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AccueilRégionsNouvelle-Aquitaine201019 – CorrèzeNaves – Tintignac

2010
19 – Corrèze

Naves – Tintignac

Fouille programmée (2010)
Responsable d’opération : Christophe Maniquet

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Maniquet C. 2011 : Le sanctuaire des Arènes de Tintignac à Naves (Corrèze), campagne de fouille 2010, Limoges, SRA Limousin, 150 p.

Texte intégral

1L’intervention archéologique menée en juillet a fait suite à celle de 2009 qui avait pour objectif principal de percevoir l’existence ou la subsistance d’itinéraires de circulation sur le site, entre les quatre édifices connus depuis 1884.

2En 2009, deux sondages avaient été ouverts respectivement entre le fanum et le « tribunal » sur leur axe médian, et au sud-est du fanum (fig. 1). Un troisième sondage, creusé au sud-est du théâtre avait d’autres ambitions et a permis de mettre en évidence un édifice inconnu, peut-être thermal.

Fig. 1 – Emplacement de la voirie reconnue, des sondages de 2009 et 2010 et des nouvelles fenêtres prévues en 2011

Fig. 1 – Emplacement de la voirie reconnue, des sondages de 2009 et 2010 et des nouvelles fenêtres prévues en 2011

DAO : C. Maniquet (Inrap).

3Ces découvertes, d’un intérêt majeur, ont encouragé à poursuivre la recherche des itinéraires anciens en 2010. Il a été décidé cette année d’achever le sondage à l’angle du fanum et d’en ouvrir un nouveau à l’emplacement présumé du carrefour des deux axes identifiés en 2009, au sud-ouest et à proximité du « tribunal ». Il était important en outre d’appréhender la relation entre ce dernier dont le pavillon sud a été dégagé et l’intersection des voies.

4En complément de l’intervention archéologique, il a semblé important de tenter de mieux connaître l’environnement immédiat des quatre monuments connus en utilisant des méthodes non destructives. Or, les prospections géophysiques de 2004 et 2005 avaient apporté des informations essentielles, malgré un terrain géologique dont la nature perturbe fortement les images obtenues par ces méthodes. Au sud du théâtre, en particulier, des constructions apparaissaient très clairement sur les images de 2005. Cette zone devait dès lors être étendue vers l’est, au-dessus du bâtiment (thermal ?) identifié en 2009. Une autre zone, au nord et à l’extérieur du site qui nous concerne, a également fait l’objet d’une prospection électrique et magnétique : une photographie aérienne semblait indiquer, dans cette parcelle, la présence d’un édifice de superficie importante pouvant être interprété comme un espace public.

5L’investigation menée dans cette zone n’a pas permis de confirmer la présence de vestiges archéologiques enfouis. En revanche, le secteur au sud du théâtre semble fortement occupé par des constructions de pierres organisées le long d’une vraisemblable voirie.

6Cette campagne de fouille 2010 a permis la découverte de trois nouveaux axes de circulation. Le dégagement partiel du bâtiment dénommé « tribunal » a montré qu’il était beaucoup moins détruit que les sondages de 2001 ne l’avaient laissé entrevoir. En outre, des éléments essentiels concernant sa période de construction, sa morphologie, son évolution et ses remaniements ont pu être perçus.

7En ce qui concerne les axes de circulation, ils sont matérialisés par des cavées creusées dans le terrain géologique, régularisant le pendage naturel, dont le fond est tapissé d’un lit de petites pierres jointives et usées en surface, ou bien seulement marqué de profondes ornières ayant piégé l’empierrement primitif.

8Dans le sondage ouvert au sud-est du fanum, outre les deux voies repérées en 2009, un troisième axe, moins large, a été découvert. L’axe principal, large de 2,20 m, encaissé et orienté est-ouest, longeait le fanum de la période augusto-tibérienne au sud. Un diverticule, large d’environ 2,50 m, subsistant sous la forme d’ornières parallèles, s’en détachait pour vraisemblablement rallier l’entrée principale du temple s’ouvrant à l’est dans son mur péribole. Le troisième empierrement possédait une largeur inférieure et semblait s’orienter vers le sud du fanum méridional, peut-être vers une entrée secondaire ou vers l’angle sud-ouest du temple.

