le site. Pour la quatrième découverte mentionnée dans le journal de fouilles, nous avons suivi une piste pour tenter de retrouver des os de la dépouille d’un enfant. Nous verrons l’année prochaine si une investigation peut être suivie à partir d’un os identifié qui pourrait se rattacher à cette découverte. Enfin, l’investigation sur les blocs de remploi sur d’autres sites a été poursuivie et a conduit à l’hypothèse d’une nouvelle identification d’une pièce qui pourrait provenir du théâtre et qui a été remployée en épitaphe de l’Antiquité tardive.

10Même si les résultats sont provisoires, des communications et des publications sur les travaux conduits ont été réalisées ou sont prévues, que ce soit à destination du grand public ou de la communauté scientifique. Par ailleurs, une journée d’étude, qui se tiendra le 18 janvier 2020 à Lugdunum musée & théâtres romains, permettra de mieux connaître les caractéristiques et les spécificités des aditus du théâtre de Lyon, grâce aux échanges avec des spécialistes qui présenteront des vestiges d’autres théâtres du monde romain, notamment en France, en Suisse, en Italie, au Proche-Orient et en Turquie.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Djamila Fellague, « Lyon (5e) – Le théâtre et son environnement de l’Antiquité à nos jours, parc archéologique de Fourvière » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 26 août 2025, consulté le 19 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/212183

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Auteur

Djamila Fellague

Université Grenoble Alpes

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Responsable d’opération

Djamila Fellague

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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