Texte intégral
1À Veyrac (Haute-Vienne), au lieu-dit le Pré de la Cane, des travaux routiers ont occasionné la mise au jour d’un habitat rural en terre et bois de la première moitié du ier s. de notre ère. Une construction quadrangulaire de 11 m de long sur 5,45 m de large, ainsi que plusieurs petits bâtiments annexes signalés par des alignements de trous de poteaux s’inscrivent dans un parcellaire délimité par un fossé. Cet ensemble de structures constitue, pour la période concernée, la première référence régionale pour ce type de site.
2Des prospections thématiques en cours sur les mines d’or gauloises ont permis le repérage de plusieurs dizaines de nouveaux sites, en même temps qu’une fouille préventive à Saint-Yrieix-la-Perche en Haute-Vienne sur le site de Lauriéras, révélait une présence humaine sur la mine au haut Moyen Âge. La nature de l’activité ainsi que son attribution chronologique restent cependant à préciser.
3Dans le cadre du projet collectif de recherche régional « Archéologie agraire », une permanence ou une reprise des activités agraires au haut Moyen Âge a été mise en évidence à proximité d’anciennes villae gallo-romaines, ce qui, en l’absence d’habitats de cette époque, fournit des indices quant à l’occupation du sol.
4À Limoges, rue des Pénitents-Blancs, une zone d’ensilage a été étudiée sur une emprise de 700 m2, dans un secteur dit de « l’entre deux villes », dans un faubourg médiéval. La datation provisoire, grâce à un mobilier céramique abondant, est attribué à la période mérovingienne et au haut Moyen Âge, périodes encore largement méconnues à Limoges.
5La fouille préventive de la place de la Motte, quant à elle, permet une vision plus diachronique de l’histoire de la ville de Limoges, de l’Antiquité à nos jours. En périphérie de la ville antique le premier habitat établi dès le début du ier s. est occupé jusqu’au ive s. puis quelques inhumations sont effectuées après son abandon. Là encore, quelques silos ont livré un mobilier céramique du haut Moyen Âge, comparable à celui du site précédent. Au cours de la première moitié du xe s., le vicomte de Limoges fait édifier une motte ceinte de fossés et complétée d’une basse-cour. Si la plateforme de la motte est très arasée, il a été possible d’étudier le tracé des fossés au profil en « V » ; celui de la basse-cour est double et renforcé d’une structure de palissade. Après comblement à la fin du xiiie s. les fossés sont réaménagés en étangs, en bordure desquels s’installent des habitats ou des ateliers. Les remplissages successifs des fossés ont livré un grand nombre de fragments de cuir dont des semelles et des fragments de chaussures (xive-xviie s.). Plusieurs caves du xixe s., une poissonnerie et une fontaine ont également été étudiées. D’ores et déjà, cette opération s’avère d’une portée essentielle à la compréhension de l’organisation urbaine de la ville médiévale.
Pour citer cet article
Référence électronique
Guy Lintz, « Résultats significatifs en Limousin pour l’année 1995 », ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 28 août 2025, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/213060
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