9Le sondage a été ouvert au point d’intersection de ces trois axes, matérialisé par une excavation plus vaste rassemblant les trois cavées, relativement profonde, dont le fond est tapissé de petites pierres. Cet espace pourrait s’apparenter à une place. Les cavées sont comblées par une accumulation progressive de remblais insérant un abondant mobilier datable de la période claudienne. Ces remblais provenant du temple résultent probablement du nettoyage des espaces recelant des offrandes apportées dans l’édifice religieux. Ces itinéraires ne sont donc plus en fonctionnement dès le milieu du ier s. apr. J.-C., probablement au profit d’autres dont l’emplacement reste à découvrir.

10L’ouverture du nouveau sondage au sud et au sud-ouest du « tribunal » devait permettre de retrouver le carrefour entre la voie nord-sud repérée plus au nord en 2009 et de l’axe est-ouest dont il a été question ci-dessus. Ce carrefour n’a pas été retrouvé ; en revanche, la voie nord-sud l’a été. Installée au fond d’une cavée dont la profondeur s’accentuait rapidement vers le sud, elle était matérialisée par un empierrement cohérent, large de 1,80 à 2 m. Bien rectiligne, elle semblait marquer l’amorce d’un virage vers l’est au niveau de l’angle sud-ouest du « tribunal » (fig. 2).

Fig. 2 – Le sondage 4

Fig. 2 – Le sondage 4

Vu de l’ouest.

Cliché : C. Maniquet (Inrap)

11Un autre axe, large de 2 m environ, d’orientation tout à fait différente (sud-sud-ouest – nord-nord-est), matérialisé par de longues ornières parallèles, venait vraisemblablement se greffer au nord de notre sondage sur la voie nord-sud. Il est certain que ces axes sont contemporains du « tribunal ». Le niveau empierré de la voie nord-sud était partiellement recouvert par le niveau d’incendie de l’édifice et sa destruction recelait une monnaie de Faustine. On constate que si ces axes peuvent avoir été mis en place lors de la construction du premier temple gallo-romain, certains perdurent dans le temps (près du « Tribunal »), alors que d’autres sont abandonnés, sans doute remplacés par de nouveaux.

12En ce qui concerne le bâtiment dénommé « tribunal », son pavillon sud a été dégagé à l’emplacement indiqué sur le plan de 1884. Sa fouille n’a pas permis de préciser sa fonction. Les occupations antérieures à la construction de l’édifice, installées directement sur le substrat ou le paléosol, ne semblent pas remonter au-delà de la période augustéenne. Un important vallon orienté est-ouest, complètement masqué aujourd’hui, existait dans ce secteur. La partie nord du bâtiment en hémicycle et la partie sud du « tribunal » sont construites dans ce vallon. L’intérieur de l’édifice a dû être remblayé de façon importante pour atteindre la même altitude que les sols au nord de l’édifice. La dénivellation créée au sud était compensée par l’existence d’un escalier, représenté par un massif grisé sur le plan de 1884. Les marches de cet escalier desservaient un espace situé au sud, relativement exigu (au nord du bâtiment en hémicycle) vraisemblablement la voie séparant les deux édifices. Le sol du pavillon sud était constitué d’un plancher de bois dont les emplacements des solives subsistaient dans l’angle nord-ouest de la salle.

13Des remaniements sont apparus dans la construction, sans qu’il soit permis de préciser pour le moment s’ils appartiennent à la même phase de construction ou bien si la morphologie de l’édifice a été foncièrement modifiée au cours du temps. La totalité de l’édifice, comme le bâtiment en hémicycle ou le fanum, a subi un violent incendie qui a mis fin à son utilisation. Les niveaux d’incendie étaient relativement pauvres en mobilier, ce qui rend difficile la datation de la destruction.

14Cependant, la céramique issue des niveaux contemporains de l’édifice et scellés par les niveaux d’incendie, à l’est de celui-ci essentiellement, comprend du mobilier des iie et iiie s. apr. J.-C. Aucun élément ne semble plus tardif. En ce qui concerne sa construction, une monnaie d’Hadrien (117-138) a été découverte dans une couche liée à la mise en place de l’édifice. C’est apparemment entre 120 et 150 que le bâtiment est édifié.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Emplacement de la voirie reconnue, des sondages de 2009 et 2010 et des nouvelles fenêtres prévues en 2011
Crédits DAO : C. Maniquet (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/213594/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 321k
Titre Fig. 2 – Le sondage 4
Légende Vu de l’ouest.
Crédits Cliché : C. Maniquet (Inrap)
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/213594/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 270k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Christophe Maniquet, « Naves – Tintignac » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 01 septembre 2025, consulté le 14 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/213594

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Auteur

Christophe Maniquet

Inrap

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Responsable d’opération

Christophe Maniquet

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